Archives municipales d'Angers, BB 98, fol
3. Il décide, dans sa séance du samedi 22 avril 1690, de « demander a la cour un règlement qui empêche la continuation des abus et des désordres que causent les exactions pratiquées par les religieuses pour les dots des filles, la ruine des familles particulières, dont la meilleure partie de bien se trouvera, par la suite des temps, emportée par le grand nombre des maisons religieuses et communautés établies en cette ville...; mais que la Compagnie... désavoue, en particulier, ce qui est dit à l'égard du seigneur Evêque, que toute la province voit avec plaisir conserver dans son âge avancé une force de corps et d'esprit extraordinaire et prendre par luimême un soin également éclairé et infatigable pour la conduite de son diocèse, sans que la débilité ou le défaut de sa vue, qui est la seule incommodité de sa vieillesse, y apporte aucun empêchement, et, au contraire, il semble que la privation de la vue des objets extérieurs ne fait qu'augmenter la beauté, la force et la clarté naturelle de son esprit, aussi bien par ses soins, son zèle et sa bonté dans la conduite de son diocèse » iBByS, fol. 44I.
ET LE JANSÉNISME. 3l5
et sévère dont Henry Arnauld les avait entourées •. Bien qu'elles aient eu comme supérieure, de 1684 à 1690, sœur Marie-Charlotte de la Brunetière, nièce de l'abbé de Vaux et sœur de Tévéque de Saintes-, elles ne rougirent pas, — chose étonnante et toute à leur éloge, — d'envoyer après la mort de l'évêque une lettre-circulaire imprimée à toutes les maisons de l'ordre sur le prélat défunt^; coïncidence curieuse, cette même lettre contient le panégyrique de la mère Constantin, qui était morte à Tours presque en même temps que son ami.
L'éloge de Henry Arnauld est écrit dans un style à la fois naïf et expressif, si dénué de cette pompe lourde qui dépare souvent à cette époque les plus beaux morceaux de littérature ecclésiastique, que nous n'hésitons pas à en transcrire des fragments à l'appendice^. Ces phrases touchantes le sont d'autant plus venant d'un monastère que notre évêque avait tant aimé et pour lequel il avait tant souffert. Cette circulaire unit ainsi outre la tombe son souvenir avec celui de la mère Constance. Celle-ci ne recueillit d'ailleurs pas seulement les éloges de ses sœurs; sa mémoire ne fut pas oubliée, puisque à chaque génération monastique on peut trouver à la Visitation d'Angers une* sœur à laquelle on donnait son nom. Cette coutume persista jusqu'à la Révolution. La dernière sœur Marie-Constance, chassée d'Angers alors, mourut à Blois en 1819.
1. Ce fut par la lettre d'une des religieuses qu'Antoine Arnauld apprit la mort de Henry, son frère. Cf. lettre du 4 juillet 1692 {Œuvres, t. III, p. 5i5). La lettre, tronquée par l'éditeur, se trouve autographe au ms. fr. 19725, fol. 54.