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de ses sœurs, qui n'étaient pas encore, comme elles le furent plus tard, au ban de la société. Ceci posé, il est presque stupéfiant de constater le nombre vraiment minime de renseignements que l'on peut recueillir sur Port- Royal dans plusieurs centaines de lettres.

En particulier, Henry raconte sans aucune émotion l'arrestation de Saint-Cyran et son emprisonnement à Vincennes « qui aura bien surpris nostre ami^ »; plus tard, il ne fera qu'écrire en passant, lors des perquisitions faites dans les manuscrits de Saint-Cyran : « On n'a trouvé rien que de très excellent dans ses papiers^ ». Nous nous sommes assuré qu'on chercherait vainement aucune autre mention de Saint-Cyran dans les lettres aux Baril- Ion. Peut-on voir dans ce silence une preuve d'hostilité contre le fondateur du jansénisme. Non, puisque nous savons que Henry Arnauld, lorsque l'arrestation de l'abbé était imminente, s'empressa d'en faire part à Port-Royal'*^. Ce n'est qu'une curieuse indifférence.

Deux traits bien frappants montrent que les relations de Henry Arnauld avec ses sœurs religieuses n'avaient rien de très tendre. Lorsque Antoine Le Maistre se décida, en 1637, à quitter le barreau, où, malgré sa jeunesse, il avait obtenu de si éclatants succès, et à se retirer à Port-Royal, Henry Arnauld — (Fontaine nous l'apprend)^ — s'efforça de l'en dissuader. De même, lorsque M'"*" Le Maistre, mère d'Antoine et sœur de l'abbé de Saint-Nicolas, qui vivait séparée de son mari, se fut décidée, après la mort de celui-ci, à entrer à Port-Royal^, notre abbé s'opposa

1. Ms. fr. 2o632, fol. ^0 ro. Dans les lettres adressées à la présidente Barillon, « nostre ami » désigne toujours le président.

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