‹ Henry ArnauldChapitre 202 sur 267 · Lettre du 10 octobre 1640, ms. fr. 2o633, fol. 120 ro · texte numérisé non relu

Lettre du 10 octobre 1640, ms. fr. 2o633, fol. 120 ro

2. L'expression est de l'oratorien Claude Bertin dans sa lettre du 8 août 1Ô28 à Henry Arnauld [Archives départementales de Maineet-Loire, p. 398).

3. Lettre du 26 juin 164:, ms. fr. 2o633, fol. 453 ro; cf. Mémoires d'Utrecht, t. III, p. 5o3.

4. Il fait l'office de Noël 1639 (ms. fr. 2o632, fol. 233 vo); de même, celui de Pâques 1642 (ms. fr. 20634, ^ol- 4^^ ro).

5. « Je ne puis m'empescher de vous faire part de ma douleur : de six sœurs religieuses que j'avois, comme vous scavez, j'ay perdu la cinquième, laquelle est morte cette nuit; c'étoit une parfaitement bonne fille et d'excellent esprit; notre famille n'est pas sans atfli»:-

ET LE JANSÉNISME. Sig

impersonnels. Nous devons faire exception pour les expressions très touchantes qu'il trouve pour raconter la mort de sa mère à Port-Royale L'amour filial peut seul amollir ce cœur qui se montre vraiment aride. A vrai dire, les blessures que reçut en 1640 dans les écuries de Rueil son neveu Luzancy, alors page de Richelieu, lui arrachent des paroles où l'on sent une douleur plus profonde^.

Très sèches et sans autre intérêt qu'une réelle utilité chronologique^ sont aussi les rares indications qu'il fournit sur les débuts déjà glorieux de son frère Antoine, « notre petit bachelier » ; il ne fait pas la moindre allusion, fût-ce à mots couverts, aux querelles naissantes.

La mère Angélique de Saint-Jean a très bien vu la conformation d'esprit qui empêchait chez Henry Arnauld toute espèce d'effusion, qui glaçait en lui toute profonde affection^. Ajoutons qu'à cette disposition de caractère venait aussi s'additionner l'influence de certains faits qui ne contribuèrent pas à ranimer la flamme languissante des relations de Henry Arnauld avec Port-Royal dans la première partie de sa vie.

tion. La volonté de Dieu soit faite » (lettre du i5 juin 1642, ms. fr. 20684, fol. 522 ro).

i. Cf. la vie de Mme Arnauld par Mme Le Maistre, Mémoires d'Utrecht, t. III, p. 3o3 et suiv. Nous donnons à l'appendice n» 20 un extrait de cette belle lettre.

2. Ms. fr. 2o633, fol. 187 v» et iSg v» (lettres des 11 et 14 novembre 1640).

3. On pourra consulter avec fruit, en particulier, les fol. i83 v», 229 vo, 253 vo du ms. fr. 2o632 pour rectifier ou augmenter Larrière.

4. « Elle (Mme Le Maistre) tenoit de M. Arnauld, son père, dont les enfants étoient partagés, les uns lui ressemblant beaucoup dans son tempérament ardent et les autres tenant de la froideur de M. Marion, du côté de la mère. M. d'Andilly, Mme Le Maistre et la mère Angélique se ressembloient d'un côté, et M. d'Angers, la mère Agnès et la sœur Anne-Eugénie de l'autre » (Vie de Mme Le Maistre par Angélique de Saint -Jean et la mère de Ligny : Mémoires dUtrecht, t. III, p. 314).

Il n'est pas douteux, en particulier, que Port-Royal blâma toujours rigoureusement la pluralité des bénéfices; or, Henry Arnauld tenait en commende une abbaye acceptée en i6'23 et à deux cents lieues de là un canonicat et un archidiaconé acceptés en i633. Telle lettre d'Antoine Arnauld à M'"*^ de Feuquières pour décliner l'offre de la chantrerie de Verdun* est le blâme le plus sanglant qui se puisse voir de la conduite de l'abbé de Saint-Nicolas. Henry Arnauld n'avait pas les scrupules de ceux qui se refusaient à « manger des raisins sans cultiver la vigne »-.

Dans les lettres émanées de Port-Royal antérieurement à l'épiscopat d'Angers, on sent bien que Heniy Arnauld ne possédait pas les vertus héroïques qui plaisaient aux courageuses adeptes de Saint-Cyran. La mère Agnès, dont le caractère se rapprochait tant de celui du futur évêque, a bien pour lui un mot d'affection à propos de l'accident de Luzancy^; mais combien la mère Angélique fait-elle de restrictions plus ou moins voilées sur son compte ! Lorsque Heniy Arnauld crut obtenir l'évêché de Toul, Angélique Arnauld écrivait à M'°Me Chantai que cette charge sur ses faibles épaules « nous donne bien de l'appréhension à tous^ »; quand il fut nommé à l'évêché d'Angers, elle disait à une religieuse^ : « Vous en êtes bien aise et moi j'en suis bien fâchée, de crainte qu'il ne succombe sous une si terrible charge... Je vous supplie de prier Dieu qu'il ait pitié de lui. » Or, la mère Angélique a toujours été

1. Lettre de i63g, Œuvres, t. I, p. 12; voyez ci-dessus, p. 58.

2. Mot du prince de la Roche-sur-Yon (second fils du prince de Gonti et d'Anne-Marie Martinozzi) refusant un hénétice (Brienne. Mémoires, éd. Bonnefon, t. II, p. 40).

3. Lettre du 10 novembre 1640 (éd. Feugère, t. I, p. 102) : « ... C'est mon frère de Saint-Nicolas qui l'assista avec un soin non pareil, comme il fait tous ses parents et amis... »

4. Lettres de la mère Angélique (éd. d'Utrecht), t. I, p. 121, lettre du 5 novembre ï63y.

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