‹ Henry ArnauldChapitre 217 sur 267 · Œuvres d' Arnauld, t. I, p · texte numérisé non relu

Œuvres d' Arnauld, t. I, p

envoyant la lettre de Rancati à La Mirande, l'oratorien recommande à Henry le silence le plus absolu, puisqu'il n'y avait que trois personnes en France qui connussent l'aftaire, les deux correspondants et Sainte-Marthe. Séguenot se donne comme garant de l'entière sincérité de La Mirande; mais il ne peut s'empêcher de dire : « De l'autre, je n'en réponds pas. »

Henry Arnauld s'empressa de communiquer cette lettre à son frère, sans doute par le canal d'Andilly; c'est à celui-ci, en effet, qu'Antoine écrivit en décembre^ sur la proposition d'accommodement. Il se refuse encore une fois à toute négociation, principalement avec l'aide de Hilarion, que Singlin lui a dépeint comme un intermédiaire très douteux; on sent aussi dans son ton quelques réserves sur l'affection fraternelle, assurément touchante, mais un peu indiscrète, de l'évêque d'Angers'^. Henry se fit aussitôt l'écho des soupçons de son frère auprès de La Mirande, alors exilé à Toulouse. La bonne foi de Hilarion ne peut être mise en doute, lui répond l'oratorien^; il espère que son absence forcée de Rome n'entravera pas les pourparlers, le P. Delmas et l'expéditionnaire Hache étant prêts à continuer les conférences avec le bénédictin

1. L'édition des Œuvres d' Arnauld ne donne comme date (t. I, p. 288) que « décembre 1661 ». La copie qu'on trouve de cette lettre au ms. fr. 17798 donne (foL i5o) •< 29 décembre 1661 ».

2. « ... Comme on croit facilement ce qu'on désire, il (l'évêque d'Angers) n'a pas fait attention à la lettre de cet abbé (Hilarion) et le peu de sujet qu'il y avoit de le croire propre à cette négociation. Mais, quand il y aura bien pensé, il jugera encore, étant aussi prudent qu'il est, que ceux qui, comme moi, sont abandonnés dans le monde de tout pouvoir et de tout crédit ne doivent point rechercher d'accommodement avec ceux qui y sont tout-puissans, à moins que de se vouloir soumettre à tout ce qu'ils désirent, sans exception, puisqu'ils ne peuvent sans imprudence penser que les plus forts voudront céder aux plus foibles » (Œuvres, t. I, p. 289).

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