‹ Henry ArnauldChapitre 221 sur 267 · Cf. Larrière, passim, spécialement p · texte numérisé non relu

Cf. Larrière, passim, spécialement p

4. Ms. fr. 24998, p. 33o. Des Lions tient ces expressions de Choiseul lui-même.

5. Cf. Larrière, p. 244 et suiv. Le participe fut peu après changé en indicatif : nos subjicimiis.

6. Lettre d'Arnauld du ler mars i663 à Singlin [Œuvres^ t. I, p. 3o7-3o8).

teur offrit d'ailleurs de se retirer sa vie durant en quelque endroit perdu pour ne pas gêner ceux de ses amis qui auraient été prêts à accepter une telle off're. Le maître des requêtes Le Nain se chargea de faire savoir à Antoine que l'accommodement pourrait avoir un côté secret* par lequel on ménagerait toutes les susceptibilités, Estrées et Choiseul off'rant, écrit Le Nain, d' « écrire à des prélats de vos amis et même à Mgr d'Angers que par ce mot de subjicimiis ils n'entendoient pas vous obliger à la créance intérieure, mais seulement à la soumission ». C'était proposer une négociation en partie double : l'une publique, où l'obéissance semblerait complète; l'autre cachée, où des restrictions seraient apportées. Cet expédient, qui est bien semblable à celui qui aboutira à la paix de Clément IX. ne présenta pas aux yeux d'Arnauld des garanties suffisantes-. Il était en eff'et à croire que les « Molinistes de Sorbonne » et l'évêque de Rennes dénonceraient l'accommodement <( comme n'étant fondé que sur une pure fourberie ».

Ce fut alors que Choiseul, devant la stérilité de tous ses eff^orts, se décida à avoir encore une fois recours à Henry Arnauld; il lui écrivit une lettre très habile et étudiée"^ pour l'inciter à faire valoir son influence sur Antoine et le rendre obéissant au saint-siège. L'évêque d'Angers se laissa aisément convaincre par les raisons éloquentes de son confrère et lui répondit^ dans des termes dont il concevra plus tard un amer repentir; il approuve avec joie les

1. Lettre du i6 mars i663 [Œuvres d'Arnauld, t. I, p. Sog et suiv.).

2. Lettre à La Lane du 17 mars i663 [Œuvres, t. I, p. 3i2-3i6).

3. Lettre du 20 mars i363 [Œuvres d'Arnauld, t. I, p. 317021). Le ms. fr. 17799 contient (foL 88-90) une copie de cette lettre provenant de Henry Arnauld, comme en fait foi la date ajoutée de sa main : « A Paris, ce 20 mars i663. »

4. Lettre du 29 mars i663 {Œuvres d'Arnauld, t. l, p. 324-323).

négociations et promet d'engager très fermement son frère à souscrire au siibjicimiis^ puisque Ghoiseul affirme que par ce mot la créance au fait n'était pas engagée : « La paix de l'Eglise est un si grand bien qu'il n'y a rien, hors le péché », qu'il ne faille faire pour la procurer.

Henry Arnauld lit aussitôt parvenir à Antoine et à Andilly' la lettre de l'évêque de Cominges et la réponse qu'il y avait faite. Le docteur conçut de l'attitude trop personnelle de son frère une colère mal dissimulée. Ce fut aussi pour lui, écrit Hermant, un « surcroît d'affliction de voir que l'on eût prévenu contre luy une personne de ce caractère avec laquelle il souhaittoit d'estre encore plus uni par les liens de la grâce que parle sang et la nature ^ ». Il acheva de s'exaspérer quand il lut, dans la lettre que l'évêque d'Angers lui écrivit, le 29 mars'\ ces mots : « Ensuite d'une déclaration aussi expresse qu'est celle que vous en fait Mgr de Commenges, je ne vois pas comment il seroit possible de se résoudre à demeurer dans le trouble qui agite l'Église depuis tant d'années... » C'est peu de temps après qu'Antoine écrivit à Andilly^ : « Nous souffrions en paix et avec joie notre commune persécution; pourquoi faut-il que l'espérance imaginaire d'une fausse paix avec des ennemis sans foi et sans conscience nous ait jetés dans le trouble? » A l'évêque, Antoine répondit aussi une lettre puissante et persuasive \ dans laquelle, sous des apparences vraiment affectueuses, on sent le bout de la férule; son argument le plus solide est que, jamais, les Jésuites ne se rendront à un projet d'accommodement à

1. La copie envoyée à Andilly se trouve au ms. fr. 17799, fol. 98-99.

Page 1