‹ Henry ArnauldChapitre 223 sur 267 · Ibid., p. 339; voir aussi p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 339; voir aussi p

3. Lettre à « une personne de sa famille • (ms. fr. 10496, p. 2406), 8 avril : « ... Si on ne luy (à l'évêque d'Angers) avoit point représenté la chose tout autrement qu'elle n'ctoit en effet, je ne doute nullement que l'amour si tendre et l'estime particulière qu'il a pour la personne, la vertu et le zèle de M. Arnauld l'auroit empesché de recevoir l'opinion désaventageuse qu'on s'est efforcé de luy en donner... » Faisant allusion aux lettres de Henry au roi et au pape, Sacy craint que « M. d'Angers, après avoir essuyé toutes les difficultés et les périls auxquels il s'estoit exposé avec tant de générosité et tant de gloire, laisse maintenant tout le fruit de ses travaux... Je veux croire qu'il écoutera cet avis si important que J.-C. donne à un juif dans l'Écriture : « Tene quod habes, ne alius accipiet coronam tuam... »

4. Œuvres d' Arnauld, t. 1, p. 354-356. L'édition ne donne pas le lieu. Une copie provenant d'Andilly (ms. fr. 17799, fol. 111-112» le fournit seule.

lettre assez habile. Par des gradations heureusement ménagées, il arrive à détourner la question et à entretenir uniquement Tévêque de Cominges des religieuses de Port- Royal et des persécutions probables qu'un accommodement pourrait leur susciter; il supplie Choiseul de se faire leur protecteur auprès de l'archevêque de Paris.

Dénuée de ces artifices diplomatiques et plus sincère est la lettre qu'il écrivit en même temps, de La Flèche, à sa nièce la mère Angélique de Saint-Jean Arnauld d'Andilly^ On y contemple à nu tout son cœur; sans avoir lu ces deux pages on ne pourrait comprendre à quel degré les arguments d'Antoine Arnauld possédaient à l'égard de son frère cette « nécessité inévitable de convaincre » dont parle Pascal-. Le changement si rapide et complet de son opinion est dépeint par l'évêque de la façon la plus naïve; il est au désespoir d'avoir approuvé l'évêque de Cominges et il voudrait rentrer en possession de la lettre qu'il lui a écrite : « Aux despens de mon sang, » dit-il, et il ajoute : « M. de Commenges ne mérite en aucune façon du monde les éloges qu'il ^Andilly) luy donne; mais on peut dire qu'il a agi jusques ici comme un esclave des Jésuites... )) On ne peut croire que ce soit là le même homme dont Henry vantait à son frère, quinze jours auparavant, « l'incroyable bonté et l'extrême amour pour l'Eglise^ »; mais il faut se rendre à l'évidence!

On sent dans la brève réponse faite le 21 avril par l'évêque de Cominges à son confrère d'Angers* qu'il préfère poliment passer sous silence le changement d'atti-

1. Lettre du i5 avril, ms. fr. 10496, p. 241 1; voir pièce justificative no 21.

2. De l'esprit géométrique {Pensées, éd. Havet, t. Il, p. 298).

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