I. Ci-dessus, p. i65 et
sur des propositions vagues et non pas ses livres qui les contiennent, l'auteur seroit toujours receu à soutenir qu'il ne les a pas débitées ni entendues au sens qu'elles ont été condamnées, et ainsi il y auroit bien eu dans les siècles passés une infinité d'hérésies qui ont attaqué la vraye foy, mais nul hérésiarque. Je n'entens pas assez bien cette matière pour oser m'enfoncer plus avant à vous représenter tous les inconvéniens qu'il a été remarqué qui s'ensuivroient du pas qu'ont fait les vicaires de Paris et de votre lettre. Je me contenterai de vous dire qu'en cela le Roy ne peut rien souhaiter, si ce n'est que Dieu vous inspire d'autres sentimens et que vous remédiez de vous-même à ce désordre sans attendre que les puissances supérieures y mettent la main pour le faire cesser. Je suis tout à vous.
(G. Hermant, Mémoires, 1. XXV, ch. xxi.)
Lettre de Claude Auvry^ évéque de Coutances, à Henry Arnaiild au sujet de la mort de la mère Angélique et de la première lettre au roi^.
A Paris, au palais Mazarin, ce 3o août 1661.
Monseigneur,
Quelques voyages que j'ai faits à Fontainebleau m'ont empêché de m'acquitter plus tôt de mon devoir en vous témoignant la part que j'ai prise en la perte que vous avez faite en la personne de l'illustre et révérende mère Angélique. Je suis assuré qu'à moins d'une vertu ferme comme la vôtre on auroit peine à en supporter une si grande pour vous en toute manière. Ce n'est pas que, d'ailleurs, ses proches et ses amis n'en doivent recevoir une grande consolation et beaucoup de joie en pensant au repos éternel dont elle jouit maintenant.
Je ne vous parle point. Monseigneur, de ce qui s'est passé à la cour au sujet de la lettre que vous avez écrite au Roi, étant certain que Ton vous en aura donné avis de divers endroits. Gomme l'on sait que je suis tout à vous et que je prends tout à fait part à ce qui vous touche, l'on m'en avoii confié la lecture avant que de l'envoyer, dont j'ai gardé fidèlement le secret,