I. Ci-dessus, p
Il est vrai qu'il est très fâcheux d'être ainsi éloignés les uns des autres, puisque cela peut causer beaucoup d'embarras et de contretemps dans les résolutions que nous avons à prendre; mais c'est une des circonstances pénibles que Dieu a permis qui accompagnent cette grande et importante affaire, dans laquelle nous ne devons, pour le présent, envisager que des croix et des difficultés, mais qui nous doivent paroître très légères et très douces, dans la satisfaction intérieure que nous devons avoir de ce qu'il a plu à Dieu de nous choisir préférablement à tant d'autres pour combattre pour la défense de la vérité, c'est-à-dire pour sa gloire et pour lui-même.
Je crois, Monseigneur, que nous n'avons présentement autre chose à faire qu'à attendre la réponse du saint prélat, et, cependant, nous verrons quelle sera la résolution que prendra l'assemblée sur la dernière bulle', cette affaire ayant beaucoup de connexité avec la nôtre; au moins elle en devroit avoir si le P. Annat avoit un peu moins crédit qu'il n'en a.
Je suis, Monseigneur, avec tout le respect imaginable, plus à vous que personne qui soit au monde.
(Copie de Lepaige dans son recueil « Quatre évéques, i665- 1666 », ms.)
Lettre de Henry Arnauld au roi'^.
(Saumur, i5 septembre 1668.)
Sire,
Après avoir fait signer de nouveau comme je viens de faire dans mon synode, j'espère que V. M. me permettra de lui rendre mes très humbles actions de grâces pour la paix qu'elle vient de donner à l'Église, ensuite de celle qu'elle a si glorieusement procurée à toute l'Europe. C'est cette seconde paix, Sire, qui fait voir encore mieux que la première que Dieu tient en sa main le cœur des rois et qu'il verse en leur âme des rayons de sa sagesse, puisque nul autre que luy ne pouvoit
1. « Contre les censures de Sorbonne sur Vernaut et Amédée » (note de Lepaige).