‹ Henry ArnauldChapitre 257 sur 267 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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icy; mais je suis incomparablement plus malade de la douleur que je ressens de rengagement où mon frère d'Andilly m'a mis par la lettre qu'il m'a fait écrire à M. de Comenge, que je voudrois ravoir aux dépens de mon sang. Mais j'avoue que je crus tellement à ce qu'il me mandoit sur cela que je n'y fis aucune réflexion; aussi n'eus-je le temps que de l'écrire bien à la haste, tant il m'en pressoit, et je crus que M. Arnauld estoit d'accord de tout cela. Vous l'asseurerez que j'entre dans toutes ses raisons et que je suis sy éloigné de vouloir plus rien faire en faveur de M. de Comenge qu'il n'y a rien au monde que je ne voulusse faire pour racommoder ce que j'ay gasté. Il faut néanmoins que je me ménage avec M. d'Andilly; mais ce ménagement n'ira pas à faire rien de plus pour M. de Comenge, qui ne mérite en façon du monde les éloges qu'il luy donne; mais on peut dire qu'il a agi jusques icy comme un esclave des Jésuites. Enfin, voilà ce que j'ay toujours cru que produiroit cette malheureuse négociation, qui est de diviser les amis; non pas que ma pensée ait esté jusques à croire que M. d'Andilly se fust jamais séparé de M. Arnauld. Cependant, je vois Port-Royal perdu sans ressource à moins d'un miracle.

L'on m'assure qu'il y a une déclaration scellée contre les jansénistes, dontl'adresse est au Grand Conseil; que si M. de Comenge laisse ainsi périr {sic) sans oser parler au Roy, je diray que son crime sera très grand devant Dieu.

Je conjure M. Arnauld de songer promptement à la lettre que je pourrai escrire au Roy, en cas que, pour le faire signer, il se serve de celle que j'ay escrite à M. de Comenge, qui commettra une très grande infidélité s'il se sert de cette lettre contre mon frère le docteur.

Jamais mon cœur n'a esté si pressé qu'il l'est présentement de Testât des choses et du mauvais pas que M. d'Andilly m'a fait faire. J'ay lu tout ce que mon frère le docteur m'a envoyé avec admiration. J'auray impatience de sçavoir que vous ayez receu cette lettre; je vous suis infiniment obligé de vos soins.

Je viens d'escrire à M. d'Andilly une lettre qui dit tout. 11 ne montrera pas celle-là à M. de Comenge. Je voudrois pourtant qu'il l'cust veue.

(Bibl. nat., ms. fr. 10496, p. 241 1.)

PIÈCES JUSTIFICATIVES. Sgg

Lettre de Henry Arnauld à la mère Agnès^ sa sœur.

A Angers, ce 8 mars [IG7o]^ J'ay receu avec beaucoup de joye, ma très chère sœur, vostre lettre du 28 du mois passé^, y ayant longtemps que je n'avois receu de vos nouvelles; mais ce qui me surprend est ce que vous me dittes que vous m'avez escrit quatre fois sans avoir receu response, vous pouvant asseurer que je n'ay point manqué de vous en faire : il y a en cella quelque chose que je ne comprends pas. Mais, ma très chère sœur, cette petite mortihcation est peu considérable en comparaison de toutes voz souffrances, que je ne vois pas devoir si tost finir, au moins selon le langage des hommes. Mais il faut espérer que Dieu parlera autrement. Quoy qu'il en arrive, tenons-nous, ma très chère sœur, très fortement attachez à la croix de son fils, et asseurez-vous que je vous porte toujours dans mon cœur, ne doutant pas que je ne sois aussi dans le vostre.

(Au dos :) Pour la mère Agnez.

(Lettre autographe non signée : Bibl. nat., ms. fr. 19784, fol. Sg.)

Lettre de Henry Ai^nauld à une de ses nièces à Port-Royal (très probablement la mère Angélique de Saint-Jean Arnauld d'Andilly).

23 juillet 1670.

Je n'avois pas eu le courage, ma très chère nièce, de faire response à vostre dernière lettre, car je n'ay presque rien à alléguer contre la force des raisons sur lesquelles vous appuyez les instances que vous me faittes pour le voyage, et, cependant, il y a de certaines chaisnes invisibles qui m'attachent icy que je ne puis rompre que dans quelque conjoncture que je cherche et que je n'ay pu encore trouver. Dieu me garde de condam-

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