‹ Henry ArnauldChapitre 258 sur 267 · Cette lettre n'est pas dans l'édition Feugère · texte numérisé non relu

Cette lettre n'est pas dans l'édition Feugère

ner mes confrères qui quittent si aizément leurs diocèzes; mais, en vérité, j'ay peine à comprendre comment ilz s'y peuvent résoudre et comment ilz en peuvent être esloignez sans avoir l'esprit dans une continuelle inquiétude. Ce n'est pas pourtant que j'eusse aucun scrupule de vous aller voir; mais il faut prendre quelque temps propice pour cella, et je vous proteste que je considère ce voyage comme la plus sensible consolation que je puisse avoir en ce monde.

Il ne se peut rien ajouter à ce que m'a escrit Mgr de la Rochelle de la satisfaction qu'il a remportée de la visite qu'il vous a faitte^ ; il m'a fort exhorté à vous en faire aussi une.

Je loue Dieu de la meilleure santé de la mère Agnès. Seroit-il possible que Dieu permist que son corps fut séparé de celuy de la mère Angélique'^? Vous entendez le reste.

Mais voicy, ma chère nièce, deux choses dont je vous prie :

La première de faire en sorte que la mère Agnès accorde à la mère supérieure de la Visitation ce qu'elle luy demande^. C'est, comme vous sçavez, une fille admirable et qui se peut dire une des martires de la vérité : elle est mourante et elle met sa principalle consolation à recevoir ce petit escrit de la mère Agnès. Si Dieu nous l'oste, ce sera une perte pour sa communauté qui est inconcevable; aussi toutes ses filles en sont dans une estrange consternation, horsmis cinq ou six qui l'ont persécutée pour la vérité.

L'autre chose dont je vous prie est de tesmoigner à la mère abbesse''* que l'on ne me peut obliger davantage que de faire pour M^^^ de Montalais^ tout ce qui se pourra au monde. Vous estes pleinement instruitte de sa résolution et j'oze dire que, s'il y eut jamais de vraye vocation, la sienne l'est. Dieu Ta con-

1. La mère Agnès raconte cette visite à M^e de Sablé, mère de l'évêque de La Rochelle, Henry de Laval (lettre du 14 juin 1670, Lettres de la mère Agnes y éd. Feugère, t. II, p. 349).

2. Henry Arnauld veut dire qu'il espérait que les religieuses de Port-Royal rentreraient dans leur monastère de Paris dont, malgré la paix, elles avaient été dépossédées.

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