CHAPITRE VI
La Fronde angevine (1649-1652).
Le cardinal Mazarin traversait alors l'une des périodes les plus critiques de la Fronde. Au moment même où il faisait expédier le brevet de l'évêché d'Angers, le Parlement assiégé dans Paris le qualifiait d'ennemi public et exhortait tous les bons citoyens à lui courir sus. « Aussitôt que Paris se fut déclaré, tout le royaume branlai » L'Anjou menaçait de suivre cette révolution universelle. Il importait extrêmement au ministre que le gouvernement spirituel de la province fût confié à cies mains sûres et fidèles. Henry Arnauld venait de donner en Italie des preuves trop manifestes de loyalisme pour que Mazarin pût craindre d'éprouver à nouveau son dévouement politique.
Pendant ses fréquents séjours à Angers, l'abbé de Saint- Nicolas avait été témoin dès longtemps du travail sourd qui remuait lentement les esprits'^. Des taxes exorbitantes entassées sur la ville au mépris des libertés municipales exaspéraient le peuple. Le gouvernement fantasque et