‹ Henry ArnauldChapitre 27 sur 267 · Retz, Mémoires, éd. Hachette, t. II, p. 2o · texte numérisé non relu

Retz, Mémoires, éd. Hachette, t. II, p. 2o

2. M. Debidour en donne une idée dans son livre sur la Fronde angevine (ch. i), qui peut être lart^ement complété, mais qui reste très utile.

agressif du maréchal de Brézé* acheva d'irriter les passions. A cause d'un retard dans le paiement des impôts, Brézé avait infligé à la ville en 1647 une occupation militaire qui la ruina. Les avocats et procureurs attisèrent savamment ces haines et s'emparèrent de revendications légitimes pour créer un mouvement démagogique. Ils y virent le moyen d'assouvir les rancunes séculaires qu'ils nourrissaient à la fois contre les magistrats et le corps municipal, en profitant des coups que le peuple ne manquerait pas de porter à ces compagnies privilégiées 2.

Il y avait en effet à Angers une sorte d'aristocratie bourgeoise unie par des liens de parenté, formant une caste riche et intelligente, qui détenait à la fois les charges judiciaires et les charges municipales. Les Ayrault, les Gupif, les Lanier, les Boylesve régnaient en maîtres aussi bien au présidial, à l'élection, au grenier à sel qu'à l'hôtel de ville, et ils ne souffraient pas qu'un homme nouveau vînt prendre place parnfii eux. Au début du siècle, le Parlement de Paris avait tenté de remettre en vigueur les traditions électives tombées en désuétude. Cette intervention vaine, mais indiscrète, avait indigné l'échevinage et les juridictions angevines. Il en résultait qu'elles restaient, par une sorte de paradoxe, attachées au roi et à Mazarin, tandis que la plèbe juridique embrassait la cause du Parlement de Paris^.

Henry Arnauld allait se trouver dans une situation très ambiguë devant les deux camps en présence. Partisan de Mazarin, il devait entrer dans celui des échevins et des juges. En face de lui grossissait la troupe bruyante des artisans et des robins soutenue par les seigneurs de la

1. Le maréchal de Brézé avait obtenu le gouvernement d'Anjou en i636, grâce à son beau-frère Richelieu.

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