P. 449; cf. Arthaud, Anjou historique, t. H, p
3. Gostar, Lettres, Paris, Courbé, i658, p. 821 : lettre à Henry Arnauld.
rance, pénétré du désir d'évangéliser les âmes et de I réformer son clergé. Les curés sont appelés à Tévêché pour recevoir des conseils spirituels, les ordinands y sont examinés et même entretenus avec la plus grande charité*. Arnauld donne l'exemple en imposant à ses domestiques un règlement religieux^. Il accomplit aussi les devoirs solennels de sa charge en célébrant les obsèques de Tabbesse du Ronceray, Yvonne de Maillé-Brézé, et en bénissant l'abbesse de Nidoiseau, Philippe-Françoise de Bretagne d'Avaugour, tante de la princesse de Guémené^. Son zèle infatigable lors des terribles inondations de la Maine, en i65i, le fit bénir de tous les malheureux, qui le paieront d'ingratitude^.
Son attitude politique ne paraît pas aussi clairvoyante que son zèle apostolique. Dès son arrivée, il entra en rapports intimes avec le duc de Rohan-Chabot. Il lui offrit un
1. Sur l'œuvre spirituelle de la première année de l'épiscopat de Henry Arnauld, on peut voir les ordonnances, instructions familières, exhortations, lettres pastorales sur la confirmation, la réception des ordres, etc., qu'il composa à cette époque {Statuts du diocèse d'Angers, éd. 1680, p. 419 et suiv.); cf. Jousselin, p. 455.
2. Un exemplaire imprimé sous forme de placard in-folio de ce curieux règlement se trouve aux arch. Aff. étr., France 1482, fol. 56. Les domestiques de Henry Arnauld doivent entendre tous les jours la messe, se confesser une fois par mois et recevoir la communion chaque fois que le confesseur le jugera à propos.
3. Nidoiseau, arr. de Segré (cf. Port, Dictionnaire de Maine-et- Loire, t. ni, p. 25). Henry Arnauld la bénit le 10 septem.bre i65i (cf. une note de D. Housseau, Bibl. nat., coll. Touraine, t. 18, fol. 317). Henry Arnauld avait plusieurs motifs pour lui témoigner sa sympathie. La sœur de l'abbesse, Marie, avait épousé le duc de Montbazon, dont le fils.çtaii le prince de Guémené. L'oncle de l'abbesse était René, marquis de la Varenne, lieutenant général d'Anjou (cf. Saint-Simon, Mémoires, éd. Boislisle, t. V, p. 23o; V. Cousin, la Jeunesse de M^e de Longueville, p. 23 1; Annales fléchoises, t. V (1905), p. I et suiv.).
4. Sur ces inondations, cf. Arthaud, Anjou historique, t. II, p. 391 Jousselin, p. 450.
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dîner, ainsi qu'à la duchesse, où il convia un personnage bien compromettant, François Bitaut, sieur de Ghizé, conseiller au Parlement de Paris, ennemi juré de Mazarin. A cette époque troublée, les actes les plus ordinaires semblaient cacher d'obscures perfidies. On oublie trop que les vieilles amitiés subsistaient malgré les guerres civiles. Les plaisirs habituels et les soucis de la vie quotidienne n'ont pas disparu. M. de Ghizé correspondait alors avec M. d'Andilly au sujet de greffes et d'entés, de la poire de pêche et du bésidhéry musqué^.
I. « Il [M. de Rohan] fut huit jours sans avoir d'autre table que celle de ce prélat » (abbé Arnauld, Mémoires, t. III, p. 3). Sur le dîner du i6 novembre i65o où Bitaut figura, cf. Jousselin, p. 45o. Bitaut était arrivé à Angers le i3 (registre du Présidial, p. 24). Sur ce personnage, on peut voir notamment Retz, Mémoires, éd. Hachette, t. III, p. 128 et i3o; G. Port, Dictionnaire de Maine-et- Loire, t. I, p. 353. Il fut, en i652, l'instrument des plus extrêmes violences du Parlement contre Mazarin; cf. Retz, t. IV, p. jS; Motteville, Mémoires, éd. Charpentier, t. III, p. 461. Les archives départementales de Maine-et-Loire conservent (H i525) trois curieuses lettres adressées par le conseiller Bitaut à l'abbé de Saint-Maursur-Loire, Saint-Offange, l'ami de Henry Arnauld, que nous verrons jouer un rôle au nombre des antifrondeurs (sur Claude Magdelon de Saint-Offange, cf. le Dictionnaire de C. Port, t. III, p. 437; une note de D. Guilloreau, Anjou historique, t. I, p. 240). Bitaut écrit de Paris à Saint-Offange le 16 janvier i65o : « Je resens tant d'incommodité des puanteurs des boues de Paris et du peu d'exercice, que je suis incommodé au dernier point depuis mon retour [on le trouve à Angers, le 19 septembre 1649 : registre du Présidial, p. 12]. Je souhaiterois estre particulier pour me reléguer dans ma maizon de la campagne à planter des choux et vivre doucement avec mes amys; néantmoins, il faut servir le public. » De Paris, le 18 janvier i65i, il écrit : « J'ai receu la vôtre avec vos poires de bonchrestien et deux boistes de pruneaux de Sainte-Catherine qui sont très belles... Pour ce qui est des greffes, je vous les envoiray dans ce moys et m'informeray de la poire de pesche de M. d'Andilly et du bézidhéry musqué et de quelques autres des plus rares... Notre pays d'Anjou sera cette année remply de gens de guerre, Angers, Saumur, Beaufort, Beaugé, La Flèche, Doué, si les départemens ne sont changés. Ainsy, le pauvre peuple sera ruiné de tous costés...
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Plus que tout autre, Mazarin, contraint de fuir la France, se croyait entouré de traîtres. Il souffrit cruellement de la conduite de Henry Arnauld, où il apercevait une sorte de félonie. « Et pourtant, écrivait-il de Briihl le 2 mai i65i à Lionne, vous sçavez si j'ay eu de l'estime et de l'affection pour luy et si je luy en ay donné des marques * » .
Le ministre exilé était-il en droit de se plaindre? L'adhésion de l'évêque se relâchait-elle? Mazarin pouvait invoquer quelques griefs très justifiés en apparence. Henry Arnauld ne lui a « pas escrit ny faict dire un seul mot » depuis son bannissement; il n'a pas cherché à dissuader Arnauld de Gorbeville de soutenir les princes 2. Enfin il a semblé donner des gages aux Frondeurs en fréquentant Rohan-Chabot. A ces insinuations, il est possible de répondre : Rohan cachait alors ses intrigues avec Gondé sous des dehors spécieux de modération et d'impartialité 3; il entretenait en secret à Paris un émissaire choisi parmi les plus actifs Frondeurs angevins, Lemarié, sieur de Lépinay^, tout en gardant ie masque d'un sujet fidèle de la
Dieu nous donne une bonne paix stable et de durée, afin de voir le pauvre peuple en quelque repos et soulagement. » Cf. Furetière, Dictionnaire^ verbo Bési d'héri, sorte de poire.