‹ Henry ArnauldChapitre 34 sur 267 · Mazarin, Lettres^ éd. Gheruel, t. IV, p. i5o · texte numérisé non relu

Mazarin, Lettres^ éd. Gheruel, t. IV, p. i5o

2. « Je crains la mesme chose [l'hostilité] d'Arnauld, d'autant plus que l'évesque d'Angers qui a pouvoir sur luy ne m'a pas escrit ny faict dire un seul mot depuis tout ce qui m'est arrivé. » Sur Arnauld, mestre de camp des Carabins, cousin germain de Henry Arnauld, ami de Condé et frondeur impénitent, cf. Andilly, Mémoires, p. 76; abbé Arnauld, Mémoires, t. II, p. 174.

3. Rohan resta toujours attaché à Condé. Cf. Motteville, Mémoires, t. III, p. 461.

4. Ce très important renseignement que Debidour a ignoré est donné par deux documents; l'un est une liste, contemporaine, des politiques d'Angers où on lit ; « Lemarié-Lépiné, conseiller au pirésidial et sergent-major de la ville d'Angers, est un ambitieux brouillon qui, avec lettres de créance du sieur de Rohan, est aile à Paris négocier avec M. le duc d'Orléans et lui promettre l'Anjou,

régente. Le i^"" avril i65i, Henry Arnauld a fut en carrosse au-devant de M. le duc de Rohan, qui revenoit de Paris par eau, jusqu'aux Ponts-de-Cé^ ». On serait tenté de voir dans cet acte ou une rare inconséquence ou la preuve d'un accord avec la Fronde; car les motifs du voyage de Rohan ne sont pas malaisés à découvrir. Ce qui nous semble clair aujourd'hui ne l'était pas alors ; nous débrouillons un écheveau d'intrigues dont les contemporains perdaient souvent le fil^. Il n'est pas permis d'accuser ici Henry Arnauld d'une conduite oblique. Toujours à la recherche du bien public et, comme il le dit dans son mandement de novembre, « de la pacification du royaume », il pensa sans doute qu'il ne devait pas agir en sectateur

la ville d'Angers, même Saulmur, où il croit avoir grande correspondance » (arch. Aff. étr., France 1482, fol. 109). Le second est une lettre de Pelletier, sieur de la Lorie, prévôt d'Anjou, à Lionne, datée d'Angers, le i5 juin i65o [Ibid., fol. 10), où il rapporte une très curieuse conversation qu'il a eue avec Jarzé au sujet de Lemarié ; Jarzé lui dit en particulier que « c'estoit un homme avec lequel il vouloit faire amitié, que si son filz estoit en âge il rechercheroit son alliance, que tout homme qui avoit créance parmy le peuple en un temps comme celui-ci ne se pouvoit assez payer » (sur Pelletier de la Lorie, cf. Jousselin, p. 447 et 467; registre du Présidial, p. 22; Port, Dictionnaire, t. II, p. 543). Jarzé n'avait pas tort; Philippe Lemarié jouissait d'une énorme influence sur le peuple. Dès 1649, i^ se sépara de ses collègues du présidial, où il était conseiller, pour embrasser la cause populaire. Il devint major, c'est-à-dire chef militaire des insurgés d'Angers (cf. Debidour, p. 89 ; Jousselin, p. 435). Dès son arrivée, Rohan lui avait témoigné des honneurs extraordinaires (Jousselin, p. 447). Lorsque l'on cherchera à tirer parti de tous les documents connus sur la Fronde angevine, je suis certain que deux hommes ressortiront de plus en plus comme tenant le fil des intrigues : Philippe Lemarié et le docteur Voisin.

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