‹ Henry ArnauldChapitre 36 sur 267 · Debidour, p · texte numérisé non relu

Debidour, p

3. Debidour, p. i75. Sur les Boylesve, cf. G. Port, Dictionnaire^ t. I, p. 471.

4. C'est ainsi que Retz le qualifie (Mémoires, t. IV, p. 98). Dans le même passage, Retz parle du frère du lieutenant général, Gabriel Boylesve, évêque d'Avranches, « odieux et par l'infamie de sa vie et par l'attachement d'esclave qu'il avoit au cardinal » (p. 100). Chose plaisante, le manuscrit H et la plupart des anciennes éditions de Retz substituent d'Angers à d'Avranches, de sorte que certains auteurs ont cru que ces rudes épithètes s'appliquaient à Henry Arnauld, et, à ce sujet, l'auteur de V Esprit de la Fronde (éd. de La Haye, 1773, t. IV, p. 786) défend la mémoire de l'évêque d'Angers.

b. Anne de Chivré, marquis de la Barre, était huguenot (sur ce personnage, cf. A. Joubert, les Chivré, p. 39 et suiv.; Debidour, p. 85). Aussi le clergé fit une démarche auprès de la noblesse pour s'opposer à sa candidature. Henry Arnauld tenta de faire obstacle à cette démarche, moins, sans doute, pour être agréable à Rohan que pour éviter une jonction irrégulière des deux ordres (Arthaud, p. 404).

Le clergé d'Anjou tint à son tour une séance à l'évêché le 28 juin. Henry Arnauld la présida avec roideur. Il obtint sa propre désignation et celle de deux ecclésiastiques éprouvés : René Lanier, trésorier de l'église d'Angers, et Claude de Saint-Offange, abbé de Saint-Maur-sur-Loire. L'élection ne laissa pas de surprendre ; car le clergé angevin n'aimait pas le Mazarin. L'assemblée murmura et réclama le scrutin secret pour éviter les brigues et l'intimidation ^ Tout en émoi, le chapitre demanda un représentant à part. L'évêque combattit énergiquement ces manœuvres et s'aliéna, par sa fermeté, de nombreux prêtres, ceux que l'esprit de la Fronde entraînait dans les commotions populaires. Depuis ce jour, le bonhomme Guy Àrthaud, archidiacre d'outre-Loire, accusa son évêque d'impertinence, de mensonge et d'extravagance 2.

L'effervescence du clergé correspondait à une agitation grandissante dans les rues d'Angers. La trahison de Gondé donna courage aux meneurs. Arnauld opposa neuvaines, processions, mandements-^; le mouvement était irrésistible. Le 18 décembre, à son retour des Etats de Bretagne, où il avait été outragé par La Meilleraye^, Rohan trouva Abel Servien installé à l'évêché depuis plus de quinze jours, chargé par la cour de le surveiller et au besoin de le mater^. Il refusa de rendre les Ponts-de-Gé à l'exempt

1. Arthaud, p. 406 ; Jousselin, p. 455; A. Joubert, les Chivré, p. 43. Sur Saint-Offange, voir plus haut.

2. Voir ces expressions dans son Journal, par exemple Anjou historique, t. II, p. 406.

3. Mandement du 17 novembre i65i pour attirer les bénédictions de Dieu sur le voyage du roi se rendant à Poitiers {Mandements de Henry Arnauld, p. 2); 19 novembre, procession solennelle dans le même but (Debidour, p. 200) ; 28 décembre, Te Deum pour la défaite de Turenne à Rethel (Jousselin, p.450; registre du Présidial, p. 25).

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