Registre du Présidial, p
royal Lignerolles'. Lorsqu'il apprit enfin que Mazarin traversait la France avec une armée pour rejoindre la reine à Poitiers"^, il jeta le masque et déclara, aux acclamations du peuple, la ville d'Angers « place d'armes » du prince de Condé^.
La situation de Henry Arnauld devenait critique. Son antagonisme avec le gouverneur pouvait provoquer un attentat à son caractère sacré. La populace et le clergé déchaînés n'auraient pas reculé devant les mesures extrêmes : schisme ou incarcération. Aussi accepta-t-il l'occasion qui lui fut offerte de quitter la ville pour se rapprocher de la cour. Abel Servien, dont la femme venait de mourir, lui demandait instamment de venir le réconforter. Répondant à cet appel affectueux, Henry Arnauld quitta Angers le i8 janvier i652 pour se rendre à La Roche-des-Aubiers, en Poitou. Rien ne prouve qu'il n'alla pas jusqu'à Poitiers, afin de consulter la régente. Dans ces circonstances difficiles, lorsque la cour ne savait quel parti prendre, une conversation avec Abel Servien importait du mxoins extrêmement. Après avoir pansé les plaies d'un cœur sec, l'évêque discuta sans doute ies projets d'avenir conçus par son ami, dont la fortune renaissait à ce moment même. A la suite de cette conversation, il décida de retourner à Angers.
Le dimanche 21 janvier au soir^, il chevauche sur la