Debidour, p
2. Turenne, Mémoires, éd. Soc. Hist. de France, t. I, p. 176.
3. Les troupes de Rohan étaient misérables et sa force résidait dans le peuple d'Angers. « Il n'a pas huict cens hommes de pié dans le château d'Angers, aux Ponts-de-Gé et à Sorges, qui ne sont que des gueux ramassés, et deux cens chevaux dans les faubourgs d'Angers » (arch. AfT, étr., France 1482, fol. 109; confirmé par Arthaud, Anjou historique, t. III, p. 12).
4. Je raconte la soirée dramatique du 21 janvier à l'aide de quatre récits contemporains qui se complètent sans se contredire : p Ar-
route ep très modeste équipage, se dirigeant vers la Loire, qu'il veut traverser aux Ponts-de-Gé. A deux lieues de la rivière, il passait au village de Mozé^ lorsque M. de la Violaye"^, capitaine des gardes de Rohan, l'arrête et lui dit que, par raison de sécurité, son maître lui défend de revenir à Angers. Henry Arnauld répond fièrement qu'il ne craint rien de son peuple et qu'il veut rentrer. Il poursuit sa route. La Violaye galope devant lui pour prévenir le premier corps de garde des Ponts-de-Cé. L'évêque approche; il passe les ponts de bois où sont les moulins et met le pied sur le pont-levis. Des sentinelles ivres, le mousquet sur la fourchette, le menacent alors et lui ordonnent de reculer. « Il leur demanda s'ils ne le connoissoient pas bien. Ils lui répondirent qu'il étoit l'évêque d'Angers et qu'ils avoient ordre de l'empêcher de passer. » Le commandant arrive et se jette brutalement à la bride de son cheval parmi les insolences et les outrages des gardes. Le bruit ayant couru que l'évêque couchera chez le curé de Saint-Maurille, le commandant envoie un sergent avec trois ou quatre soldats qui, devant la foule assemblée , lui interdit de rester plus longtemps. Au milieu des rafales d'hiver, Henry Arnauld, vaincu, s'éloigne, malgré les larmes des habitants, pendant que les soldats menacent de jeter un de ses laquais dans la rivière. Il fait deux grandes lieues dans ce pays infesté de rôdeurs, par la nuit et « le plus mauvais temps qui se puisse imaginer », et s'en va coucher à Brissac dans une
thaud {Anjou historique, t. III, p. 3 et 4) ; 20 Jousselin, p. 467 ; 3» une lettre de Henry Arnauld à M . du Tronchay-Martigné ; 40 abbé Arnauld, Mémoires, t. III, p. 14 et suiv.