Arthaud, p
5. Tout le récit qui suit est tiré de Jousselin, p. 477. Pendant son séjour à Château-Gontier, Henry Arnauld adressa, le 4 août, un sermon aux dames de la Charité, dont le plan autographe est conservé à la bibl. de TArsenal, ms. 6042, fol. 16. Le 12, il adressa un mandement aux Capucins du même lieu {Ibid., fol. 21). Le 27 juillet, il avait fait la visite canonique de l'église du prieuré de Saint- Jean à Château-Gontier (extrait du procès-verbal, arch. dép. de la Mayenne, fonds du prieuré, liasse i5 bis).
LA VIE DE HENRY ARNAULD. l37
ment « que si ceux qui avoient occasionné la ruine de sa province estoient des gens d'honneur, ceux qui, comme luy, avoient demeuré dans le service du Roy dévoient donc être appelés des coquins ». La conversation prit néanmoins un ton si amical que Henry Arnauld l'invita à dîner pour le lendemain. « Comme le dîner s'accommodoit », le lieutenant Foureau, fonctionnaire zélé, troubla la fête et enjoignit au curé de prendre incontinent la route de Bretagne. L'évêque lui conseilla, dans l'oreille, de ne pas brûler les étapes. Jousselin le comprit et alla tout bonnement visiter des amis à Laval, à Evron, à Mayenne et à Sablé. Il reçut dans cette dernière ville une lettre où le Père Bonichon lui permettait, au nom de l'évêque, d'aller à Cornillé^ où il avait du bien. « Je fis, écrit-il, mes vendanges assez heureusement. » Sa cave bien meublée, il rentra à Angers « à petit bruit », suivant le conseil paternel de l'évêque.
Nous avons insisté sur cette anecdote, que Jousselin raconte avec une agréable bonhomie, pour montrer que ces terribles exils tournaient en promenades 2. Henry Arnauld les adoucissait ou les abrégeait de son mieux. Grâce à ces offices, le docteur Voisin, exilé, non sans raison, à Perpignan, obtint son pardon^. Aussi devons-nous l'en croire lorsque le 14 août il affirma solennellement, en face de son chapitre, qu'il n'avait pas contribué à l'exil des chanoines^. Un bannissement nouveau confirma les soupçons gratuits. Le 29 août, une lettre de cachet relégua à Saumur le grand archidiacre Alexandre Garande, qui conserva contre l'évêque un long ressentiment.