‹ Henry ArnauldChapitre 56 sur 267 · Arthaud, p · texte numérisé non relu

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l38 LA VIE r3E HENRY ARNAULD.

C'étaient là les derniers coups de feu de la Fronde angevine. La Fronde parisienne finissait à l'automne de i652. Arnauld semble avoir cherché à rester en dehors des luttes politiques locales, qui furent pendant quelques années les conséquences atténuées des anciennes discordes. Lanier du Portugal prévint Mazarin, en i653, que « des habits de livrées pour pages, laquais et cochers », aux armes de Rohan, avaient été aperçus dans Angers ^ Ses craintes étaient vaines. Le duc de Rohan languissait déjà, atteint d'une maladie incurable qui l'emporta en février i655. Henry Arnauld officia pontificalement au service qui fut célébré à la cathédrale, le 23 mars, pour le repos de son âme. Il écouta une longue oraison funèbre d'un prédicateur jacobin, qui avait pris pour texte : Dilectiis Deo et hominibus^ memoria illius in benedictione erit^.

Henry Arnauld ne nous a jamais dit s'il pratiquait assez pleinement l'oubli des injures pour s'associer à cet étonnant panégyrique. Il démontra du moins que le souci du bien public, qui avait dominé son esprit au cours de la Fronde, l'emportait sur les rancunes personnelles les plus légitimes. Il comptait des amis parmi les Frondeurs, et il ne s'en cachait pas à Saumur, en face des courtisans, puisque ce fut lui qui, le premier, annonça la promotion de Retz au cardinalat. Par ailleurs, il avait peu de sympathie pour Mazarin. Lorsque le ministre, — nous l'avons vu, — se plaignait de son ingratitude, les Frondeurs l'accusaient « de n'avoir pas d'autre maître que Mazarin ». Les camps ennemis l'apostrophaient; il sort grandi de ces

1. I.anier à Mazarin, 3 septembre i653 : arch. Aff. étr., France 1482, fol. 197. Il affirme que Rohan s'apprête à retourner en Anjou; que sa femme, résidant alors à Rennes, envoie des émissaires dans le Craonnois; que les La Barre de Bierné s'agitent, etc. Il en profite pour réclamer « mes apointementz de Portugal, dont je n'ay parlé depuis trois ans et plus ». M. Debidour raconte, dans son chapitre XIII, les séditions qui suivirent la Fronde angevine.

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