Arthaud, Anjou historique, t. V, p. 246 et
LA VIE DE HENRY ARNAULD. I Sg
invectives opposées. Une phrase de la lettre pastorale du 23 mars 16S2 nous livre peut-être le secret de sa conduite : a II faut s'attacher inséparablement à la personne du Roy, qui est tousjours accompagnée des marques de l'autorité royale, et croire qu'un party dans lequel on ne la trouve point ne peut passer que pour une faction funeste à l'Estat et qui doit être en horreur à tous les bons François^. » Ce sentiment servait de lumière aux bons François douloureusement aveuglés par les tempêtes qui secouaient la France.
L'Anjou ressentira longtemps l'effet de ces profondes commotions. Les haines resteront vivantes, si elles changent de formes. Les discordes nées pendant la Fronde civile serviront d'aliment à une sorte de Fronde religieuse dirigée contre l'évêque.
[Ici s'arrêtent les fragments rédigés de la biographie de Henry Arnauld. Il restait à écrire l'histoire de ses quarantetrois années d'épiscopat, jusqu'à ce 8 juin 1692, où le vieil évéque, âgé de quatre-vingt-quinze ans, aveugle, mais Tesprit aussi lucide qu'à soixante, rendit son âme à Dieu. Le récit de la conduite de l'évêque d'Angers dans les affaires du jansénisme, qui avait été le sujet de la thèse de l'auteur à l'École des chartes, est une partie importante de cette histoire; on la lira dans les pages qui vont suivre. Mais il y avait encore à montrer Henry Arnauld dans le gouvernement de son diocèse, dans ses rapports avec son clergé et avec ses ouailles, dans ses discussions avec le clergé régulier, dans ses fondations pieuses et charitables. C'est là une tâche que seul l'auteur des pages lumineuses qu'on vient de lire était capable de mener à bien.]
I. Mandement du 23 mars i652, partie omise dans l'édition de i683, arch. Aff. étr., France 1482, fol. 128.
ÉVÊQUE D'ANGERS
ÉVÊQUE D'ANGERS