INTRODUCTION
Le centre de la vie de Henry Arnauld et comme le pivot autour duquel se développe son existence est la question du jansénisme. Si, dans les pages qui vont suivre, il nous a été possible de réussir à élucider son rôle dans ces luttes véhémentes où le sang comme les penchants de son caractère l'entraînèrent inévitablement, nous pourrions peut-être nous flatter d'avoir comblé, dans la grande histoire du xvii^ siècle, la petite lacune que signalait Sainte- Beuve ^
Ce fut le 3o janvier 1649 que la reine régente, pour récompenser l'abbé de Saint-Nicolas de ses services à Rome, lui donna son brevet de nomination à l'évêché d'Angers. La cour de Rome lui fit quelque peu attendre ses bulles, et ce ne fut que le 29 juin i65o qu'il put être sacré à Paris; son entrée solennelle dans sa ville épiscopale n'eut lieu que le 16 novembre suivant.
Sainte-Beuve a eu raison de constater, — mais il exagère un peu, — la transformation réelle qui s'opéra chez l'abbé de Saint-Nicolas quand il eut reçu l'onction épiscopale^ : il devint le prélat le plus zélé du royaume, le plus attentif