T. II, p
l52 HENRY ARNAULD
au contraire, affirme^ qu'il « sembloit dans ce mandement que Henry Arnauld demeuroit d'accord que les cinq propositions étoient dans Jansénius ». L'une et l'autre de ces appréciations est fausse. A lire la bulle d'Innocent X, en ayant présents à l'esprit les propos que ce pape tint à Bosquet deux ans plus tard, il semble que les plus ultramontains ne peuvent, en toute justice et sincérité, rien trouver à redire au mandement de Henry Arnauld^. Sauf de longs développements sur l'autorité de saint Augustin qui ne peuvent rien avoir de répréhensible, Henr}^ Arnauld ne dit, à propos du fait de Jansénius, rien de plus ni de moins que le pape. La bulle porte : occasione Jansenii^ le mandement : qu'on attribue à Jansénius. Il n'y a pas là d'intention mauvaise et obscure, comme le prétend Rapin, ni rien qui autorise à dire que Henry Arnauld semble condamner Jansénius; il laisse la question en suspens, comme l'avait fait le pape. On est vraiment en droit d'être stupéfait quand on entend Besoigne rapporter que les Jésuites en ont voulu alors à l'évêque d'Angers, parce qu'il ne « reconnaît pas que les propositions sont de Jansénius ^ ». Ceci n'est pas une légende forgée par l'auteur très partial de la Vie des quatre évêques pour charger ses adversaires; c'est un fait; le nonce en écrivit au pape^ et l'abbé de Bourzeis dut se porter garant devant Mazarin de la droiture des intentions de l'évêque^.
Besoigne affirme aussi que Henry Arnauld eut à se jus-
1. Mémoires sur Vhistoire du grand séminaire d'Angers, t. I, p. 90.
2. Voir le texte de ce mandement dans Mandements de messire Henry Arnauld (Angers, Olivier Avril, i6S3, in-40), p. 41-43. Henry Arnauld prouva de nouveau qu'il obéissait sans restriction à la bulle d'Innocent X en y souscrivant à l'assemblée provinciale de Loches en i655 (Arthaud, Journal ; Anjou historique, novembre 1904, p. 252).