‹ Henry ArnauldChapitre 76 sur 267 · Mémoires (Cologne, 1738, in-12), t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires (Cologne, 1738, in-12), t. II, p

fait inutile, cette secte estoit par terre par les soins et la vigueur qu'y avoit apporté S. M...^ »

D'ailleurs, si Lionne déverse toute sa bile contre les grands vicaires et n'a pas un mot d'aigreur sur Henry Arnauld dans sa lettre à l'ambassadeur, c'est qu'il s'était chargé par amitié de défendre devant le roi les intérêts de l'évêque d'Angers. Le ministre écrivit à ce dernier le 18 juillet^, sans ambages, l'impression déplorable que sa lettre au roi avait produite; en même temps, avec son esprit si pratique, il faisait valoir au prélat, en termes amicaux, tous les graves inconvénients de sa conduite téméraire et montrait en même temps l'un des griefs particuliers que la cour avait conçus contre l'évêque d'Angers : on a soupçonné sa lettre d'avoir été composée par Antoine ; « du moins, écrit Lionne, elle lui a été communiquée, puisqu'elle étoit à cachet volant et qu'on a seulement mis de la cire au-dessous du cachet lorsque l'on a voulu me la faire rendre. » Ce soupçon amène à étudier la question de savoir s'il faut admettre que Henry Arnauld n'est pas le véritable auteur de sa lettre de juillet 1661 au roi.

L'opinion communément acceptée est qu'Antoine Arnauld et Nicole l'écrivirent en collaboration^. L'auteur de la Vie de Nicole prétend que l'évêque d'Angers l'avait composée « de concert avec eux » ou « peut-être l'avoit-il reçue tout entière de ces deux habiles théologiens^ ».

1. Lionne à Aubeville, 26 juillet 1668, arch. Aff. étr., Rome 141, fol. 255.

3. Moréri l'attribue à Nicole et Antoine Arnauld. de même Fouillou [CataL ms,, p. 3i) et l'éditeur des Œuvres d'Arnauld, t. XXII, p. 610; Dom Glémencet [Histoire littéraire de P. R., t. III, p. 86, ms. lOiB du Pratest. français) l'attribue à Arnauld seul. Citons pour mémoire Maraudé, qui prétend que la lettre au roi porte « sur le front le charactère de M. Arnauld, le docteur » (voir plus loin).

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