‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 11 sur 82 · CHAPITRE DEUXIÈME. — ANNÉES DE COLLÈGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. — ANNÉES DE COLLÈGE

Jui. De là, suivant la bataille et jugeant les coups il envoyail ses encouragements et ses félicitations aux hommes de sa partie, et rien que de sentir sur eux les regards de l’incomparable jouteur, tous les combattants se trouvaient comme électrisés.

Il n'y avait pas à se méprendre sur la portée de ces hommages spontanés. Henry était à la division une vraie puissance. Un fait des plus remarquables c’est que des maîtres clairvoyants et fermes, comme il en eut, aient secondé son influence, loin d'en concevoir de l'inquiétude. Ils devaient être bien sûrs de ses intentions! Car si pareil Compagnon eût voulu essayer de ce rôle de mutin qui a parfois tenté-de bons enfants, on aurail eu à Jouer serré pour lui tenir tête. Les souvenirs que nous avons déjà cités à maintes reprises disent en prévenant de l'hyperbole: « À sa première réquisition les « prix de sagesse » auraient hurlé comme des bêtes fauves. » Exagération pittoresque dont le seul but est de montrer quel irrésistible ascendant notre Henry mettait au service du bien. À la forme près, c’est le mot prononcé jadis par un Père du collège: « Ah! ce Beck, il vaut un surveillant. »

Car Henry rendait à ses compagnons d’autres services que de les entraîner au jeu. I fut en mainte occasion leur bon génie. À la fois par caractère et par principe, il répugnaïit à se mêler des affaires,d’autrui. Sa règle de conduite était d'aller droit son chemin, sans regarder aux alentours. Mais s’agissait-il de sou-

tenir une œuvre de charité, d'aplanir une difficulté

survenue entre camarades, nulle considération personnelle ne l’arrêtait. En ces occasions on lui trouvait une habileté et un tact assez surprenants chez cette Âme loyale et droite comme une lame d'épée. Comme de juste, sa diplomatie même marchait à visage découvert et parlait franc. Encore est-il qu’elle arrivait à ses fins et servait utilement les intérêts, toujours élevés, auxquels elle se donnait.

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