‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 24 sur 82 · CHAPITRE CINQUIÈME. — VOCATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. — VOCATION

reuse, Henry chercha la force à bonne source. Le vendredi-saint, il demanda et obtint de faire avec un ami, avant le lever de ses condisciples, une heure et demie d'adoration devant le T.-S.-Sacrement, Là, dans la méditation des douleurs du Maître, il sentit se renouveler plus pressante que jamais l'invitation qui l’associait au mystère de la Croix.

Le jour de Pâques, il annonce sa résolution à un ami: « Deo Gralias! Alleluia! Jésus m'adopte pour son Compagnon! » Austère cri de joie auquel la nature refusait d’acquiescer. Peu après, Henry écrivait à son ancien Recteur: « .… J'ai le plaisir de vous an- » noncer que j'ai été reçu dans la Compagnie. Qu'en » dites-vous? et qui aurait cru cela? » Puis, après avoir rappelé l'attrait de toute sa vie vers les missions congolaises, il continue: « Mais le bon Dieu » en a jugé autrement. Il m'a montré que ce qu'il me » fallait avant tout c'était d’être bien préparé, et j'ai » la ferme persuasion que, de toute manière, si c’est » Sa sainte volonté, je pourrai un jour aller travailler » à celte mission du Congo que j'ai tant à cœur.

» Mais ne croyez pas cependant que je sois feu et » flammes pour la Compagnie. Maiheureusement je » suis trop lâche pour cela, et jusqu'à présent, je » n'éprouve guère d’attrait pour elle. Bah! le bon » Dieu ne demande pas l'attrait... » Quel enthousiasme vaudrait ce froid mépris des répugnances et des craintes ?

Le plus dur cependant pour Henry était de penser que sa vocation de missionnaire était peut-être mise

en hasard. Autant qu'il était en son pouvoir, il voulut conjurer ce malheur. Il trouva qui l'y aiderait. Un jour que le R. P. Provincial se trouvait de passage à Courtrai, Mre Beck vint en personne solliciter pour son fils la faveur d'aller bientôt se dévouer au salut des pauvres nègres. Ainsi se comprennent et s’entr'aident les âmes qui s'aiment en Dieu. Quels désirs du fils avaient obtenu de la mère ce généreux sacrifice, et comme cette démarche de la mère explique éloquemment les saintes aspirations du fils! :

Cette année-là même — on se le rappelle, — Henry employa les vacances de Pâques à parcourir l'Italie. À son passage à Fiesole, il fut reçu en audience par le T. R. P. Louis Martin, Général de la Compagnie de Jésus. En toute simplicité, le futur jésuite confia à son supérieur de demain, la pensée qui assombrissait son cœur: devait-il renoncer à l’assurance d’être missionnaire un jour? Il n’obtint pas la réponse désirée, Le T. R. P. Général lui donna à entendre que le jésuite ne dispose pas de son avenir et doit se tenir prêt à tout. Henry se retira avec une nouvelle épine dans le cœur. Prévoyait-il que quatre ans plus lard, presque jour par jour, celui dont il prenait congé toul inquiet, lui enverrait, avec sa bénédiction de père, l’ordre du départ pour la mission africaine? Au cours du même voyage, Henry avait éprouvé une des plus profondes allégresses de sa vie. Il se trouvait à Rome quand y arriva, conduit par les évéques de Belgique, le pèlerinage national, venu à l’occasion du jubilé épiscopal du Saint-Père. Avec ses

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