NOVICIAT
üu bouleversement de la lutte suprême succéda A chez Henry un intense besoin de s’étourdir. On s’en aperçut bien autour de lui. Tout d'abord, il parut justilier l'horoscope d’un Père qui, le voyant, au départ, si triste et si démoralisé, disait avec méfiance: « Je crois qu'il fera un singulier novice et qu'il ne restera pas longtemps à Arlon » —: Assurément il fit, au moins pour le dehors, un singulier « candidat » — c'est le nom qui désigne chez nous, les nouveaux arrivés, jusqu à la prise d'habit. Toute l’espièglerie qu'il avait refoulée en lui-même pendant les années de collège, semblait profiter des derniers instants pour sortir à gros bouillons. Le quartier des candidats en vit sa gravité compromise. Henry s'y rencontrait avec une vingtaine de jeunes gens dont quelques-uns, sans doute, n'étaient pas fâchés de sortir comme lui de pensées qui ressemblaient aux siennes. Une dernière fois l’on put voir quel redoutable luron il serait devenu peut-être, sans la vertu qui endiguait les forces de son impétueuse nature. Le novice résolu et avisé qui présidait dans la chambre