‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 3 sur 82 · CHAPITRE PREMIER. — ENFANCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — ENFANCE

qui lPagitait en attendant Ie moment de praliquer la vertu recommandée. -»

Pour ceux qui ont connu de près notre généreux Henry, il y a une harmonie divine dans la dispos tion providentielle qui commença l'œuvre de sa sanctifcation par l'épreuve. Il atteignait ses dix ans, lorsque, en février 1884, Dieu lui reprit son père. Par ce deuil prématuré, un vide immense s’ouvrait dans la vie de l'enfant. Ceux qui ont approché M. Beck, disent qu' Henry le leur rappelait par les plus nobles côtés de son cœur et de son âme. C'était, chez tous les deux, la même franchise, la même droiture, la même générosité affectueuse et dévouée.

Une aussi étroite parenté de caractère et de vertu avait encore resserré chez Henry ce lien d'affection filiale, que la mort venait de briser. Les contre-coups de cette secousse cruelle se prolongèrent dans son cœur jusqu'à son dernier jour. Désormais nulle joie de famille ne vaudra pour lui la triste douceur de revenir prier parmi les siens au douloureux anniversaire. Mais l'épreuve apportait aussi avec elle les bénédictions ordinaires de la croix. Douze ans plus tard, évoquant, pour consoler un ami, le souvenir de ce grand deuil, Henry écrivait: « Si les années » ont passé... le souvenir et l'impression de ces mo- » ments, qui changent en un instant la face de la vie, » est toujours aussi vivace! C'est alors que, pour » la première fois, j'ai compris que nous ne devons » pas circonscrire nos vues et nos aspirations aux » étroites limites de ce monde. Qui sait si ce ne fut

» pas là Ie premier coup de la grâce de la vocation! » (4 janvier 1896.)

La même pensée revient encore, en termes plus catégoriques, dans une autre lettre tout intime, où le deuil du fils a des accents déchirants.

Le mieux informé des témoins nous a depuis confirmé cette confidence en lx complétant. Henry reporta sur sa mère ses affections brisées ; il redoubla d'efforts pour la contenter et quand, par sa vivacité el son entrain, il avait réussi à répandre un peu de gaité autour d'elle, le cher enfant semblait tout heureux.

Ainsi l'essor de cette jeune âme vers les sommets de la vertu chrétienne commença par un redoublement de piété filiale envers sa mère affligée. Miséricorde de Dieu, qui aux heures décisives de la vie met d’abord le devoir dans l’accomplissement de nos meilleurs instincts!

À côté de l'amour pour les siens, l'amour des pauvres se montra bien vite dans le cœur d’'Henry. Nul n'est chrétien que dans la mesure où il possède ceite ressemblance avec le divin Ami des malheureux. Henry apprit à bonne école l’art de consoler. Auprès des indigents chez qui il accompagnait souvent sa mère, il portait cette bonne grâce cordiale et simple qui en faisait, là comme ailleurs, le préféré de tous. I était prompt à donner, et, ce qui vaut mieux encore, àse priver. Les souvenirs de la famille abondent sur ce point en traits charmants. « Un jour, raconte sa

sœur, — il avait alors dix ans, — nous revenions,

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