‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 35 sur 82 · CHAPITRE SIXIÈME. — NOVICIAT · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. — NOVICIAT

pieuses folies. Un beau matin, Henry reçut une admonestation publique sur ses imprudences avec injonction de veiller à reprendre ses forces. Le plus admirable est qu'il obéit ponctuellement, en se réservant d'aller jusqu’à la limite extrême des rigueurs qui lui restaient permises. Son jugement droit le ramena d’ailleurs bien vite à des idées plus justes. « L’es- » sentiel. disait-il un jour, est de se former une volonté » forte. Avec cela, quand besoin est, on prend la cra- » vache et le corps passe par où l’on veut ».

Mais cette force, où se trempe la volonté, encore faut-il! la trouver. Henry en connaissait la source de longue date. C'était un édifiant spectacle que de le voir en oraison à son prie-Dieu, ou devant le Saint-Sacrement. Droit, immobile, jamais accoudé les paupières doucement closes, il passait de longues heures absorbé dans sa prière. |

On peut savoir, presque à un jour près, le temps qu'il mit à en prendre l'habitude. Dans les premiers commencements, son Journal contient une note sur l'attitude observée pendant la méditation.

« Presque constamment à genoux » ( 1e octobre 1893).

« Trois fois debout. Je me suis humilié » (2 octobre). |

« Je n’ai pas bougé » (6 octobre. Retraite préparaloire à la vêture).

« Bonne tenue; tout le temps à genoux » (Même Jour).

À partir de là, autant que je puis voir, les vicioires

ne sont plus enregistrées; elles sont devenues l’ordinaire.

Demeurer une heure immobile sur ses genoux endoloris, n’est pas le plus rude des efforts demandés par la méditation; pour le commun des hommes, l'esprit y gémit plus que le corps. Le Frère Beck ne s’en effraya pas plus que du reste. Un seul exemple montre à quel degré ses efforts furent couronnés de succès. Des cent vingt méditations de la grande retraite, c’est à peine qu'il en note trois ou quatre où le résultat fut médiocre. Encore ajoute-t-il qu’il a assez bien combattu les distractions.

Il est vrai que Dieu l’aidait, comme l’humble jeune homme ne manque pas d’en faire à tout instant la remarque. Cette mâle piété était simple ef douce autant qu’elle était forte, et l’on aime à lui connaître ce caractère, car il est un nouveau témoignage de la bonté de cette âme. Quand sa tête lasse ou souffrante faiblissait à peine, Henry appelait filialement la Ste Vierge à son aide. Foujours elle lui était secourable: « et la méditation achevée, disait-il, je u’avais plus mal. »

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