‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 41 sur 82 · CHAPITRE SEPTIÈME. — NOVICIAT · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. — NOVICIAT

tres. L'un d’eux fit mieux. C'était un jeune homme dont il avait pris un soin tout spécial. À la nouvelle année, il vint me demander l’adresse du Frère Beck, et, de son propre mouvement, lui écrivit une lettre pour le remercier et lui promettre ses prières. »

Ainsi s’écoulèrent, rapides et bénies, les deux années de noviciat, à la fin desquelles sonna l'heure des premiers vœux. -

Les joies du ciel sont aux âmes célestes. Ce sacrifice de la profession religieuse, grand par lui-même, le Frère Beck l’offrait à son Dieu avec une générosité qui en doublait l'étendue et partant la douceur. Sa joie dut être bien profonde et bien intense pour être demeurée, marquée d’un signe à part, dans les souvenirs de ceux qui partagèrent avec lui l’allégresse de ce beau jour, ou la connurent depuis.

Le 25 septembre 1895, le lendemain des vœux, Henry alla saluer une dernière fois la Patronne aimée des novices d’Arlon, Notre-Dame de Clairfontaine es.

1. Clairfontaine est la vallée, gracieuse comme son nom, où se trouve la maison de campagne du noviciat d'Arlon, située sur les ruines d'une ancienne abbaye de Bernardines.

Une image de la Vierge dont la légende se rattachait aux origines du monastère, y avait joui, jusqu'à la révolution française, d'un culte célèbre. Pendant près de six cents ans, les pèlerins du Luxembourg et de la Lorraine étaient venus la vénérer dans son sanctuaire, élevé grâce à la comtesse Ermesinde, près d'une source bénie par saint Bernard. En 1894, il y avait juste-un siècle que l’abbaye avait été saccagée et détruite par les soldats de la Convention (avril 1794). Le centenaire du sacrilège inspira au Père Recteur d’Arlon l’idée de rétablir le pèlerinage dont le souvenir vivait encore dans le pays. Les novices s’improvisèrent carriers, maçons, architectes, pour élever à leur chère Madone, la grotte rustique où les pieuses populations d'alentour la prient aujourd’hui, comme l'avaient priée leurs pères. Notre Henry prit une part active à ces travaux, où son ardeur pour les exercices violents se doublait de la joie de travailler pour sa Mère. On à conservé une photographie qui nous le montre pieusement agenouillé dans le sanctuaire qu'il avait aidé à construire.

Un de ses deux compagnons était ce même ami

qui, deux ans auparavant, avait été témoin des angoisses de son entrée. Que les temps étaient changés ! Cet avenir, alors si sombre et si menaçant, Henry le contemplait aujourd'hui dans l’enivrement de son bonheur et de ses espérances. Sa voix émue en évoqua les différentes étapes, comme :1l les apercevait alors du seuil radieux de sa jeunesse: les études,

les premiers travaux, les missions peut-être! le jour

béni de la prêétrise, enfin, l’apostolat jusqu’à la mort:

enviable carrière où il s’élançait débordant de reconnaissance, d'ardeur, d'enthousiasme et de vie, et qu'il ne devait pas achever... Pour exhaler sa joie, l’heureux jeune homme trouva des accents si pénétrants, que son compagnon sentit à plusieurs reprises des larmes mouiller ses veux.

1 ÉÉLSES

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