‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 42 sur 82 · ÉTUDES · texte numérisé non relu

ÉTUDES

AIS le bonheur n'est jamais sans mélange sur M la terre.

Les vœux prononcés, l'enfance religieuse, qu'on ne vit qu'une fois non plus que l’autre, prenait fin pour Henry avec ses joies et ses impressions bénies, sur lesquelles le séjour d’Arlon jetait comme une note discrète de poésie. Demain on partait pour la vieille abbaye de Tronchiennes. Il fallait dire adieu au noviciat et à ces mille humbles choses où les affections s'étaient ancrées: la pieuse chapelle des novices, le grand jardin avec ses noires allées de vieux pins et ses saintes images, devant lesquelles on s’agenouillait en passant, comme, en promenade, devant les chapelles rustiques perdues sur les collines, dans Îles clairières, à la lisière des grands bois. Adieu aussi les routes accrochées au flanc des vallons, les percés fuyant sous la feuillée, les sentiers escarpés qu’on avait tant de fois suivis d’un pied alerte, au cours d’une causerie plus éveillée que la voix du torrent, plus vivifiante que les senteurs de la forêt. Aimables joies,

charmes innocents qu'avait sancüfiés le filial regard du cœur vers Dieu, il fallait tout quitter. Mais si le Frère Beck en fut triste, il n'était pas homme à vivre dans ses regrets. Il savait que l’apôtre doït renoncer à dire jamais, de la maison où il vit heureux: « Ici s’achèvera ma course en ce monde; j'y puis fixer à demeure mes pensées et mes affections. » Dès l’abord, il accepta intégralement son nouveau genre de vie, les occupations et le séjour, et s’y donna tout entier.

C'était comme il le disait avec infiniment de raison, « un second noviciat » qui commençait « à plus forte dose que le premier » (octobre 1895). Peut-être aussi avait-il les veux sur la vie d’études lorsque, le jour de ses vœux, il demandait à Dieu de lui donner beaucoup à souffrir. Si la prière fut exaucée, il n’en parut rien au dehors. Comme autrefois au collège, Henry mit sa vie studieuse sous la protection de la Sainte Vierge. Notre-Dame d'Oostacker le vit souvent à ses pieds dans ce gracieux sanctuaire, où il retrouvait, avec un souvenir d'enfance, une lointaine image de la grotte de Massabielle.

Peu de jours après son arrivée, le nouveau scolastique s'y rendit pieusement en pèlerinage pour prier la Vierge de bénir ses études et de lui donner la force de suffire au travail malgré ses continuels maux de tête. Puis, sans se demander quelles surprises lui réservaient ses nouvelles occupations, 1 Sy. jeta à corps perdu.

Il n’est pas de tradition, dans les scolasticats de

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