‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 56 sur 82 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

ÉTUDES (Suite).

Es dernières lettres dont on a lu des fragments L au chapitre précédent, ne sont plus écrites de Tronchiennes. En septembre 1896, Henry était parti pour Louvain, où il devait commencer son cours de philosophie.

Avec la foi candide d’une âme dévouée tout entière à une même idée, il comptait sur ces yraves études pour compléter sa formation de missionnaire. Puis, au bout de la nouvelle étape où il entrait joyeux, . Son espérance lui montrait enfin cette Afrique bienaimée, qui, chaque jour, devenait plus présente à son esprit. -

D’ après ses calculs, trois ans d'attente lui restaient encore. Il résolut de n’en pas perdre une minute. Au premier rang de ses occupations était La philosophie. Il s’y engagea de conviction, non sans se plaindre un peu de n'y pas voir très clair. Puis venaient les cours de sciences qui lui souriaient davantage. La physiologie, la chimie qui lui rappelait les expériences incidentées de son petit laboratoire, la botanique

à laquelle il revenait ou plutôt qu il continuait, avec des aptitudes et une avance, dont son assez bel herbier témoigne encore aujourd'hui.

À Fropos de ect herbier, nous citerons les paroles du compagnon d'études auquel Henry le laissa en partant pour le Congo. « Le Frère Beck, dit-il, savait douter. Bien souvent il m'a demandé de revoir ses déterminations, et plus d’une plante resta sans nom jusqu'au jour où il put se rencontrer avec le Père G. — Le trait suivant montre aussi sa délicatesse. À côté de l'étiquette portant le nom de la plante, il marquait une lettre, lui rappelant le nom de celui qui l’avait déterminée. G. c'était le Père G..., B. c'était lui; en cas d'erreur commise, il aurait eu bien soin de vous dire: c'est moi qui me suis trompé, car voilà un B à côté de l'étiquette. »

Aux travaux prescrits par le règlement, le Frère Beck ajoutait encore de sa propre initiative. De conceri avec deux ou trois condisciples, il forma, dès le mois qui suivit son arrivée à Louvain, un petit cercle littéraire, dans le but de s'exercer à la diction avec moins de difficulté, pensait-il, qu'aux réun'ons plus fréquentées de l'académie régulière des -philosophes. Un des membres de ce cénacle nous a certifié que la demi-heure hebdomadaire n'yétait point perdue, et que l’éloquence, libre de s’y ébattre sous des regards indulgents, avait parfois des audaces fécondes. Pour simplifier la préparation, chaque orateur prenait son sujet dans les branches qui lui étaient familières. L'improvisation était suivie d'un examen fraternel,

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