‹ Henry Beck de la Compagnie de JésusChapitre 70 sur 82 · CHAPITRE DOUZIÈME. — MORT · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. — MORT

» forcée, on a le temps d'envisager sérieusement la » vie. Le contact avec les noirs si dégradés... vous » donne de bonnes idées sur l’apostolat... On touche » du doigt l'impossibilité de relever cette race, si le bon »“ Dieu n’y verse ses grâces à flots.

» … somme toute, au risque de me répéter, me » voilà au Congo à un moment et dans une situation » que je n'avais pas rêvés! Je suis aussi heureux » qu'au noviciat d'Arlon, quand je pouvais gambader » à Clairfontaine. J’offre au bon Dieu le grand désir » que j'ai de travailler pour Lui...; le reste... fiat! »

À cette époque, déjà menacé de devoir retourner en Europe, il espérait encore. Pour conjurer le malheur, il s'était mis au repos absolu. Bientôt toute illusion tomba. Le médecin, consulté de nouveau, parla cette fois sans détours: « Vous ne pouvez pas rester au Congo »

Ce fut un coup de foudre pour le pauvre Henry. « Tous les sacrifices qu’il m'a fallu faire jusqu'ici, » écrivait-il peu après, je les regarde comme peu de » chose, comparés à cette perspective de devoir quitter » le Congo lorsque j'y suis à peine débarqué, lorsque » Je nv ai rendu aucun service. »

Devant cette consternation, le Supérieur hésitait encore. Mais les progrès de la maladie devenaient trop évidents ; il fallut donner l’ordre du départ. Rentrer en Belgique, où l'hiver allait commencer, était dangereux ; on résolut d'envoyer le malade à Madère. La décision lui fut signifiée le 23 novembre au matin. Atterré, anéanti de regret et de douleur, le pauvre

Henry se soumit sans murmurer. « Je n'ai qu'une

chose à faire. écrivait-il, dire mon fiat! de tout mon cœur, en allant où Dieu m'envoie. »

Le lendemain il quittait sa chère mission. Écoutons-

le raconter lui-même à son supérieur les tristesses de ce dernier voyage.

CN DC À bord du steamer Coomassie.

« Entre Sierra Leone et Las Palmas.

15 déc 1897

« Mon Révérend Père,

«Je suis heureux de pouvoir vous annoncer que mon voyage s’est accompli dans des conditions providentielles. Je vous ai écrit quelle était ma situation et peu de jours après je quittais la mission. Moimême je ne pouvais plus douter de mon affaiblissement, car le moindre mouvement me devenait une vraie fatigue. Donc dans la matinée du 23 nov. le P. Supérieur me propose de partir par le premier train. Le lendemain à 9 h:12 l’express m’emportait à Tumba. Nous y arrivons après un voyage bien fatigant. Péniblement, je me dirige vers la maison danoise du P. Behiels, qui me reçoit avec la plus grande affabilité. Le soir, après le souper, voyant que J'étais fatigué, il est allé lui-même chercher le Dr Bertrand, pour savoir si je pouvais continuer ma route le lendemain. Le docteur n’y mit pas d’opposi-

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