partie inférieure et postérieure du poumon gauche
A la coupe, on trouve les deux tiers inférieurs hépatisés, presque partout au deuxième degré; en quelques points au troisième. Sur ce poumon hépatisé, on constate des altérations gangreneuses, dans les parties dont la surface était flasque et jaune verdâtre. À la coupe, on y trouve des excavations remplies de détritus brunâtres et fétides; leurs parois sont ramollies, formées d’un tissu demi-solide demi-liquide, d’une couleur gris noirâtre, remarquable par sa fétidité; elles sont réunies par des brides nombreuses, À l’intérieur du poumon, on trouve d’autres points ramollis; l’eau qu’on ÿ verse, entraîne un liquide brunâ-
a +'ite
tre, mêlé de détritus demi-solides. Ce sont des points en voie
de ramollissement gangreneux, au nombre de 8 ou 10. Au sommet de ce poumon, et dans le poumon droit, quelques
tubercules crétacés. Aucune altération des autres organes.
Observation VII
BémEr, — Clinique médicale. (Obs. XXVIIL.)
Leckens (Corneille), 37 ans, ébéniste, entre à l'hôpital le
17 septembre 1850.
+ Ce malade jouit d’une bonne santé habituelle, mais tousse de temps en temps. Il a été pris il y a cinq ou six jours, d’une douleur dans la poitrine, plus forte à gauche qu’à droite ; il a toussé ; on ne sait s’il a craché du sang, mais cela paraît probable.
Le 18. — Toux par saccades réitérées. A l’auscultation et à la percussion, rien de positif: respiration faible partout mais surtout à gauche; gros râles à droite. Pouls à 120, peau chaude, langue sèche, pas de constipation (saignée de trois palettes, gomme sucrée, julep diacode, diète).
Le 19. — Prostration extrême. Crachats nombreux de bronchite, quelques-uns striés de sang, ou couleur d’acajou foncé, pouls petit; matité en arrière dans la fosse sous-épineuse gauche, et quelques râles plutôt sous-crépitants que crépitants; quelques autres gros râles à la base. Sang de la saignée, couenneux. avec caillot assez rétracté (nouvelle saignée de quatre palettes ; tartre stibié, O0 gr. 40).
Le 20.— Pouls à 128. Signes stéthoscopiques plus nets. Les
GLEN crachats ont changé d’aspect; ils sont purulents et fétides. Le malade a du délire tout le jour (ext. quin. 2 grammes),
Le 21. — Pouls incalculable, Délire continuel, toujours calme: crachats jaunûâtres, épais, fétides ; matité considérable de tout le côté gauche; gros râles muqueux et râles crépitants mêlés ensemble ; souffle intense de la fosse sous-épineuse ; haleine fétide, d’une odeur de baquet de macération. Le malade tombe dans le coma et meurt dans la soirée. |
L’autopsie a montré des adhérences pleurales récentes à gauche. Poumon gauche avec une pneumonie au troisième degré (hépatisation grise) centrale, plus rapprochée de la racine du poumon, que de sa périphérie. Autour de ce noyau du troisième degré, on trouve un mélange par places, d’hépatisation rouge (2° degré) et de simple engouement as degré).
Dans la partie supérieure du lobe inférieur du poumon gauche, existe une cavité comparable à une grande caverne, remplie d’un pus fétide, rougeâtre, comme sanieux, résultant d’une gangrène pulmonaire fondue; elle renferme des détritus de substance pulmonaire. Foie et reins congestionnés; cœur normal, avec de longs caillots fibrineux dans ses cavités gauches et
droites.
Observation VIII
Leypex. Berl. Xl, Wockhens., 1879.
Il s’agit d’un homme de 47 ans, entré à l’hôpital au cinquième jour d’une pneumonie caractérisée par un point de côté, des râles sous-crépitants à fines bulles; les jours suivants, l’hépatisation envahit presque tout le poumon gauche ; expectoration
rouillée caraêtéristique. Du sixième au septième jour, la fièvre
commença à tomber, mais sans crise régulière; les jours suizants elle eut des retours accompagnés d’expectoration rouillée, et le malade s’affaiblit de plus en plus. Du treizième au quatorzième jour, apyrexie, collapsus, puis l’expectoration prend une couleur de chocolat sale; au quinzième jour on trouve dans les crachats de petits débris de parenchyme pulmonaire, leur odeur devient fétide; la température remonte à 40°, retombe et remonte ; mort au vingt-troisième Jour.
A lautopsie, le lobe supérieur du poumon gauche était atteint de gangrène diffuse dans toute son étendue; dans le-lobe inférieur en état d’hépatisation grise, il y avait des points présentant une coloration jaune et évidemment mortifiés, mais non véritablement atteints de gangrène: c'en était probablement le
premier stade.
Observation IX
Honnorar. Société des Sciences médicales de Lyon, 1886.
Homme de 65 ans, serrurier, entre à l’'Hôtel-Dieu, salle Saint- Maurice, le 12 mai 1885. Pas d’antécédents héréditaires ; habitudes alcooliques.
Le malade raconte qu’il y à un mois et demi, il prit tout à coup des frissons, de la fièvre, et un point de côté à droite, audessous du mamelon. Les symptômes généraux paraissent avoir été assez bénins ; le malade n’a pas interrompu son travail.
Pourtant dès le début, il eut un peu de toux, de l’oppression et une expectoration visqueuse et colorée en Jaune rougeûtre, puis caramelleuse ; à ce moment l'appétit était diminué, Le
malade ne vient à l'hôpital, dit-il, que pour achever de se
guérir,
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A son entrée la douleur persiste au-dessous du mamelon gauche et s’exaspère par les fortes inspirations ; toujours de la dyspnée et de la toux; expectoration à peu près nulle, fièvre modérée,
A la percussion, matité presque complète du côté droit, en arrière, incomplète en avant; vibrations thoraciques peu augmentées, sauf au sommet droit.
A l’auscultation, dans la moitié inférieure du poumon droit, nombreux râles sous-crépitants fins, et à mesure qu'on s’approche du sommet, particulièrement dans le tiers supérieur, souffle tubaire très net et assez rude; dans cette région bronchophonie appréciable, allant en s’atténuant de haut en bas. A gauche, respiration forte, supplémentaire. Rien au cœur.
Peu de jours après l’entrée à l'hôpital, l’état général s'aggrave rapidement; les forces et l’appétit déclinent ; la langue et les dents se couvrent de fuliginosités, la diarrhée apparaît. La température s'élève à 40° le soir, à 39°5.le matin. L’expectoration est toujours nulle : le malade avale ses crachats ou crache avec peine dans ses draps. Les signes stéthoscopiques s’accusent. Les symptômes généraux deviennent de plus en plus graves, et le malade meurt le 25 mai.
L’autopsie est faite le 27 mai. A l’ouverture du thorax, on trouve quelques adhérences pleurales, à droite, faciles à détacher; pas de liquide. Le poumon droit paraît volumineux, et offre l’aspect extérieur de l’hépatisation grise, sauf à la base, où n'existe que de l'engouement et de la congestion. En multipliant les coupes du poumon, on découvre un certain nombre de cavités. L'une d’elles,qu’on apercevait déjà par transparence parce qu’elle est superficielle, siège près du sommet et
en dehors; elle a le volume d’un œuf de pigeon environ; elle