‹ Hépatisation pneumococcique terminée par gangrène pulmonaireChapitre 16 sur 20 · NES · texte numérisé non relu

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rugueux, mais non déchiqueté : au fond on trouve un petit point

g angrené.

Observation XI

Pneumonie croupale et qangrène du poumon; mort ; aulopsie. al Oxcey. The Lancet, 1886.

Le malade, un garçon de 6 ans, a perdu .ses parents, morts tous les deux de maladie pulmonaire. Une de ses sœurs a eu la jambe amputée à cause d’une maladie du genou ; une autre souffre de kératite et d'adénopathie cervicale caséeuse. Le malade a toujours été faible, il a beaucoup toussé pendant quelques mois.

Au moment de son admission à l'hôpital, il a le thorax rachitique. La température est de 103°(F.) et 44 respirations par minute. Il tousse fréquemment, l’expectoration est jaunâtre, visqueuse, abondante. L’haleine est plutôt fétide. En outre, des signes de congestion du. lobe inférieur du poumon droit. En deux jours, l’haleine devient extrêmement fétide, d’odeur fécaloïde, infectant toute la salle. Des signes de cavité apparurent alors à la base du poumon droit. La congestion s’étendit à tout le poumon droit, et le pouls s’affaiblit de plus en plus. La fétidité persista, quoique légèrement diminuée, grâce à des inhalations antiseptiques. ;

Le malade mourut après avoir séjourné treize Jours à l’hôpital.

Autopsie. # Plèvre droite adhérente partout. Le poumon droit est à l’état d’hépatisation grise ; le lobe inférieur contient une cavité du volume d’une petite orange; les parois sont rugueuses, et d’une couleur bleu verdâtre ; à l’intérieur est un liquide ichoreux. On trouve une autre cavité plus petite dans

le lobe moyen. Le tissu pulmonaire entourant ces cavités est

bleu verdâtre, et dans la partie supérieure du poumon, il est

d’une coloration violacée, et ne crépite pas.

Le poumon gauche est œdématié. Les ganglions médiastinaux et bronchiques sont caséeux, et la plupart plus ou moins calciñiés. Aucun ne présente de gangrène. Le cœur est sain.

Aucun autre organe ne contient de tubercules.

Observation XII

Pneumonie, qangrène du poumon ; hémoptysie grave, guérison.

Browx. {ndian Med. Gazette Calcutta, 1890.

P. M. K..., âgé de 27 ans, robuste, fut admis à l’hôpital le 15 mars pour une pneumonie croupale droite. La crise n’était pas très grave, et se termina en lysis le dixième jour; mais la toux persista, et quoique la température fut redevenue normale, le poumon ne se clarifia pas. L’expectoration était assez abondante: les crachats muciformes, jaunâtres et sans odeur.

Dans la soirée du dix-neuvième jour, la température s'éleva à 102°6 (F.) et le lendemain matin à 101° ; à l’examen de la poitrine, on trouva la base droite résonnante dans toute son étendue, sans bruits anormaux, mais des râles muqueux dans la région mammaire; avec exagération de la résonance vocale. Crachats mucopurulents, jaune verdâtres, sans odeur. La température resta hyperthermique jusqu’au vingt-troisième jour, variant de 99e à 101°. :

Le dix-huitième jour, l’haleine du malade était devenue mauvaise ; dans la région mammaire, on constatait les signes d’une petite cavité.

Une semaine plus tard, cette cavité avait manifestement aug-

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menté, et l’haleine du malade, surtout après la toux, était devenue si mauvaise que l’examen physique de la poitrine était très pénible. Les crachats étaient gris jaunâtres, et d’odeur tellement fétide qu’on dut transporter le malade dans une salle isolée. L’intensité de cette odeur variait, elle s’exagérait la nuit, et ne disparaissait jamais complètement. Leur abondance n’avait guère varié. Le traitement avait été dès le début : térébenthine, et diète avec 2 onces d’eau-de-vie par jour. Plus tard on donna de l'acide.

La fétidité de l’haleine et des crachats diminua, et ia toux devint moins pénible.

Le vingt-troisième jour, le malade expulsa sans douleur, en toussant, une grande quantité (8 onces) de sang fluide, deréaction alcaline. A l’examen de la poitrine on ne trouva.rien dans le poumon gauche ; à droite, rien à la base, mais des râles très distincts au point où existait une cavité. On en conclut qu’un vaisseau passant par la cavité ou dans son voisinage immédiat avait failli être obturé par la coagulation du sang, d’où une érosion, et au lieu d’une corde fibreuse, un vaisseau fut ulcéré ce qui explique l’hémorragie. Le malade, couché sur le dos, fut mis dans l’immobilité parfaite, et on lui administra de l’ergot et de la digitaline.

Il expulsa des crachats rouge vif, et quelques caillots, Douze heures plus tard, nouvelle hémorragie de 6 onces 1/2. Dans les vingt-quatre heures suivantes, deux hémorragies de 3 onces et de 1 once 1/4.

Pendant les deux jours suivants, les crachats restent sanguinolents. La fétidité de l’haleine, qui avait disparu, se montre de nouveau, mais plus forte. On reprend le premier traitement,

et l'amélioration survient. Les crachats deviennent moins abon-

dants et moins fétides; ils perdent toute odeur. Les signes Cavi=

taires s’effacent de plus en plus, et le malade quitte l'hôpital ; | .

il ne tousse plus ; sa température est normale, son appétit excel-

lent. | |

Observation XIII Gangrène du poumon consécutive à une pneumonie aiguë

chez un enfant; quérison.

Syers, The Lancet, 1891,

N.C.…, 11 ans, collégien; admis au Great Northern Central Hospital le 10 septembre 1890. Pas d’antécédents intéressants.

Le 30 juin. — Au retour d’une promenade qu’il avait faite tête nue, il sentit des frissons. Le lendemain il se plaignit de nausées et de céphalalgie.

Le 1° septembre. __ I avait le visage rouge, toussait un peu et avait perdu l’appétit.

Le 6. — Son état avait empiré, il avait du délire et se plai-

gnait de douleurs dans le côté droit de la poitrine.

Le D' Cribb le vit pour la première fois, le 7 septembre. Il avait alors une forte dyspnée, et souffrait dans la région axillaire droite. La température était de 102° (F.). A la percussion, le côté droit était mat dans toute l'étendue du lobe inférieur ; la respiration à ce niveau était subtubaire. La nuit suivante, il rendit avec de violents efforts de toux, une quantité de pus fétide, que sa mère évalua à une tasse : ilen rendit toute la nuit et la matinée du lendemain.

A son entrée à l’hôpital,le 10 septembre, il était très déprimé, . les ailes du nez battaient violemment; le pouls était à 100, et $

il avait 35 respirations par minute, Il se plaignait de douleurs :

dans le côté droit pendant les inspirations profondes. La langue était humide, non saburrale : l’expectoration devenait fétide. On trouva des signes de congestion du lobe inférieur droit, et du frottement pleural dans la région latérale droite. La température était de 101°8. Les jours suivants, elle varie entre 101 et 102, Le 14, elle était normaie. Pendant tout ce PE RE le malade continuait d’expectorer en grande quantité, des matières purulentes très fétides, d'odeur gangreneuse, L'haleine avait cette même odeur, exagérée dans la toux. À ce moment, on commença de trouver des signes cavitaires au sommet du lobe inférieur droit(souffle caverneux, bruit de glou-glou, pectoriloquie) pendant que le reste du poumon était mat et faisait entendre le bruit de crépitation.

Le 10.— La température était de 1019, Le malade était épuisé, très amaigri, trempé de sueur, surtout la nuit. Il expectorait toujours en grande quantité, des crachats d’odeur gan-

greneuse où l’examen microscopique montra des globules de pus, et des fibres élastiques. La température varia entre 100 et 102° jusqu’au 22 septembre. Ce jour-là, elle tomba à la normale, puis remonta ensuite vivement.

Le 29.— La température monta de 98 à 103°4 ; maïs elle ne tarda pas à baisser ensuite.

Passé ce jour, l’amélioration survint. Le 2 octobre, Ia fétidité des crachats était moins marquée et leur quantité diminuée ; les signes cavitaires au sommet du lobe inférieur étaient moins évidents. ;

Le 10 octobre. — La température était normale; on ne trouvait plus, du côté droit que de la matité et un peu de crépitation. L'amélioration maintenant. était rapide, le malade gagnait

rapidemént du poids. Le 27 octobre, la résonance était encore

défectueuse au lobe inférieur du côté droit, mais il n’y avait plus ni souffle bronchique, ni crépitations. Le malade marchait, avait de l’appétit, prenait de l’embonpoint. Quelques jours plus

tard il quittait l’hôpital.

Observation XIV

Gangrène du poumon consécutive à une pneumonie chez un enfant de 21 mous.

DE Jersey. The Lancet, 1892.

M. S..., âgé de 21 mois, fut admis à l’hôpital Éveline pour enfants malades, le 3 novembre 1891. Antécédents phtisiques, du côté du père et de la mère ; malgré cela, l'enfant se portait bien, avant la maladie actuelle qui a débuté huit mois avant l’admission. Huit jours après le début de la maladie, l’enfant fut examiné par un médecin qui diagnostiqua une bronchite.

Cinq semaines avant l’admission, le mal empira beaucoup : dyspnée, perte d’appétit, fièvre, apathie générale. Le 30 octobre, on pouvait constater que le malade avait les lèvres bleues, le visage blanc jaunâtre, les ailes du nez battantes ; la toux était opiniâtre, sans expectoration ; pas de fétidité de l’haleine.

Au moment de l’admission,le visage était pâle, les ailes du nez battaient. Pas d’herpès. Température à 101°6 (F.); pouls à 146; 36 respirations, rien dans la bouche ni à la gorge; langue char-gée ; pas de fétidité de l’haleine. Matité de bois, dans toute la moitié gauche du thorax,excepté près de la colonne vertébrale. Respiration bruyante : en avant depuis l’apex jusqu’au mamelon, en arrière jusqu’à la partie moyenne de l’omoplate, ni cré-

pitations, ni râles. Du côté droit, quelques légères crépitations

Cie

à la base ; le reste du poumon est sain. Les bruits du cœur sont normaux, Le côté gauche du thorax est plus large que le côté droit d’un quart de pouce. Une aiguille exploratrice est introduite dans le poumon droit, une première fois dans le sixième espace sur la ligne mi-axillaire; une seconde fois dans le même espace, en dehors de l’angle de l’omoplate, Dans les deux cas, on retire un peu de pus, moins d’une seringue. On fait une incision dans le sixième espace entre les lignes rétro et mi-axillaires. Il s’en échappe environ une drachme de pus très fétide ; avec le doigt introduit sous les côtes, on refoule facilement le poumon mou et friable.

Après l’opération, la fièvre tombe graduellement jusqu’à 98° ; le pouls est à 124 ; 36 respirations. ;

Le 4 novembre. — L'enfant semble très mal ; pouls à 130, faible ; 50 respirations; température à 103°. De la plaie s'écoule un pus brunâtre, mal lié, très fétide. ;

Le 5. — Visage pâle, apathie tout le jour; diarrhée et vomissements. Même écoulement de pus. Matité complète de tout le poumon gauche, aucun bruit respiratoire perceptible.

Le 6. — La température qui avait baissé la veille, monte tout le jour ; les vomissements diminuent, il n’y a pas de diarrhée ; l'enfant reste inquiet jusqu’au soir. Mort tranquille le lendemain à 6 h. 30 du matin. La respiration avait été très fétide les dernières quarante-huit heures ; le traitement avait été : quinine et stimulants.

Autopsie. — Trente heures après la mort. Le poumon gauche est solidifié ; les tubes largement dilatés et épaissis, contiennent une grande quantité de pus ; on trouve disséminés sur tout le poumon, des lambeaux sphacélés, le tout très fétide. La plèvre

adhère partout intimement, Un peu de bronchite dans le pou-

mon droit. Rien d’anormal dans le reste du corps. Aucun ,

tubercule.

Observation XV

Pneumonie traumalique à forme qangreneuse, accompagnée . de pneumothorax et de pleurésie purulente. Mort au onzième jour, par méningite suppurée.

Tamer. Société analomo-clinique de Lille.

Napoléon F..., ne présente rien à signaler du côté de ses antécédents héréditaires ou personnels, sauf une diarrhée cholériforme en 1866, lors d’une épidémie de choléra.

Le 8 juin, portant un lourd fardeau, il a fait une chute. Les jours suivants, quelques quintes de toux, un peu d’oppression, quelques crachats sanglants, puis un crachat rouillé, puis fièvre, insomnie, inappétence.

Le 12,— Il entre à l’hôpital. On constate une fracture de la dixième côte gauche. Du côté du poumon, le côté gauche est immobile, plus sonore qu’à l’état normal, le murmure vésiculaire est diminué; on note de la diminution des vibrations thoraciques, et des râles secs de bronchite. Dans l’aisselle, en arrière, est une zone tympanique intermédiaire entre le son amphorique et le bruit de pot fêlé. A l’auscultation, on constate à ce niveau un souffle spécial presque amphorique, mais pas de tintement métallique. Dans l’autre poumon, quelques râles secs de bronchite. Les ‘ phénomènes généraux sont assez accu-

: langue saburrale, anorexie, pouls à 100, fort, bien APS hu modérée, température à 3803, Urines foncées, assez abondantes, sans albumine. On songe à un pneumothorax par

fracture de côte. Le lendemain 13, on voit pour la première fois

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ses crachats; ils ont les caractères de ceux de la pneumonie : ils sont aérés, rouillés, visqueux, et collent au crachoir. La température est à 3%. A l’auscultation, les signes n’ont pas changé.On porte le diagnostic de pneumonie traumatique grave, surtout aux caractères de l’expectoration. L'examen microscopique des crachats après coloration rapide au violet de dahlia acétique et décoloration de la lamelle par l’eau distillée, m ontre surtout du pneumocoque, quelques pneumo-bacilles encapsulés, quelques rares streptocoques, des cellules épithéliales, des alvéoles pulmonaires, du pus. Le diagnostic de pneumonie s’impose (potion de Todd, café, thé alcoolisé, lait, bouillon, bande de diachylon autour du thorax).

14 juin. — L'état général s'aggrave; le pouls faiblit, la respiration est un peu accélérée. Les crachats abondants (200 à 300 gr.) ne sont plus franchement rouillés, mais par places ils sont grisâtres et analogues à ceux de l’hépatisation grise. Ils sont fétides. Le foyer tympanique et soufflant a diminué; on entend de nombreux râles crépitants dans les deux tiers inférieurs du poumon, tanten arrière que dans l’aisselle. En avant, sonorité exagérée ; râles ronflants et sibilants À masquant une respiration soufflante, surtout au niveau du mamelon et vers l’aisselle (boissons chaudes et stimulantes, deux injections de caféine).

Le 15 fuin. — La pneumonie prend de plus en plusles .caractères de l’hépatisation grise; les crachats sont caractéristiques, d'odeur pénétrante. Plus de souffle, mais dans les deux tiers inférieurs du poumon, gros râles sous-crépitants mêlés à de gros frottements et à quelques râles ronflants ; bouffées de râles crépitants de retour, surtout dans l’aisselle. Pouls fort, à 100, température à 38° (traitement des jours précédents, plus 2 grammes d’acide benzoïque). Les jours suivants, pas de changement.

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