‹ Hépatite amibienne chroniqueChapitre 5 sur 10 · A 0 RS · texte numérisé non relu

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de réaclion douloureuse diffuse, sensation de gêne exagérée par les mouvements. Le plus souvent il s'agit d’une douleur bien localisée en arrière, à un ou deux travers de doigt au-dessous de l’épine de l’omoplate dans sa partie externe, Celle douleur est continue, ne parail pas exagérée par les poussées évolulives et peut être assez vive pour amener de l'insomnie, comme chez un malade dont nous relatons plus loin l'observation.

Les signes d'irr ilation du neï { phr énique, sur lesquels insistent avec raison M' Paisseau et Hutinel se présentent d’une manière constante chez lous les malades. Celle névralgie phrénique n'avait été signalée que d’une manière tout à fait passagère. On ne la trouve décrite ni au cours des congestions hépatiques d'origine amibienne, ni au cours des hépatites aiguës abortives décrites par Françon. Les seuls auteurs qui avaient attiré l’atlention sur ce symplôme important sont Fontan, qui parlant de la parlicipation du diaphragme au cours de la migralion thoracique des abcès du foie signale outre la douleur en bretelle et la toux spéciale «un point névralgique plus où moins aigu dans la fosse sus-épineuse » et M" Grall qui, décrivant une forme d’amibiase hépatique chez les paludéens, parle sans insister de participalion du phrénique.

La névralgie du phrénique se présente avec une acuité variable mais dans la plupart des cas on trouve très nettement le point xyphoïdien et le sterno-mastoïdien, par contre les points parasternaux sont plus diffi-

cilement mis en évidence étant donnée la profondeur

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du nerf à cet endroit — signe très important, ne manquant jamais, la névralgie phrénique presque toujours à droite, rarement à gauche, rétrocède rapidement sous l'influence de l'émétine et M Paisseau et Hutinel ont eu raison d'en faire un si gne capilal. A côté de ces symptômes hépaliques et périhépatiques on peut constater d'autres signes d'ordre général et local.

Les symplômes respiratoires : au niveau de la base droite sont presque constants, ‘soit signes de percussion, matilé, submatilé, soit signes d'auscultation, bronchite unilatérale, congestion de la base droite, frottements pleuraux ; ce qui les caractérise, c'est leur persistance, leur unilatéralité, l'efficacité qu'a sur leur disparition le traitement par l’éméline. Ils sont si accusés dans quelques cas ‘qu'ils peuvent devenir prédominan(s, aussi reviendrons-nous sut leur descriplion, en relatant plus loin des observations de forme respiraloire de l'hépalile amibienne chronique. |

On peut enfin observer des signes généraux. Ceux-ci sont rarement accusés, on ne retrouve qu’exceptionnellement dans les observalions du subictère ou des poussées iclériques véritables, les malades sont en général affaiblis, amaigris du fait de leur séjour aux colonies. La température est rarement au-dessus de 38° à la période d’élat, le pouls ne présente pas de modifications notables.

Le début de lhépatite amibienne chronique peut être lent et insidieux ; il s’agit alors de malades qui se

plaignent depuis longlemps de gêne el de pesanteur

Sn OpUEe

dans le côté droit, de troubles gastro-intestinaux mal caractérisés et de douleurs vives à l'épaule droite. Mais le plus souventle début est plus caractérisé, comme dans l'observation que nous rapporlons au début de cette thèse. Dans ce cas la température monte et peut prendre l'aspect d'accès intermittents. Le foie est gros, douloureux, débordant les fausses côtes, on observe des signes de congestion pulmonaire à la base droite, la douleur à l'épaule est vive, quelquefois on constate des vomissements alimentaires, puis bilieux. |

Somme toute signes de congestion hépatique comme on peut en voir au début des hépatiles aigues évoluant vers la suppuration ou arrêtées dans leur évolulion par le traitement à l’éméline (Françon, Hépatites aigues abortives). Mais ce qui caractérise celle congeslion hépalique du début de l'hépatite chronique, c’est que ces accidents sans trailement spécifique rétrocèdent d'eux-mêmes, donnant secondairement le syndrome tel que nous venons de le décrire à sa période d'état ; des poussées évolulives pouvant de temps en temps se produire rappelant l’acuilé des signes du début.

Quand ces phénomènes accompagnent une crise dysentérique Lypique, ou que le malade vicux dysentérique présente une diarrhée chronique rebelle, le diagnostic est assez aisé. Mais il n’en est pas toujours ainsi et les rapports de l'hépatite amibienne chronique et de la dysenterie sont très variables. Souvent cette hépatile est constatée au moment où l’on ne peut déceler aucun

symptôme d'ordre intestinal ; pour peu que le malade

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soit un paludéen on pensera à la congestion paludéenne du foie et on essaiera un traitement quinique qui restera sans résultat. Nous reviendrons ultérieurement sur les rapports du paludisme et de l'hépatite ambienne chronique. Nous rapporlons dès maintenant deux observations d'hépatile amibienne chronique revétant un

aspect bien caraclérislique. :

OBSERVATION IT (résumée)

Paisseau et HuTiNEL, in annales de médecine

Zi-Amar, 3° spahis, entre à l’hôpital de Mecknès avec le diagnostic de congestion paludéenne du foie, le 15 novembre 1917. Cel homme aurail eu deux ans auparavant, sur le front français, des troubles digestifs vagues, accompagnés de bronchite. Il y a deux mois à la suile d'une course à cheval, il ressent brusquement un point de côté à la base droite et une douleur vive à l'épaule du même côté. Quinze jours après il se produit une crise inleslinale dysentérique avec Lénesme, qui ne dure que trois ou qualre jours.

Malade amaigri, débilité, se plaignant de vives douleurs : hépatiques el d'un endolorissement à l'épaule droite.

À l'examen le foie est un peu gros, débordant les fausses côtes de deux travers de doigt. La palpation est douloureuse entre l’appendice xyphoïde et les fausses côtes droites.

Les points xyphoïdien et sterno-mastoïdien à droite sont très accusés et ne sont pas décelables à gauche.

La base pulmonaire droile est submate, avec obscurité

HitUe es respiraloire, rales sibillants et quelques sous-crépitants. La température est à 37.

Pas d'hémalozoaires dans le sang, ni de kystes amibiens dans les selles malgré lrois examens pratiqués.

Le malade reçoit 10 piqûres d'éméline de 0,08 centigrammes. L’effel en est {rès rapide; au bout de 48 heures les signes d'auscullation de la base droite s’amendent. La douleur hépatique et celle de. l'épaule sont en régression, et à la fin du traitement il ne se plaint plus que d’une sensation de gêne et de pesanteur dans le côté droit. Le malade sort de l'hôpital, remonte à cheval, il est repris des mêmes accidents que ci-dessus ; un nouveau traitement à l'émétine est institué et son élat général élant médiocre, il est proposé pour le rapalriement, gardant seulement un peu de gêne dans le côté droit.

OBSERVATION IIL (Inédite)

(Due à l’obligeance de MM. Paisseau et Hulinel)

Le malade L. M... Joseph entre à l'hôpital de Meknès le 14 août 1918.

En 1906 à Saïgon, dysenterie amibienne, congestion du foie, ponction sans résultat, trailement par l’ipéca à la brésilienne, le tout ayant duré une quinzaine de jours.

Depuis cetle époque n’a subi aucun traitement.

En 1917 à Fez fait une crise de dysenterie amibienne avec fièvre sans réaction hépatique douloureuse. On le traité par des piqûres d'éméline.

En 1918 à Arbalou nouvelle atteinte de diarrhée, mais

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sans glaires, ni sang. Ressent une douleur à l'épaule droite qui n'a pas duré. Point de côté hépalique assez violent, gênant la respiration, pas d'ictère. La température étail à 39. Pilules de calomel, compresses chaudes. Ces accidents s'améliorent et 8 jours après, il entre à l'hôpital de Meknès.

A son entrée : le foie est douloureux, débordant les fausses côtes, les points xyphoïdiens ne sont pas nels, par contre on trouve à droite le point sterno-mastoïdien.

Rales ronflants el sibilants à la base droite.

Le malade reçoit 4 piqûres d'émétine à 0,08 centig:

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La lempéralure qui était à 37,5 tombe à 37. L’amélioration est lrès rapide.

L'examen des selles pratiqué dès le début avait montré des kystes amibiens.

Forme pulmonaire. — Dans quelques cas les réactions hépatiques peuvent passer inapereues devant l’intensité des manifestalions pulmonaires. Alors que dans les hépaliles aiguës ou suppurées, les réactions congeslives pleuro-pulmonaires ne sont qu'au second plan, dans la forme que nous étudions, ces réactions peuvent être prédominantes et affecter une allure chronique rebelle à tout iraitement, si on ne les rapporte pas à leur cause véritable. Les deux observations que nous donnons ci-après nous montrent tout l'intérêt qu'il y a |

de faire un diagnostic précoce.

OBSERVATION IV (in annales de médecine 1919)

M..., 32 ans, est alleint au mois de décembre 1917 de bronchite persistante ; peu après on aurait constaté des symptômes d'emphysème, la toux est fatigante, sans expe cloralion. .

Deux mois après, en février, sans avoir présenté antérieurement d'autres phénomènes inteslinaux, il émet des selles sanglantes allant jusqu'à lémission de sang pur en assez grande abondance, sans ténesme ni autres symptômes douloureux.

Au mois de mai les signes intestinaux persistent encore avec des selles sanglantes, un abdomen méléorisé el douloureux, les troubles respiraloires sont presque prédominants : sibilances disséminées.dans toute l'étendue du poumon droit mais plus accentuées au niveau de la base droite où on entend des signes de congeslion, la respiration est soufflante au sommet du mème côlé avec quelques räâles humides.

Du côté gauche on trouve aussi des râles sibilants.

Le foie n’est pas hypertrophié, seulement sensible dans la. région épigastrique droite ; le malade accuse une douleur thoracique en ceinture, une douleur vive et persistante à l'épaule droite, les points phréniques xyphoïdien -el sternomastoïdien sont d'une grande netteté.

Trois jours après le début du traitement par l'émétine, l'amélioration des signes pulmonaires et phréniques et des phénomènes douloureux spontanés est manifeste. A la fin du traitement il y a disparition à peu près complète des symptô-

mes hépatiques, respiraloires et des lroubles intestinaux,

ps

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