PA^CHR G
Cette planche rej)résente trois ^ases de terre cuite trouvés à Pompéi. A gauche, on voit l'élévation d'un de ces vases, orné, à la manière grecque, de feuillages et d'arabesques d'iui relief très-peu saillant : on voit aussi, à coté, le f[uart du ceicle (jui forme le dessous du vase. Cet antique estd'une couleur jaune, et légèrement veiné ou marbré de rose : le vernis dont il est revêtu l'emporte sur celui de la poterie moderne, en ce que, sans offrir moins de solidité, il iTa pas la même transparence vitieuse , mais simplement un poli mat, et comme morbide, qui imite parfaitenuMit rap])arence du marbre : eu outre, ce vernis forme un enduit moins épais que le notre, et par conséquent il voile beaucoup moins la délicatesse du modelé, délicatesse exquise, qui est favorisée d'ailleurs par le choix desteires qu'employaient les anciens.
La seconde coupe, de l'autre côté de la planche, parmi des ornements peut-être plus élégants et plus corrects que ceux de la première, offre un emblème de l'usage auquel on la destinait, dans les grappes de raisin et les feuilles de lierre entremêlées aux riiu'caux.
Mais la plus remai-quajjledes trois est celle qui occupe le milieu de la planche. La zone sculptée à sa surface extérieure ressort parfaitement entre deux paities tout à fait nues. Ou v voit des licMcs ou des lapins qui paissent des broussailles, des lévriers poursuivant des loups, et non pas des saiii^liers, comme l'ont cru les éditeurs du 3Iusée royal de Naples : au milieu se trouve un profil de femme sons une guirlande de feuilles, et entre deux caducées d'une forme assez bizarre ; et en regard de ce pr(jfil commence l'inscription : JjIBE AMICE DE MEO, qui est disposée sur le contour supérieur de cette zone, chaque lettre étant séparée de la suivante par une feuille. Cette invitation amicale l'appelle le mot des anciens: Koivà 77. oiAcov (i), (c Tout est commun entre amis. » Elle paraît sortir de la bouche même de la généreuse patricienne (jui a fait placer son portrait sur la coupe hospitalière, entre les deux caducées, symboles de richesse et de prospérité (a).
Les deux vases de bronze qui occupent les cotes de cette planche sont d'une forme très-siaiple , et n'ont de
(l)Pythagor.,apudDiog. Laert., I, 2, IG; Ter., Adelph., Y, 3, 18. VIII,o73;Plat.,f7e/?e/j.,IV,p.63i; (2) Homer., //ywn. adMerc, 30;
Aristot., Polit., II, 3; Euripid., An- B. Quaranta, Dissert, sopra un ca-
drom., 373; Plutarch., tom. Il, p. duceo, etc., p. 9. 1102,ed.Xylaridr.; Plant. ,rr/;?7??2;H.,
innai(](i;il)l(' ([lie l;i disposition dcleiirsanses : ledessin de fîice (K'ccs j)ar(ic\s se voil aii-dcssiis du profil i\v la coupe ellc-iiK'iiic. liCs anses du prenne?' sont ioiiiiées par une simple tii;(' tordue plnsienis fois sni'elle-inénie : celles du second se coniposciit de deux têtes de monstre marin (/;/.s7/7,r), (oin! es entre cl les pai'des mon Inres et des feuilles d'acantlie. ('es deux vases sont de l'espèce de ceux qu'Homère a})pelle (i) r^s'-a; àao'//.u-£A}.ov, mot mal compris par la plnpart de lexicoj>raplies, et sii^nifiant littéralement vase (j/ii of'J'i'c de part et d autre une coupe, à savoir Tiuie pour c(jntenir le licjuide, l'autre pour servir de hase : cette interprétation s'appuie surtout du passage tl Aristolc oii ce grand naturaliste, décrivant les rayons des abeilles, coinpare à des vases amphicupelliens leurs cellules jHunies de deux cavités opposées (2).
Le vase du milieu ne peut pas être rangé dans la môme classe; car il repose sur trois griffes de lion. Ses anses, vues de piofil et de face, l'emportent encore sur celles des vases précédents : elles sont à la fois disposées plus commodément pour la main et inspirées par un motif plus pittoresque. Deux serpents se glissent vers les l)ords(ln vase, comme pour s'y désaltérer; là ils se trouvent tout à coup en face de deux lions, cfxepr^àleoi TïpoGWTra •/.a-. aù/£va (')) , lîorribles par les traits de leur face et par leur crinière, qui pour guetter leur proie ont pris l'at-
(1) Iliad., T, :;8i. (3) Oppian., de Venat., III, 8.
(2) Arist., Hist. aniin, IX, W.
5"?' Série
yS ?^-ni
titude si énergiqueineiit décrite dans ces phrases des livres saints : Reciibuit ut leo (^\)\ incurvavlt se ad insidias (^.i) , « Il s'est couché comme le lion ; il s'est courbé pour ses endjùches. » Ce qui justifie cette petite composition, c'est que, selon les idées des anciens, les reptiles, avant d'approcher d'une fontaine, se dépouillaient de leur venin, dans la crainte d'infecter leur propre boisson; et les lions, qui sont leurs ennemis naturels, devaient saisir ce moment pour les surprendre désarmés.
Ce brasier d'airain est d'une forme à la fois éléii:ante et commode. C'est un quadrilatère, qui est soutenu par quatre petits sphinx ailés, et que l'on peut porter au moyen de cinq poignées à charnière placées sur ses différentes faces. Nous disons que ce meuble , dont toutes les parties sont fixes, et qui est comme d'une seule pièce, offre quatre côtés, abstraction faite, Imcu entendu, des renflements que forment sur un de ces côtés deux parties circulaires. L'une de ces deux parties est d'abord un demi-cercle formé de deux plaques de métal , qui laissent un vide entre elles : cet espace devait servir à chauffer de l'eau, le milieu du demi-clercle étant rempli de charbons ardents. D'une part, on pouvait extraire l'eau
(1). Gen., XLIX, 9. , (2) Job., XXXIX, 1 .
3^ Série. — Bronzes. 15
chaiulc de ce dou])Ie fond, par ce robinet orné d'nn inas([ue dont la chevelure môme forme la clef, et placé un peu au-dessus du fond, afin de ne donner que de l'eau parfaitement claire; de l'autre, ce même double fond communiquait avec la seconde partie circulaire. Celle-ci est un vase cylindrique en forme de tour, dont le couvercle à charnière est surmonté d'un petit buste qui servait de bouton pour le lever. A la partie supérieure de ce vase se trouve un masque qui vomissait de la vapeur quand l'eau entrait en él)ullition; et cela devait arriver au moment même oii le liquide contenu entre les doubles parois du demi-cercle atteignait le Ho" degré de chaleur : la rapidité avec laquelle le calorique se met eu équililjre dans une masse de liquide est un principe qui n'avait point échappé aux anciens. Toutes ces dispositions peuvent se comprendre facilement au moyen de la coupe que l'on voit à la deuxième figure, coupe prise selon le diamètre des deux parties circulaires. Le demi-cercle à doujjles parois est surmonté de trois oiseaux fantastiques, cygnes ou dacnades, qui forment trois appuis sur lesquels on pouvait poser un plat afin de cuire ou de réchauffer quelques mets. Ce petit meuble devait garnir le triclinium, où il se prêtait à trois usages distincts : il pouvait chauffer l'appartement, tenir lieu de fourneau, de cuisine onde table, et fournir de l'eau chaude à volonté : on peut donc lui appliquc^r à la fois les dénominations grecques, scyaGa, T^upvov, ôspjxacxpi;, GepjxavTvfp et Gepp.avTv;piov ; et les noms latins, focus, miliariumet caldarium.
TROISIÈME SÉRIE. Ilô
On sait quel usage fréquent les anciens faisaient des boissons tièdes (I). L'usage de l'eau chaude comme boisson , en la mêlant au vin et au miel , remonte aux temps les plus anciens de la Grèce. Plus tard, Hippocrate et Aristote montrèrent que l'eau qui a bouilli en devient plus saine, et qu'elle est susceptible de se rafraîchir plus promptement et plus complètement que toute autre : et alors on fît chauffer l'eau pour tous les usages possibles. Enfin, l'habitude de boire chaud devint sous l'empire romain un signe de luxe et de mollesse, luie mode, luie fureur. L'empereur Caligula prohiba dans Rome tous les établissements dits thermopoliiun , où se vendaient les boissons chaudes, parce qu'ils ne s'étaient point fermés temporairement en signe de deuil , comme tous les autres lieux de plaisir, lors de la mort de Drusilla.
Ces boissons étant devenues d'un usage si fréquent, les habitants de l'Italie devaient avoir, pour les préparer et les servir, une foule de vases différents dont les plus curieux figureront dans cette collection; car il n'est presque point de rue de Pompéi où l'on n'ait trouvé des boutiques qui, d'après leurs ornements, devaient être des thermopolium (ti) : ce qui répond à peu près à nos cafés modernes.
(^) Fulv. Ursin., Append. de Tri- (-2) Plaut., CurcuL, II, 3, 13; Tn-
c/m.;Lips., Elect., I, A; Hieron. numm., IV, 3, ();Rud., II, G, 4-2. Mercur.; Var. lect., I, 8.
116 imOiSZES.
PLANCHE 67 hls.
De ces trois brasiers trouvés à Poinpéi , le premier est représenté sous trois aspects différents. On voit d'abord l'un des deux cotés étroits du carré lon<^, tous deux ornés d'une gravure ou nielle qui lii^ure deux branches de lierre, et tous denx portant des traces des anses f[ui s'y tronvaient attachées autrefois. Les deux grands côtés ont chacun une gravure du même genre; et le dernier est particulièrement remarquableparl'élégancenn peu capricieuse, un pen fantasque, et, si j'ose me servir de ce terme, un peu chiffonnée de ses arabesques, formées de fleurs et de feuillages sur lesquels se posent de petits oiseaux. Voilà encore un genre de style, ou plutôt \u\ goût d'ornements dont on croyait pouvoir attribuer l'invention aux orfèvres et ciseleurs de l'époque de la renaissance, et que pourtant les anciens avalent pratiqué, rarement à la vérité, plus (]('([ Il in/.e siècles auparavant. On éprouve un étonnement toujours nouveau en trouvant tant de soins de détail dans le moindre ustensile antique : trois dessins de frise différents entre eux, mais exécutés avec la même patience; à chaque angle, une pal mette gracieuse; puis pour support une griffé de lion correctement dessinée, et en outre un petit socle circulaire ! c'est plus que nos artistes ne feraient pour un vase d'argent ou de vermeil.
Le deuxième brasier figure une forteresse carrée dont
TROISIÈME SKRII:. 117
les murs sont crénelés, et dont cluujue an^le est muni d'une tour crénelée pareillement. Ces quatre tours ont chacune un couvercle par où Ton peut y verser de l'eau; et elles forment par conséquent quatre vases ou bouilloires , quatre millaria , communiquant ensemble par des canaux renfermés dans l'épaisseur des murs. Au milieu dun des cotés on voit im robinet par où Ton tirait i'eau chaude, et sur deux autres flancs du biasicr sont des anses à charnière, à l'aide desquelles on pouvait le transporter d'une place à une autre. En plaçant des tiges de fer entre les créneaux d'un mur et ceux d'un iiuu- opposé, le foyer pouvait servir à cuire ou à tenir chauds certains mets : cet ustensile répondait donc aux trois usages que nous avons signalés dans l'explication de la planche précédente.
La construction du troisième brasier est moins compliquée que celle du précédent; ses usages sont plus restreints, mais il est d'un travail plus élégant et plus orné. C'est un rectangle soutenu par quatre griffes de lion munies de leur socle , et rattachées aux quatre angles par des feuillages gracieux. La partie supérieure des quatre côtés figure des espèces de créneaux disposés enpyiaiiiides; en outre, les deux plus grands cotés portent chacun deux masques, et au milieu un groupe formé d'un lion qui dévore un taureau; sur les deux fiées les plus petites se trouvent des anses à charnière. Un ovale, qui s'ouvre au milieu du rectangle, est le récipient du foyer (ttucsTov ou Ècr/api; en grec , ignitabuluin en latiu).
planchp: 68.
De simples ustensiles de niéiiai^e révèlent encore, par la variété du dessin et l'élé^anee de la forme, ce goût que les artistes anciens portaient dans l'exécution même des objets les plus vuli^aires.
A rexception de la ([uatiièmc ligure, qui est celle d'une simple cuiller à pot, toutes les autres représentent des passoires, r.es trois premières devaient servir à des usages purement culinaires : peut-être répondaientelles à ce que nous appelons des écumoires. Chacun de ces trois objets csl ce que les Romains appelaient traa, nn instrument (pii, d'après Festus (i), servait à remuer les viandes dans la chaudière, et qui était construit cependant de telle sorte que l'eau passât au travers (2). La tndla était une espèce de trua, bien qu'elle ne fût pas toujours percée et que ce ne fût souvent qu'une sinq:)le cuiller : elle est mentionnée par Caton au nombre des instruments rustif[ues, trullas ahciieas très (3). Ces deux instruments répondent au grec Tpuê>aov ou topjvr (4)- Oii employait aussi, pour remuer la marmite, la rudicula^ qui n'était (|u'une verge de métal.
Les figures suivantes offrent le plan, le profd et
(1) Sul) vcrbo, Antroare. (i) Poil., IV, segm. 89, et X, 98 ;
(:2) YaiT., de L. L, IV, 25. Scalig., èscoliast. Aristoph.
(3) De n. R., cap. 13.
une coiipt' (11111 iiistruinent du même genre, qui, vu son ampleur, devait servir plus particulièrement pour passer le vin. Il a cela de remarrpiable qu'il est accompagné d'un second vase non percé de trous, dans lequel le premier se loge : de la sorte on pouvait transporter sans en rien perdre le liquide que Ton voulait purifier, tout en le mettant par mesures d'une chaudière dans une autre : car la trulla servait souvent de mesure pour les doses culinaires (i). Ce second vase est sans doute l'objet désigné par cette expression de A arron (2), nianubrium cavum, manche creux de la trua. La phrase de cet auteur semble indiquer que l'on appelait ^rwa la passoire percéede trous, qui avait pour manche creux ou pour accompagnement nécessaire une trulla nowtYOwée ; tandis qu'on donnait le nom de trulleiim à une passoire ou écumoire plus grande , mais qui n'était point accompagnée de \nitrulla, à moins qu'on n'en ajoutât une accidentellement. Il est facile de faire à tout ce qui précède l'application de ces noms différents ; mais, comme tous les aichéologues ne paraissent pas s'accorder avec nous sur cette interprétation , nous citerons ici le passage-textuel surlequel elle s'appuie : a Triia, quodtravolatex ca aqua. Ah eodem est appellatum tralleum, simile en itn figura, Jiisi quod latius concipit aquam, et quod niaiiubriuiu cavum non est , nisl vinaria trulla accessit. » Ici, comme dans une foule d'endroits de notre ouvrage, la citation explique la figure et la figure éclaircit la citation.
(I) Apic, de Art. coquin., IV, ii. (2) Loc. citât.
120 BRO.NZES.
PLANCIIK 69.
Une |)at('i(' (]v htonzc, du sInIc \v plus noble et de la plus parfaite conservation , est représentée ici sous trois aspeets difïérents : en plan du cote eoneave, en plan également du coté convexe, puis enfin de profil. Ses deux faces et ses l)()i(ls sont ornés de plnsiems eei'cles concentriques. liC manche est nu cylindre ini peu aplati et cainielé dans sa longueur, sauf une seule cannelure qui manque ])ar dessons et par dessns : il se termine par une belle tète de Gorgone portant deux petites ailes, et entourée seidementde deux serpentsquise nouent sous le menton, et se replient une dernière fois derrière l'oreille de la figure , de telle sorte que leurs têtes s'avancent sur la joue.
A l'endroit oii le manche s'attache à la patère, on remarcjue uncaiabcsqne gravéeà la manière que les Italiens appellent sgra/Jito, genre que les anciens ont plus souvent appliqué, avec leur gont habituel, à des ustensiles d'argent. Cette arabesque offre une particularité assez rare, en ce qu'elle n'est point symétrique : elle part (Fini des angles dn champ de la gravure, pour le couvrir de replis irréguliers.
Cette espèce de vase était appelée en latin /mtcra, du verbe /Jrtfe/e, s'étendre, parce cpie sa forme est plus large que profonde; on la nommait en grec, xpy-rp, de xscavvj;;.-. .
« je mêle, » parce qu'on y faisait le mélange d'eau et de vin que l'on servait aux convives. Ses usages étaient en outre très-nombreux : on s'en servait dans les sacrifices ponr brûler des parfums, ponr présenter au prctie Teau lustrale dont il aspergeait les victimes, et le vin dont il fiiisait une lil)atiou sur leur tèteon sur Tautel même :
Viiiaqiift marmoreas paiera fundebat ad aras ([). « Il versait avec une patère le vin sur les autels de marbre. »
On s'en servait encore pour recevoir le sang des victimes. Ce fut dans la patère même du sacrifice queThémistocle but le sang d'un tani-eau; après ([uoi il mourut (:>.), d'indigestion sans doute, disent les gens peu crédules. On plaçait encore les patères dans la main des statues des dieux, afin que les dévots y déposassent leurs offrandes : sur (jnoi, feignant de se méprendre, Denys le Tvran enleva tontes les patères et les antres objets précieux que les statues des tlieux tenaient dans leurs mains; « car il serait absurde, dit-il, de ne point accepter ce qui nous est offert avec tant de grâce par les êtres tout-puissants à qui nous demandons la richesse. » Enfin on suspendait des patères dans les temples, comme les boucliers et les tableaux votifs; on en avait dans les thermes pour verser de l'eau sur les membres des baigneurs, et on les appliquait à mille usages domestiques.
Parmi tant de destinations différentes, nous ne tente- Ci) Ovid., Met., IX, 160. (2) Cic, de Clar. Orat, il. . 3" Série. — Bronzes. 16
122 BROIS'ZES.
rons j)as (U'cléteriiiiner celle (jirii\;iil notre ])i'()n/e; toute asseitioiî de ee ii,eiire serait (raiitanl |)Iiis téméraire ([(I "aiieiine eircoiistanee dépendante du lien oii il fut ti<)u\('' ne peut nous mettre sur la voie.
r.a tête de Méduse présente une singularité assez pi- (jiiaiite. I^ans la plupart des monuments où ils l'ont représentée, les artistes anciens ont fiiit la (xori>one liorril)le de laideur, comme poui' justifier la puissance qu'elle a\aii de pétrifier tons ceux (fui la regardaient : ici, au contraire, elle est belle; et il faut bien c[u'elle l'ait été en effet pour expliquer routrage que Neptune lui fît dans letenqjie de Minerve, ^lais peut-être la déesse offensée lui a-t-elle enlevé sa beauté, en même temps qu'elle a changé ses cheveux en serpents.
Quant aux ailes qui ornent cette tête, on les trouve également dans j)lnsieurs monuments pul)liés par Dempster et pai- les académiciens d'Herculannm.
Les cniq vases de lironze (pie cette planche offre réunis paraissent avoir été employés à verser l'huile dans les lampes : tel est du moins l'usage évident des trois premiers, rpii ont le bec allongé et fait en (\inal, l)ien (pi'ils portent, connue on va le voir, plusieurs attributs qui appartiennent plutôt à Bacchus (pi 'à ^linerve.
Le récipient des lampes antiques avait peu de ca-
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pacité ; Icm-s iiièclics étaient foit i; rosses : de l;i devait résulter la tiéeessitédereiiouvelersoiiveiit i'imile; et pour cela il fallait aAoij- sous la main un vasespéeial. \ase qui, suivaut l'usage coustant des aueieiis , devait être d'uu prix et d'un travail proportionné à eelui des lampes mêmes (juil desservait. JI a été fiieile de déterminer les vases de terre euite qui répondaient à des lampes de pareille matière; mais parmi les vases de bronze fjii'ont produits les fouilles, eeux-ei sont les seuls qui puissent correspondre à ces lampes de métal si nombreuses et offrant pour la plupart un dessin si original et un travail si précieux. On croirait facilement à l'existence d'un plus grand nombre de vases de cette espèce ; et il n'y aurait aucune vraiseml)lance à ne point admettre au moins ceux-ci.
Le premier, dessiné de pi'ofil, a près de lui son anse vue de face. Celle-ci est formée d'un petit Satyre , nouant autour de son cou une peau à laide de laquelle il retient sui- ses épaules nn objet peu distinct et impossible à décrire. Ses pieds de bouc posent sur un panier de raisin.
Le second vase au contraire se montre de face, de sorte que c'est le profil de l'anse qui a du être dessiné à part. Cette anse est formée d'un terme (jui repose sur une co([uille et qui supporte un ])uste de jeune homme enveloppé d'une peau d(> lion. A côté de ce vase on a représenté les cercles concentriques qui ornent le dessous de sa base : ce dessin suffira pour donnei- une idée des
124 ' BROISZES.
oriU'iiKMitsdii iiirmc i^tMuxMjuc Ton trouvcdjins Icsaiitrcs.
Vient t'ii troisième lien un vase dessiné de profil et précédé de son anse \i\c de liiee. (^elle-ei est formée de trois loni»nes feuilles, lesqnclles partent de la ceinture d nn jenne lioinnie Noilé et tenant des denx mains snr sa poitrine nn liè\ j'c dont la tête pose sni- son épanle gauche ; les i'enillaii,es s'appuient, à la j)artie inlV'rienre de ranse,snrun masfpie d'enlant cpii a des oreilles semhlal)les;i celles dini Satyre. L'anse, en atteii^nant les hoi'ds de roriliee dn vase, se divise, et v forme den\ têtes de cy-ne.
1 iCs deux derniers vases, vns de profil, sont d'nne forme I)eanconp plus simple ([ne les précédents. T/anse de l'un d'eux est presrpie unie , et terminée par nn mas([ne satyriqne; celle de l'autre est ornée de fenillai^es pins compli(piés, etseterjnine par une tête déjeune homme coiffée dn bonnet phrygien . Nous donnons une représentation de cette anse vue de face, et une autre de l'orifice du même vase, vue d'en liant : on peut juger par ce dernier dessin combien la forme du bec de ce vase le rendait propre à l'usage cpie nous avons assigné.
fiC dessin seid peut donner une idée de l'élégance et de la beauté des ornements de ce vase, qui est une espèce de seau {situla). Nous nous contenterons de finre remarquerl'habile disposition de ces deuxanses, (|ui ne s'atta-
J/. Jt^^z^'X^ a^^i^'
• TROISIÈME SKRIE. • • 12Ô
client point aux extrémités <rmi même diamètre, mais bien à qiiekj ne distance de part et d'antre, de sorte ([ne celni ([ni porte le vase pent cependant les léiniir ditiîs sa main par la partie snpérienre : de là résnlte ([iTnne fois ces deux anses ainsi tenues, le vase ne saurait oscilleren aucune manière, ni laisser toiid)er une goutte du liquide, dont il peut être rempli jus([u'au bord. 1/are extérieur de ces deux anses est orné d'une tresse d'argent; et la frise supérieure du vase est une damasquinure du même métal , genre de travail qni , (;omme nous l'avons déjà démontré, a été en usage dès les temps les pins reculés (i).
Quelques animaux ornent la frise inférieure : c'est une espèce de héron plongeant son cou dans l'eîui, un eerf" qui broute, un griffon dévorant sa proie; des mas([ues placés entre les deux anses sont parés de diadèmes , de bandelettes et de feuillages; enfin, trois monstres satyriques supportent le vase : on voudrait peut-être trouver dans tout cela quelque allusion mythologique on historique , quelque trace de cette érudition qni est connue le cachet des artistes de l'antiquité. Après bien des recherches et de longues réflexions, nous devons déclarer (]ue nous n'avons rien décon\Trt qui put répondre à ce désir : par une exception assez rare , nous ne voyons dans tout ces ornements que des fantaisies du modeleur, fantaisies qui n'ont même aucune liaison entre elles.
(l)Voy.pl. 7à3-2, pair. iOetsuiv.
Vu toiHi intérieur dw \ase se trouve ei'euse un canal (jui (Ie\ait j'etenir le sédiment de IVaii (|nand on la xcrsait.
Kniin, l'épigraphe (ju'on lit sur les deux anses ranime ce vase parmi eeu\ ([ne les T/itins appelaient littcrati\ et les Grées -c/aaaTi/.ou (]etle inserintion désii^nait d'ordiiiaire le propriétaire de l'objet : ainsi (piOn levoitparce passai;(' de filante (i) dans lecpiel \\n esehnc dit d'une urne (pi il porle :
Xaiii liii'c, liltonita est : ab so caiitat ouja sil. « Oli ! c'est un vase lettré : il vous dit de lui-nirnie à (|ui il appartient. »
\otre \ ase appartenait done à nne femme nommée Cornelia (^lielidon ou Chelido : peut-être était-ee cette Cliélidon inaii resse du procojisul ^ Crrès (!->.), curieuse, comme son aiitiuii , de vases et de bronzes précieux. Ce nom est écrit au i^énitif , C(3RNELTAES. CHELIDOMS; et l'on remarqne dans le premier mot [\]\c désinence du génitif de la première déclinaison latine, cpii est certainement plus rare qne AE et même ([ne AI on AS, mais qni se rencontre ponrtairt dans qnel([ues moninuents (3\ et particnlièrement dans des ijiscriptionsde Pompéi.
(l)Plaut., Rud., II, 5, i21. (.Jj Marin., Fralr. ArvaL,USet
(2) Cic, m T>/v., II, l,iO,adfni., seq(j. elAscon., il)id., 40.
Nous avons déjà eu l'occasiou de faire voir à quelle haute anti(|uité remonte i art d'orner des ustensiles de métal par liuerustation dantres métaux (i). Cet ait prit un grand développement vers la lîn de la répuljlique romaine et dans les dernières années deTempire. Du temps de Sénèqne on tronvait pen d'ustensiles d'argent qni ne fussent point inerustés d'or, et Cieéron eite déjà un exemple d'nn pareil luxe quand il nous peint l'insatiable \ erres qni, sons prétexte d'admirer le travail d'une conpe d'argent, la dépouille de tout l'or qui s'y trouvait enchâssé. Le mnsée royal de Naples offre une foule de vases tirés d'Hercnlannm on de Pompéi dans lesquels l'art a mêlé habilement l'argent à l'airain.
L'opération par laquelle nn métal s'unit à un autre métal était d-ésignée en latin par le terme générique ferriiminare (2), mot qui exprimait si bien la ténacité avec laqnelle deux choses adhèrent l'une à l'autre, c[u'un poëte comiqnes'en est servi pour peindre l'étroite iniion des lèvres qui se confondent dans nn baiser (3).
Lorsque le métal ajouté formait des bosses ou un relief sur la surface oiiil dessinait des ornements, ces ou-
(1) Voy. pi. Ta 3-2, pag 10 et siiiv. (3) Plant., }Lil., IV. 8, 23.
(2) D/V/., lib. 27, deAcq. rer. clom.
vraies s'appelaient eu i^rec â'aéAr.aaTa, eiuhlèines; et l'art de les faire était dési'^iié par le mot u.(:ir,zi.y.x. De quels noms seseivaient en ee cas les Latins, c'est ce cpie nous n'avons j)n découvrir : saint Jérôme nous apprend seulement ([ne si ces ornements étaient d'or, les ouvriers (|ui les exécutaient s'appelaient fîgurémeut inclusores
(UU't. »
Après avoii- examiné attentivement et comparé entre eux un grand nombre de vases du nuisée de tapies, nous pouvons affirmer (pie Y art cmblckiqne employait deux pn^cédés différents. Ouehpies fois les oiMiements étant déjà tracés et relevés en hosse sur le métal plus connnun (jui fiiisait le fond de l'ouvrage, on se contentait de les revêtir d'une feuille trés-mince du métal plus précieux. D'autres fois on encastrait et soudait dans le cuivre t)u l'argent les ornements d'argent ou d'or déjà tout achevés en relief, ou seulement bruts et grossiers; et dans ce dernier cas il fallait les retravailler au ciseau après les a\oir mis en place.
3Iais quand les ornements étaient au ni\eau du tond même, quand toute la superficie du métal restait unie et polie, les objets d'art ainsi décorés s'appelaient en latin cnistœ (i), et l'art de les travailler était désigné par le mot grec hj-yj.G-iv,l {'>). Cet art empœstiqiie des Grecs est absolxnnent identicjneavec la damasqninure, si usitée au (piinzième siècle pour orner des filets d'or ou d'ar-
(1) Cic, Yerr., VI, r;î>. (2) Athcn., Deipnos.
TROISIKME SÉRl?:. " 159
gent les armures tracior. On creusait, comiiu' nous Favons dit(i), la surliice du métal principal, puis on remplissait les vicies, soit en y encastrant de petites lames du métal plus précieux, soit en coulant ce même métal fondu : ensuite on aplanissait toute la surface à l'aide de l'instrument que les orfèvres appellent rasoir (en italien , rasoré) j et enfin on la brunissait. Sur cette damasquinure on ajoutait même cpielquef'ois des gravures au hurin. Cet infatigable écrivain qui embrasse dans sa vaste encyclopédie tous les produits de la nature et de Fart, Pline, parle de deux espèces de soudure qui devaient servir pour l'end^létique et l'empcTstique, et qu'il désigne par le non de santcrna (!2).
Revenons au vase ([ui fait le sujet de cette planche. Il a été trouvé à Ponipéi, près de l'entrée d'une maison qui fait face à la porte latérale de la crypta d'Eumacliia. Sa coupe est des plus élégantes, et ses ornements variés, tracés par l'emblétiqueà l'aide de petites lames d'argent, ressortent admirablement sur le fond obscur du bronze. C'est, de tous points, un chef-d'œuvre dont l'étude doit être recommandée aux orfèvres et aux ciseleurs modernes : ils en pouri'ont imiter au besoin six modénatures différentes, toutes également délicates et gracieuses ; ils se pénétreront surtout de cette heureuse proportion entre le vase même et son support f[ui produit dès la première vue l'effet d'un équilibre naturel.
(I) P;l^^ 1:J ot suiv. (-2) l'iiii., His/.7int., loin. II.
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Ce vase, ne portant aucun emblème fjni appartienne à une divinité, et ayant été trouvé dans une maison particulière, était sans doute consacré à des usaij;es purement domestiques.
On peut appliquer à ces anses de vase les réflexions qui nous ont été si souvent suggérées par la perfection du travail et la variété du dessin des moindres ustensiles antiques. Ces mêmes qualités régnent encore à un degré surprenant dans le léopard et la tête de Silène qui ornaient sans doute un vase bachique; dans les feuillages et les fleurs de cette seconde anse ; dans la tète de Méduse , les palmettes, les deux tètes de nndet allongées et le pouce qui forment la troisième ; dans ces arabesques terminées par une guirlande ondée ; dans cette tête de Bacchus couromiée de lierre ; dans cette anse terminée en bas par une figure de femme, et en haut par deux doigts ; enfin, dans ce visage de Faune aux oreilles de chèvre , si capricieusement entouré d'arabesques.
Les cinq vases de bronze rassemblés dans cette planche sont du g('iir(> de ceux que les T;atins appelaient //jy/z/V/,
EUCTIZSS
sitiila OU sitclla (seau). C'est dans la.577///c/(ju(' l'on mêlait les bulletins qui déeidaient du sort (i), et Vhydr'ia était quelquefois lui vase sépuleral (2) : mais ou s'en servait principalement pour puiser l'eau et pour la conserver. La variété et l'élégance des formes de ces ustensiles, la recherche de leurs ornements, comparées à l'uniforme grossièreté de ceux que nous employons aux mêmes usages domestiques, ne seraient point des raisons pour leur assigner un usage plus noble. Les simples hydriœ ou sltuUe étaient souvent d'un travail exquis et quek[uefois même d'un métal précieux. Parmi les noml)reu\ larcins que l'orateur romain reproche à la rapacité connaisseuse de Verres, on remarque quelques seaux d'argent (3). Peutêtre ces belles hydries paraissaient-elles dans les festins toutes pleines d'une eau pure, de même (|ue les cratères servaient à contenir le vin et les mélanges.
Les trois premiers de ces vases ont été trouvés à Pompéi : l'un est remarquable par sa double anse, pareille à celle d'un vase déjà décrit; le second, par ses trois piçds et sa bordure garnie d'une tresse d'argent dans le genre appelé emhlétique^ et le dernier par son anse-(|ue terminent deux têtes de canard.
Le quatrième vase est d'une forme plus élégante que les précédents : il est aussi plus antique et le tra\aJl en est grec; il provient des fouilles de Psestum. Les orne-
(l) Plaut.,6\iss/f/., H, 6, G et 11. (3) Gic, le/r., IV, 19.
(2)Murat., «i-str//;/., 118 5. 10.
n'2 BiiorszES.
iiiciits au\(|ii('ls se laltachciit les amicaux de sa double ause sont d iii\ iJ,()ùt partait.
Mais le plus j^iaiid et le plus orné de ces vases est le cin([uièiiie, ((ul n'a pas d'anse , et (pii a été trouvé à Pompéi. lin dessin sni- nne pins grande éclielle est destiné à donner mie idik' exacte de sa l)oi'(lni'e et des ornements latéranx. On peut reconnaître dans les ornements de ce i^enic (pii embellissent (piehpies monuments romains l'orii^ine de ceux (pi'employa plus tard le luxe oricnlab el (|iii, com])rKpiés cucoi'c et nudtiplic's ])ar les Arabes , ont tiré de là le nom d'arabes([ues. On remarque (In reste dans cette ])etite composition des palmettes fort bien dessinées et descontournures fort gracieuses; mais peut-être y man([ue-t-il encore cette continuité qu'offrent certains oincments orientaux et surtout ceux de la renaissance : le mérite de ces figures très-compliquées consiste précisément en ce qu'elles sont tracées à l'aide d'un ou de deux filets ([ui se croisent et se recroisent à l'infini, sans jamais s'interrompre ou se mêler. La frise du vase offre un modèle d'un goût plus suret d'une époque jnienx mar(|uée.
Les ornements du vase j)ompéieii sont moulés et frappés à l'aide d'une es]:)èce de type creux : ressource fort connue des anciens, et souvent pratiquée par eux pour reiid)eHissement de leurs ustensiles de métal, au lieu de la dispciidieuSL' ciselure.
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Les vases que nous avons vus jusqu'ici étaient remarquables par la beauté des formes, Télégance des ornements et le fini du travail : en voici deux qui se recommandent non-seulement par ces qualités communes à un si grand nombre d'antiques, mais encore par la nouveauté et la bizarrerie de la composition de leurs anses. Ce sont les motifs de ces parties qui rendent ces deux bronzes iniiques dans leur genre, et les placent au premier rang parmi les raretés que contient le musée deNaples.
L'un est une liydrie dont les deux anses, toutes pareilles, sont représentées en grand par la figure cpii occupe le milieu de la planche. Chacune est formée par deux combattants nus jusqu'à la ceinture : un vêtement pareil à nos caleçons, mais fait d'une étoffe de mailles, les couvre de la ceinture à la cheville. Ils paraissent au moment même de s'attaquer, et d'vuie main ils tirent leur épée courte, ou parazoniu m, suspendue à leur cou par un étroit baudrier, taudis qu'ils se tiennent mutuellement de l'autre bras, eu posant l'un sur l'autre leurs boucliers de forme allongée. Cette heureuse disposition donne une prise connnode pour saisir le vase par ses deux anses ou par ses deux oreilles, comme disaient les anciens. Leur cheveluretombe surleurs épaules, partagée
Cil dciLV Ircsscs oii(lo>[intL's aiilour ck'S([Ucllcs s ciirouic une bandelette; leur barbe se divise également en deux parties sui" leur poitrine, oiiié ed'un eollier. Sous le terrain (jui porle les (leu\ guerriers s'arrondit une espèce d'écussoii eli.irgc'; de deux, petits boucliers pareils aux leurs, et a})puyés sur deux liuiccs croisées : l'anse se termine enlin par une tête de victime. Les ornements de la l)()rduie appartiennent à l'art empcTsticpie ou emblétique , et sont formés de cuivre et d'argent.
Il est diflicilc (1(^ déterminci- à (jucllc nation, à (piel genre de combattants appartiennent les deux personnages représentés par nos figurines : car sur tous les monuments anciens les vêtements dont sont couverts les membres inférieurs des guerriers, soit romains, soit barbares, n'ont aucune ressemblance avec ceux de nos deux champions. On peut su])poser ;\ la vérité cpie l'artiste a voulu représenter une paire {par) de gladiateurs : voyons s'ils peuvent appartenir à l'une ou à l'autre des douze classes que nous allons ])asser en revue.
1 . I iCs andabatcs coiid)attaient à cheval, les yeux couverts par un bandeau, ou au moins par la visière de leur cas([ue , ([ui retombait eu a\ant (i),
:>,. Les Tliraces [•>) étaient ai'iiiés d'un cimeterre recourbé et d'un petit bouclier {parnia)^ suivant l'usage du peuple dont ils empruntaient le nom.