‹ Herculanum et Pompéi (volume 3)Chapitre 18 sur 22 · Les niirmilloas avaient une épée courte, appelée · texte numérisé non relu

Les niirmilloas avaient une épée courte, appelée

.v/cYi^ et un grand bouclier; leur casque était orné de

(i) Lips., 6rt/., II, 1-2. (-2) Malf.,/yw,y. Ycron., p. ! -U, n. ±

TROISIÈME SÉRIE. - l3.'>

l'image d'un poisson : on les appelait aussi Cai/lois. Ils combattaient contre les Tliraces etlesrétiaires.

4. Les rétiaires portaient d'nne main nn trident et de l'antre un filet: ils étaient vetns d'nne tunique, et poursuivaient le mirmillonen criant : a Ce n'est pas à toi que j'en veux, Gaulois, c'est à ton poisson (i). »

5. Les hoplomaques étaient revêtus d'une armure complète (2). On les appelait aussi Samnites.

G. hes proi>ocateurs, adversaires des hoplomaques, ou des Samnites (3), étaient armés à la légère, afin de harceler leur ennemi et de l'attaquer avec avantage lorqu'il était fatigué.

7. Les dimachères combattaient avec une épée courte dans chaque main. ■ ' *

8. Les essédaires paraissaient toujours dans l'arène montés sur des chars (/}).

9 . Les sécuteurs étaient armés d'une épée et d'une massue plombée; ils prenaient la place d'un autre gladiateur qui avait été mis hors de combat : c'est pourquoi on les appelait aussi éphedres (ê'cperîpoç) ou tertiaires. On donnait quelquefois le nom de sécuteur aumirmillon, qui combattait le rétiaire, en le poursuivant quand il avait jeté son filet (5).

10. Les méridiens étaient introduits dans l'amphithéâtre vers le milieu du jour, souvent après les bestiai-

(i) Yoy. pi. 31 , 48 et 58. (4) Suet., Ca//«7.,3o; \(\.,Clau(l.,

(2) Martial., Epigr., YIII, 74. 21;Cic.,E/3/5/.,vil,10;id.,.Sfj"/.,o9.

(3) Gic, SexL, C4, in mrd. (5) Apul., 1^1 et., A.

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res. Ils se battaient entre enxà l'épée, presque nus et dépourvus d'armure défensive (i).

1 1 . Les /^^i-^/r/Zr^^étaientchoisis, parmi les plusadroits et les plus courageux des gladiateurs, pour combattre les bêtes féroces.

i'2. hci>flscau.x étaient des gladiateurs entretenus aux dépens du fisc ; plus tard on les appela ccsariens, parce qu'ils paraissaient dans les jeux publics donnés par les empereurs; et ils reçurent encore le nom de postulés ' parce que , étant les plus vaillants et les plus lial)ilesde ceux qui exerçaient ce triste métier, le peuple les demandait, les appelait souvent dans l'arène.

Enfin, on appelait catervaires les gladiateurs qui se battaient par troupes en faisant une espèce de mêlée : ceux-là ne formaient pas une classe particulière , mais on les prenait dans les différentes classes que nous avons désignées ci-dessus, et même parmi les pugiles , atblètes qui condjattaient à coups de ceste (9.).

On voit qu'aucune de ces classes , si ce n'est peut-être celle des méridiens , ne répond particulièrement à l'idée que donne la sculpture de notre vase. Il faut donc supposer que nos deux gladiateurs forment une espèce toute spéciale ; et en effet , dans un spectacle assujetti aux lois variables de la mode et à l'engouement passager du public, les entrepreneurs, jaloux de réveiller des

(1) Senec, Epist.,\U. Mazocclii ; hi inscript, innlll. am-

(2) Tsidor., EtymoL, XVIIÎ, 53 ; phith., IV, 17. Just. Lips., Srt/î//7L .S>;"»î., Il, 12 ;

goùts raciK^Mieut blasés, devaient inventer sans eesse (les eombinaisons non\ elles (l'ainics et de eostumes, des manières de eond)attre qni ne se montraient pent-être (junne fois, et qni ne jX'Mvent être classées dans ancnne catégorie. C'est ponr cela même qne, plnsienrs jonrs avant les jenx, celni qni les dirigeait , Veditor nuineris , annonçait an penple , par des affielies, non-senlement qnelles sortes de gladiatenrs et combien de paires de chaqne sorte devaient paraître dans ramplntliéâtre, mais aussi les noms de chacun d'eux et quels signes, quelles armes, quel costume particulier devaient distinguer cha- (pie couple. Or ces cale(;ons de mailles, ce collier, cette coiffure, paraissent constituer précisément, chez nos gladiatenrs, de pareils signes conventionnels, beaucoup plus qu'un costume national. Ce seraient donc des méridiens dont Tarmnre et tout Textérienr anraient été nn peu modifiés. Ce ([ni augmente les probabilités en faveur de cette explication , c'est le lien où notre vase a été trouvé. De toutes les \illes de la Campanie, Pompéi était la plus folle de spectacles et de jeux pul)lics : si on la trouve mentionnée dans l'iiistoire , c'est à propos des rixes (jni s'élevèrent dans son ampliitliéàtre. Et dans cet amphithéâtre , magniri([ne édifice (pie les fouilles nons ont rendu presque intact, on tionve encore lesnuirsconverts d'affiches dn genre de celle dont nons venons de parler : l'uneou l'antre a)ni()n(;ant avec de pompeux détails les plaisirs d \u\ lendemain <jni ne devait pas luire!

Les sépulcres mêmes reiulent témoignage des cruels 3' Séries. — Bronzes. 18

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hoiineiiisqiiccettecitéaccordaitàsesniort.s: imbas-iclict", tromccii iSi:^, représente les conihats ([iii eurent lieu aux funérailles (le Quint us \iii|)liatus, fils de Publius , ou plutôt les jeux que ee Quiutus Ampliatus fut char<>é (le diriger en riionueui- de Castricius Scanrus (i).

Une aflielie, eélèbj-e dans les fastes de rarchéologie, et peintecommed'usaj^esurl'albuin mural, ainioneaitqu'un e()nd)at de «gladiateurs durerait cpiatre jours consécutifs, c'est-à-dii-e le 5, le 4^ ^*^ ^ ^^ l'^ \eille des calendes de décendjrc. Une autre fiiisait connaître (jue la famille de i^ladiîiteurs de N. Papidius llufus doiuierait, le 4 (U^s calendes de noveHd)re, une chasse et d'autres jeux publics; et cet avis était coidirmé par Ojiésinuisou Octavius, chef et instructeur (^lanista) de cette même famille. Partout où des patriciens comme Papidius nourrissaient une troupe ou famille de gladiateurs à leurs ordres, la troupe avait une école et un maître comme cet Onésinuis ou Octavius. 11 est donc possible que le vase dont nous entretenons nos lecteurs ait appartenu à lui de ces hommes dont la condition était à la fois si abjecte et si nécessaire aux plaisirs du public : peut-être même ce vase a-t-il été offert, décerné à un Onésinuis , à un Octavius, connue récompense et comme marque d'honneur. De pareilles contradictions se retrouvent dans les mceui's de tous les siècles.

{{) ^VxWm, Description des tom- de Pompéi; Mnzo'xs, Ruines de Pombemix de Pompéi; Clarac, Fouilles péi; ï" vol. pai- L. Barré.

3™GéTif

H. I^tcçc-- G^cnc- .

1VI°. B^ V. P, . -p . 47.

TROISIÈiME SÉRIE. 139

r/aiiti'c vase (le cette planclic, il la forme (lii(|iiel répond la dénomination iVurvcoIus^ n'a (jn'nne senle anse, eneoie pins reniar([na])le sons le laport de Fart qne celles dn premier. Klle est formée d'ini lieiniaphrodite ailé, dont le torse est entièrement ini : cet être aml)iii;n, dans le([nel se confondent les beautés propres aux deux sexes , place gracieusement sa main droite sur sa tête comme l'Apollon l}cien, et de sa main gauche il soutient une draperie qui ne lui couvre que les cuisses et les jambes; les tresses de ses cheveux tombent sur son beau sein orné d'un collier; et ses deux ailes, étendues derrière lui, vont se rattacher à la l)ordnre du vase. Le petit piédestal de cette figure est soutenu par le buste d'ini Génie ailé, qui forme bas-relief sur le ventre dn vase, et qui tient entre ses bras un canard.

Les deux parties de cette petite composition s'accoi dent parfaitement : on sait à quelles idées se rattachait pour les anciens la création voluptueuse de l'hermaphrodite; l'oiseau placé plus bas est encore le symbole de ces mêmes idées : en effet, le canard était consacré à Priape; il était chéri des matrones, qui célébiaient entre elles les mystères dn dieu de Lampsaque.

Le premier de ces deux beaux vases de bronze, en

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suppriinanl Tanse, présente à peu ])iès la l'orme <1 un brodecpiin. il porte sur iiiu; jx'tite base eireiilaire, et la bizarrerie de sa Ibiiiie a été ealeiilée sans doute poui- (ju'on put verser sans effort la litpieur <pi'il contenait; ear, lorscpi'il était plein, le eentre de i:,ravité devait à peine l'eposer sur la base. Le bord esl orné dun lani; d'oves que surmonte un eollier de perles. Mais (^e qui en fiiit le principal mérite, c'est ia richesse de son anse, formée d'une tij^e ([ni se leeouibe en jetant cà et là divers feuillages, et qui, s'étant di\isée par le haut eu deux branches, vient les poser su i- deux cornes d'abondance collées aux parois du vase. Les bords, à la suite de l'anse, sont encore garnis de deux chevreaux couchés qui se regardent. Quant à la partie inférieure de la tige , elle se divise en feuillages d'acanthe appli(piés sur le vase, au milieu desquels on voit la figure ailée d'un jeune garçon, pressant sur sa poitrine, avec un mouvement plein de grâce etde légèreté, un objet qui paraît être vine outre. (]es ornements indiquent un vase destiné à contenir i\i\ vin : peut-être était-il consacré à des usages domesticpies; mais sa petitesse porterait à croire plutôt qu'il était employé dans les cérémonies religieuses, et, selon toute probabilité, dans celles ([u'on célébrait en l'honneur de Bacchus. Cette figure d'enfant pourrait bien en effet être Bacchus lui-même. Les ailes ne font point difficulté; car Pausanias parle d'un Bacchus Psila, c'està-dire ailé : et cet auteur fait remarquer ((ue le vin allège l'esprit et le soulève, pourainsi diie, comme lesailes

soiitieiiiient l'oiseau dans les ali\s; considérations (jiie nous a\07is déjà lliit valoir dans l'explication d'nn des hron/es (i).

Ce qui appuie eucore cette conjecture, ce sont les deux chevreaux : cai" on sacrifiait cet animal à lîacclms, après avoir versé dn \ in snr son Iront, connue en expiation du dommage qu'il canse anx \iL;iies : aussi le poète a-t-il dit (2) :

Kode , (;apei\ vitem ; tamen hinc , quum stabis ad arani , In tua quod fundi cornua possit erit.

« Ronge la vigne, ô chevreau ; elle produira toujours autant de vin qu'il « en faut pour le verser sur tes cornes quand tu seras devant l'autel. »

Si l'on ne veut point voir ici un Bacchus, ce sera dn moins un Génie bachique, celui de tous les êtres allégoriques de cette espèce auquel s'appliquent le plus naturellement les expressions latines, placare Geniiim (3), indulgere Genio, defraudare Genium, etc. Ou offrait aux Génies du vin, de l'huile, de l'encens, des fruits et des flenrs(4); mais le sang ne coulait snr leurs autels cpie dans les fêtes du jour natal (5) : l'un d'eux peut donc être représenté sur un vase bachique , comme sa mbole même de l'exaltation, de la fureur poétique que produit quelquefois le vin.

La forme du deuxième vase est plus simple , plus cor-

(1) Yoy. Bronzes, bustes, pi. ri. Amor., I, 8,9i ; TibuU., I, 8, :\0, et

(-2) Ovid., Fast., ï, 3r)7. H, -2, 3.

(3) Horat., de Art.puet., 210. (5) Hor., Carm., IV. 11,7; lit.

(-4) Plin., XVIII, 8, 10; Ovid.. Liv., XXI, 62.

142 HROiNZES.

j'ccte , mais plus coiiinuiMc : il n'a d'autre oruciiUMit ([ue ('eu>L (le son anse, attacliée aux boi'ds par deux trtcs d'oiseaux, rouverte de feuilles de xij^iicsel de |)almettes, et s'appuyaut sui' uue belle tête ([ui doit être celle (\[\\\ Satyre. Klle a eu effet ce caractère (pie les Latins (N'sii^neut par l'épitliète sinius, les yeux et la bouche lubriques, lesoreilleseu pointe, les cornes droites, et le front déprimé et couronné de lierre. Les Satyres étaient de la suite de lîacchus; leur audace exprime bien les effets du \iu,(|ui, comme le dit Horace, c( jette dans les combats un honnue désarmé, » lit prœlia trudit iiierinein(^\). Ce second vase est donc bacln([ue (x^mme le premier.

Le caldarinni de bronze que représente cette planche, fort intéressant sous le rapport de sa destination, l'est encore plus par la sin<^ularité de sa forme, l'entente de sa disposition, et l'élégance de ses ornements. Le corps du vase est une figure presque splîéri([ue , tron([uée à sa partie supérieure, où se trouve l'ouverture : la surface du sphéroïde est divisée en dovr/e gros fuseaux convexes an dehors, et la cavité intérieure contient un cvlindre, (jui, rempli de charbons ardents , doit chauffer le li- (piide dont il est environné. La bouche, rétrécie par un

Bl^ONZES.

TROISIÈME SKRIK. 14;i

cercle horizontal un peu incline veis le centre, est fermée [);ii' (len\ couvercles : l'un, plat et entièicinent mobile, a un tiou dans le milieu pour laisser ouverte la bouche (lu fourneau c\ liu(lri([ue en couvi-aut seulement le li- ([uide; l'autre, de Ibrme conique et cannelé, est attaché pai- une charnière au cercle horizontal rjue nous avons indicjué, et il enveloppe à la lois et la bouche du fourneau et le couvercle mobile. T^e corps du caldarium est soutenu par trois pieds de lion posés sni- trois petits socles ronds; il est muni latéralement de deux anses à volutes, d'une forme très-heureuse, et couvertes d'ornements bien travaillés. On peut y introduire le liquide, non-seulement par la «grande ouverture , en levant les deux couvercles, maisaussi par un petit récipient ou une. espèce d'entonnoir, c[ui a hd-même la forme d'un petit vase , et qui est fixé , à distance éii,ale des deux anses, audessous du bord du caldarium , parle moyen d'iui petit tube servant de communication avec l'intérieur du i^rand vase. A l'extrémité opposée du diamètre, et à moitié de la hauteur du sphéroïde, se trouve un autie tid)e formant jadis robinet au moyen d'une clef rpie. Ton n'a point retrouvée : il servait à extraire le liquide du vase. La disposition de cet ustensile en détermine suffisamment l'usage : il répond au i»oùt, au besoin des boissons chaudes, ([ui était i;énéral chez les anciens (i), aiîisi

( 1 ) \inhj)e cali(I(j,j'rigido ac lom- calido in deliciis iderenlur. Roma3, perafo anfirjuorui/i i)o(i/,e( quomodo IGri.'J.

(jjK' nous l'avons déjà in(li([né (i). Les auteurs du musée (l'MercuIauum (ont remar<|ii('i- avec laisouque, moyeniiarït nu petit u()nd)re de luodificatious, ce vase s'adapterait parfaitement anx usaj^es modernes, et pourrait ser- \ir non-seulement à préparer le thé et d'autres infusions (In même genre, inais même à faire le honillon : par le moyen dn lohinet , on ponrrait extraire la partie la plus pni-edn rK[ni(le, en laissant les viandes qui se tiendraient eliaudes avec l'autre portion. Cela revient à plusieurs marmites économiques modernes qui ont été données comme des inventions, des créations d'un génie progressif.

Index des diverses parties delà planehe.

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