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TROISIK.MK SKRIE. 29
La lampe dilychne de bronze trouvée à Stabia en 1782, et représentée ici de fiice et de profil, est une des plus précieuses du musée d'Herculanum ; c'est peut-être même un monument unique dans le monde. Ce prix ne lui vient pas de sa forme, que nous ne décrirons point, vu que la planche en donne une idée suffisamment distincte : mais ce qui mérite tout l'intérêt des amis de l'antiquité , c'est la mèche de cette lampe , conservée dans son entier depuis dix-sept siècles. Elle n'a point été trouvée, à la vérité , dans la position oii nous la dessinons aujourd'hui, et placée dans le bec de la lampe; mais elle était repliée dans l'intérieur de cet ustensile , qui lui-même était enfoui dans la cendre ou la terre. Il faut observer qu'à Stabia et à Pompéi certains corps fragiles et faciles à consumer, qui étaient adhérents à des objets métalliques ou renfermés dans du métal , ont été trouvés parfaitement intacts, surtout quand ils avaient été peu exposés à l'action de l'humidité : ainsi, quelques casques tirés des fouilles de Pompéi avaient encore la laine qui les garnissait à l'intérieur; ainsi, à la porte principale du temple d'Isis la partie d'une poutre de sapin qui touchait aux gonds de bronze était intacte, et conservait toute sa solidité; enfin, on voit au nuisée quelques monnaies de cuivre, autour descpielles tient encore la toile qui K'iir
scrxail (rciixcloppc. La iik'cIic de noire lampe est de Iju peigne, mais non filé, et senleiiient tordu de manière à former une espèee de eorde. Le lin devait être en effet la matière «^énéralemenl employée ponr eet nsai^e , vu que cette plante était orii^inaire de rEii,ypte, où les lampes paraissent a\oii' été inventées. Le coton, cpii dans l'antiquité était cultivé sur les frontières de l'Egypte et de l'Arabie (i), ne parait avoir été introduit en Europe que vers le i'.>.^ siècle de notre ère, par les Arabes, (jiii le (Miltivèrent en l^.spagne. Les anciens employaient aussi le chanvre pour les mèches de leurs lampes. Mais le chanvi-e et le lin étaient trop flexibles pour les lampes dont l'ouverture était perpendiculaire : de pareilles mèches devaient retomber trop facilement dans l'huile : c'est pourquoi on appliquait aussi à cet usage le fil de la plante appelée par les Grecs cpVj'fxo; (-2) et par les Latins vcrbascus (3), et (pii doit être notre bouillon-blanc ou molène; on se servait également du papyrus (4).
Les chaînes qui suspendent cette lampe sont interrompues par un cartouche, destiné probablement à recevoir quelque inscription, mais qui était demeuré vide.
Notre planche représente encore , en plan et de profil^ deux paires de pincettes destinées à moucher la lampe, et nn petit crochet pour lever la mèche. Ces instruments sont en très-grand nombre dans le Musée napoli-
(1) Plin., XIX, 1. (3) Dlo.cor , IV, lOC).
(2) Plin., XXV, 73. [A] Voget., de Re vclci\, I, :.■/,
TROIS! i:.MK SÉUIE. 31
tain, car on en a trouvé dans toutes les maisons des trois villes anticjues : et c'est d'après cela niéuie qu'on a conclu leur destination. Ce sont là sans doute les /orc/pes mentionnés dans les livres saints avec les candélabres et les lampes d'or : Candelabra aurea et lucernas desuper aureas etjorcipes aiireos^i). Opcrlent candelabrum cinn lucernis et forcipibiis et einunctor'iis (^j). L'objet désigné dansée dernier passage sous le nom iVeiuunctorhitn est sans doute le crochet. Sans remonter au texte héi)reu, on peut conclure immédiatement que les objets qui \ sont nommés , soit en grec, soit en latin, existaient dès le temps où fiit faite la traduction dite des Septante, antérieure , selon toutes les opinions , à l'ère de J.-C.
Tpipço; A'j/voç, trilychne, tel devait être le nom de notre lampe à trois becs. Elle est ornée de tètes de femmes portant le calantique ou calvatique, et paraissant sortir de guirlandes circulaires. Trois chaînes, attachées aiix trois extrémités de la lampe, la suspendaient à son lampadaire ou au plafond ; la (piatrième ne servaitqu'à retenir le bouchon de Vinfandibaliiin^ de l'ouverture parla([uelle on introduisait l'huile. Un des plus illustres archéologues de rAllemagne a commis une grave erreur, en prétendant ([ue
(I) IH, nr(j., vu, li». (2) ^uln., IV, IJ.
32 IHIÔ.N/.KS.
cctlc espèce (le eouNcrele servait à efeiiulre la liimièi'e. Oiisail (|iie lesaiieieiis eoiisidt'raieiil la tiiiiiee d iiiuMaiiipe éteinte noii-seiilenieiit eoinme de^oùlarile et fétide, mais eoiiiiiie nuisible iiièine et eaj)al)le de j)r()(lMii"e le mal ea- (hie (i) et raNoriemeiil (^'>.); iK'aiimoijis , je ne sais quelle siiperslilioii leiii' deléndaiit (rétoiif'fei' la liimièi'e, ils la laissaieiits'éleindi'ed'elle-mèmedansuii endroit solitaire, on bien ils piopoitioiniaienl les dimensions de la mèche et la quantité (riuiile an teiii|)s pendant lecjnel ils désiraient ((ne la lamj>e brùlàt, de manière (pie le tout était entièrement eonsinué à linslant voulu ('));et, connue nous l'appiend Plu\nicus Cj) , piépaicr ainsi l'extinction de la lumière s'appelait (issoiipir la lampe ^ d'oii sans doute 0\ide aura pris celte expression pittores(pie, durnùtaiis lac('/7ia , la lampe endormie. « i\'nt-étre cette pratique (c superstitieuse était-elle fondée sm* ce (pie les anciens vête néraient toute lumièic connue lille du feu inunortel et (( inextinguible; pent-étie voulaient-ils indiquer parla « qu'il ne faut donner la mort à aucun être vivant (car (( la lumière leur paraissait un de ces êtres, pniscprellea « besoin d'aliment, ([u'elle sèment d'elle-même, et(]u'en « s'éteignant elle îîiit entendre un gémissement pareil à (f ceux d'un mourant); pent-êti'c, enfin, exprimaient-ils c( ainsi (pi'apiès nous être servis de l'ean, dn fen et des
(i) Lucrct., Vf, 791. an., TA ; Wn phyv., de A bsf in.,], ^\.
1^2) Arislot., Uls/. an., Vlll , :>'( ; (;]) AntlioL, loin. HT, i).79, n. iî8.
l'liii.,///,v/.»e//.,Vll,7,.i:iiaii.,///.s7. (4)PolIux, VII, 178.
riioisiKMi: si;i\iK. ns
« aiitfes ()I)i('ts iK'ccssaii'cs a la \ ic , ii(ni>. en dcN oiis assii- « ICI' I iisai^c à tons cciix ([iii en amont hcsoiii comiiie « nous. » CV'st ainsi (jn un des cciixains les pins cc- IrhiTsdc ranti(jnité (i) a tàclic de rcpondic à la qnc^stion proposée. On peut ajouter que cette su|)eistitioji des anciens à regard de la lumière parait se lîittaclier à I idée t'ondamejitale de toutes les reliii;ionsde l ( )rient, rel lirions auxquelles les éléatiqnes et les néoplatoniciens empruntèrent leurs doi>nies pliilosoplii([ues. Les li\ res des \ édas et de FAvesta offrent mille prenves à raj)pui de cette observation.
La (]hansse(M) et Montfaucon(')} donnent une lampe pareille, mais soutenue par quatre cliaincs (^t j^ortant des l)nstes de Léda ou de Némésis. liCS bronzes de cette espèce paraissent destinés à éclairer les laraires : ui-aiimoins ils peuNcnt avoir ser\i aussi à (h'corcr ces arlncs, consacrés à quehpie divinité, que Ion ornait de bandelettes , (pie Ion paifnmait. et auxfpiels on suspendait des lampes :
l--t (|ii;i' t'uiiiiticas arhor sillala lii(t'riia> Sorvahat (i)
Cependant Oori rap])()i'te notre bron/.e a la classe des lampes sépulcrales, à cause de lasjxu't triste ci inneSre des masques (jui les décorent.
(IjlMularch.. (>wa'.^/. V/-.,]>. !Ts. (i} l'rudnit , cunir. S'jmj;ac/i.,
(2)Tum. Il, |)1. 1». II. 1U0'.>.
(3) Ant. expL, tuin. \ . p. -J-2.S.
3*" Série. — Bronzes. ' 5
lUlON/.KS.
Les (l('ii\ l;iiii|)('.s rcprcsciiiccs en pliiii cl de piolil (j;ms Icsijuatrc nulles lii;iii't'S de celle plaiiehe ii oui de reniiti(|ii;d)lc (jiic les tcles d ;iiiiiii;m\ (|iii en decorenl la poii;Mée, à smoir un hiicraiie cl une tête de lion. ()ii ])eiif coiisidci'cr ces fii^urcs comme des amidcllcs (juc les aiicieiisopposaieiil an f'asc'uuiut , ou \\ I iiilluence malii^iie (|uc les peuples modeiiies de I llalie redouteiil encore sous le nom de man\ais n'\\\()(rliiata).
PI.ANCHK 11.
A Oici sept lampes de Icijc cnite, dont lions cxplicpicroiis rapidement le snjcî.
L'iie lam|)e à den\ l)ecs, dont Tnn est hi'isé , a sa ])oii;nee i;aniie d nne [)la(pie ti"iani:,nlaii'e ornée daial)es(pies ; son disqnc repi'és(Mite nn aii^le ([ni dévore nn lapin on nn liè\rc : cet eml)lème se retrouve soii- \eiil snr les médailles des Locriens Z('pln riens (i) , qui rappelaient ainsi la \icloire rcmpoitt'c par en\, n'étant (pie (piin/e mille , snr nne armée de cent \ ini;t mille (a'oioniates (•>».).
Lin Hercule tnani le drai^on i;ardieii des pommes d"or dans le jardin des llespéndes(')) est le sujet delà deuxième.
(1) llarduin.. ISinnm. pop. rt IV, ::>Tel :3.^ : Paiisiiii., V, 18, Pt Vï,
vrb.,\y. :>'.»i. M); <ivi(l., )/^^^ l\. Hi.t; Hvfïiii.,
(:2).lLisliii.. W, 11. l'((()., ;{(».
(;j) Ai.()11(hI.. Il . 71 ; l»io(l. Sic.
'K/ô/'o/iic<
^ ™s s en
A dH V 1 P 5 35
lUOISlEMK SKUli:. 3Ô
Ce (li'iii^oii, selon un poëte (i), ('l;ii( ;i|)|)('l('' Ladoii : sur (|ii()i les scoliîislcs coujcclurcul (juc le {Icfcnscui' (les j)()inmes eîait iiu hériter et non |)as [\\\ sei|)('nt. D'autres éeri\ains en l'onl nn (len\e, (|n ils apix'llent Ladon ou liaton {•>.) : e\|)liealion plus raisoniia- J)le et pent-èti'e aussi poéticpie (pie le nnllie ori£>inal. Connue Spanlieini Ta tlt'iHontrt' (')) , les ponnnes d'or étaient eeitainenient des oi'aiii^es ou des eédrats, et jioii les fruits du eoi^nassier. Quant à la sitiiatioji du jardin des Uespc'iides , fdles d'IIespérns ou d'Atlas, la plupart des auteurs le plaeent dans la J.ihye pentapolitaiiie(4), quelques-uns eliez les Hvperboréens (5); niais ropinioii la pins \raisend)lal)]e nous j^araît celle des (icrivains (pii le metlent à l'oeeident de l'Afrique, vei-s rAtlanti(pie(()), e't\st-à-(lire dans l(^s iles lM)rtunL'es on Atlantides.
Le fraj^nient offre une t(^'te, encore jeune, couverte d'une peau de lion : peut-être est-ce un Hercule enfant, tel qu'on le voit, non-seulement dans des monuments (étrusques (7), mais aussi sur plusieurs mt^dailles (H); peut-(''ti'e Aventiiuis, fils d'Hercule, ([ue A ii^gife décrit coiffé de la peau néméenne (()); peut-être, enfin. Oiii-
(1) Apollon., IV, 139(5. (G) Cal. ad r'alit'ph il.. 1!).
(2) Strab., XVIf, .S3(> ; Plin.. (7) Mus. Etr., lab. 71, 7-2, 7;î. V, ri. (8) Biionarotti, Med., tab. (1; Se-
(3) De V.etP. A'., diss. IV. p.29i. ^^aiiti, Sel. nitin., p. 312 ; Berger.,
(4) Diod. Sic, IV, 27; Plin., V, Thés, Br., toni. I, p. 231.
•1 et 3; XXXVII, 2. (9) J^n., VII, (i:i:i et seqq.
(5) Apollod., Il, G9.
3(î r.RO.NZKS.
])li;il(' (|iii s'csl clinri^c'C des aniics de sou amant (i) , tandis (iiu' ('('Iiii-ci , comiiic les anciens ainicnl à le i<'|)i'('s<'nl('r. a ])ris la (incnonilic et la rohc l'cMii ni ne (*>.).
( )n a rcprc'scnlc sons ilciw poinis de \ ne diHcicnls nnc laiiijX' I i"il\ <"!ni(', d inicconslinclion loi't hi/arrc, dont la |)oiL;n('(' nianfjnc, niais dont le corps csl en l'ornic de croissant , a\('c nnc nicclic à cliai|nc cxti'cinitc, cl une an niilicn. (A'ttc t'ornic ne pronxc |)as (pic la lampe soit consacrée à Diane, eomme celle (pii porte linseriptioii APT£MIC.£ct)£CinN . <( Diane des 1^'pliésiens » ; cai" on en IroiiNc de pareilles (pi i sont dédiées à .In pi ter, à Apollon on à d antres di\inil(''s; cl (piei(pies-nnes iiK-mc (jni porleni le dii!,ramme des eliretiens : Ml.
h'nsnile, an milien de la planche se lron\e nnc Vovlinie, (pTon iceonnail à la corne d abondance ainsi (pTau i;()nvernail ; tels sont ses attrihntsordinaires (')) : l'un , le pins anciennement nsite et employc' ponr la première fois j)ar le scniptenr lîonpalos ( j), marque ses lincurs; Fantre, son inconstance : ce (pii lit dire (pie «piand on voit en s()ni>(' la lù)rtnne a\ec son i;on\ei'nail , on doit ci'aindre les capi'ices de celte déesse (■)).
! /a\anl-dcrniere la m])e offre dans son l)as-r(dief trois dix inités éi;yptieîuies : I îarpoei'ate avec la coriiitcop'ia est a droite, Isis an milien a\ec nnc |)atère et un sistre, et
(l)Ovi(l., Faut.. Il, ;>2:.; /:>'.s7.. CJirysost., Oral., Gi. ÏX,r)Ot 11-2. (i) Fausaii., IV, 30; VU, "ICy.
(i>)].ucian., de Cons. hi.sf . (•>) Artemid., Il, .42, p. i3(>.
(:{)LiK>t.l'iiin., ///.s/., m, 2-2; D.
TUOISFftMK SKFUK. 37
onfni \inil)is à i^aiiclic ;i\ ce iiii ciKliicc'c cl mic piilinc. 1 /i(i\ cnlioii (les l;iin|)('s est atlril)ii('(' ;iii\ l^i;\ pticiis (i), (|in lors (le la icfc de MiiiciNc Sailidc alliimaicnt des lainpt'S aliint'ntccs axcc de rimilcct du sel (v.) : néanmoins cette huile n'était point produite par rolixier, arln-e trèsrare en Ei»ypte(')), mais par inie plante noinmé<' ciel {\), inférieure et cpii doit être le riein (")). (Test sans doute par allusion à eette orii^ine cpie Ton trou\ c ini assez i^rand no?id)re de lampes ornées, eomme eelle-ri, de la fii^iire des dieux du JNil ((>).
Enfin la dernière hnnpe, (pii est (lil\ehne, leprésenle une tète de Alereure, reeonnaissahle à son chapeau on pétasus ailé : Tobjet (pTon \oit sur son épaule doit être le caducée, bien que la forme en soit hi/.arre et (|u ClIe ait (pielque chose f|ui se rapporte aux mystères éi»ypt't'iis.
PTANCHR 4-2.
De ces sept petites lampes d'ar£i,ile, la j^i'cmière, en partant de ran<»le inférieur de la planche à i^auche, ])orte sur son disque nue fii^ui-e de femme, peut-être une ^ énns, enveloppée dans une draperie cpii laisse à lui tout le
(1) Cleni. Alex., Stronia/., \, tO ; (a) Pliti., XV, 7.
Euseb., P. E., X, 6. (0) Passpii, Lvceni. ficlil., toin.
(2) Hérodot-, It, 0^2, 1-2') ot l.TJ. II, lab. 79, .S(» cl 81; Licet.. Ln-
(3) Stiab., XVII, K()«). rrrii., j). 1 (»•)«.». (i) tlerodot., Il, •>4.
3S lUlO.N/tS.
torse; près d Clic csl un xasc place sur nu tronçon (le coloinic iccoiiNcit en partie d inic seconde draperie. Sans donte, ce \ase est nnc de ces conqncs capaces d.ins lcs(piellcs on nictt;iil les parlnnis, (•(ipaclhus lui- L^ucntn lie conclus (i) ; et la draperie est nn Ww^v appelé tcnnc/it((riiint (v/j. Il est \rai (jne ([nelf[nes sa- \ants ont \ii dans la lii;nre nn y\pollon, dans le \ase \\\\ trépied delpln(pie, cl dans le hont de dra|)erie nnc l\i('. De pareilles di\ cri^cnecs d ()|)ini()n ne sont pas rares en arcliéoloi^ie, et on doit les déploi'er ([nand elles tond)ent snr des ])oints pins essentiels et snrdes inonniiicnts Miienx conserxx'S (pic celni-ci.
SiN' la seconde, en remontant, on \ oit nnc XvXe de Fanne on de Syhain. He pai'cillcs lampes sont assez eomninnes(')), ainsi (pie rinscription Syiaano domkstico (/j). h'anne on Sylvain ('tait Fantenr des \isions noetnrnes (')) et la terreni- des ])etits enfants ((>) : et Ton croyait paralyser rinflnence tnneste de cette divinit(j en mettant nn halai en traxci-s de la porte de la maison, on ])ent-(''tre en allinnant des lam|)es ])areilles à celle-ci.
i.a troisit'iiic représente nn liercnle , ai'iné dune massne et poi'tant sni' son bias <i,anche la pean dn lion dcNémée. Il est pi'èsd'nn antel, pent-ctre Vara /fui.vi/fta
(1) Horat., Carm., 11, 7, 23. nos., ï, 102 <^t 103.
(2) Van\, de Liiuj. /af., IV, 9. (3) Ovid., Epist., IV., iO ; Dion.
(3) Passpii, Lucern. /ic(iL,\m\. Italie., V,290.
II, tal). n ot seqq. ((î) Horat., Carw., 111. t8.
(4)ljriit('r., j). (ii, n. 12; IJci-
TROISFEMi: SKIUK. 39
([iii lut (Icdic par lu a lu Ire à I îcrciilc i . on par I Icicnlc à Jupiter inventeur {'>.) , on hicii encore pai' Hercule ii Hercule hn-nièiiie (îj, après (pi il ent ictronvé les l)œiifs dérol)e'»s pai' (îacns (4). Cet antel était en <j,ran(le \énération j)arinj les iloinains : ils \ pi()non(;aient des serments considérés coninie les pins saints, et \ olTraient la diine de leurs revenus (j) ; (Toii \int (pie la dixième pai'tie de toute chose s'appelait /v'rt/.i' hercidanea (G).
Sur la lampe dn l)as à droite, lampe cpii est diKcInie, mais brisée, on xoit nn Ilercide armé seulement de sa massue.
J^a cincpiième en remontant, (pii est représentée en plan et de profil, offre une ligure de .lupitfM- assis, tenant à droite la foudre, et à i^auche son sceptre.
La sixième porte trois fii^ures assises : au milieu .Inpiter, à sa dioite Alinerve, à sa i^auclie .Innon. (^es tiois divinités sont souvent réunies dans les moiuunents des Romains : on les adorait toutes trois ensendjle (7); et les grands jeux, ludi circeiises , avaient été institués par Tarquin l'Ancien en leui' honneur et sous leur invocation collective (8). Dans les monuments ([ui représentent cette association, c'est tant(jt Miner\e, tant(')t Tunon , ([ni occupe la droite de .Inpiler; et Ton aurait tort d'embrasser
(i) Tacit., Ann., XV. il : Tit. (i) Virg., Jin., VIIl, -2()0.
Liv. , 1, 7. (o) Maciol)., Sniurn., 111, (».
(2) Uion. Halle, I. ;JI. (6) Plaut., Tnic, II, 7, 11.
{3)0\id.,Fast.,\, o?!); l'ropprt., (7)Lactant. Finii.. D/t>.//Ks^.l, 1,
Eley., TV, 9, 67. (8) Tit. Liv., I, .{:;.
(•\('liisi\(iiM'iil le s\ sir me de lîiionarotti, (jui pi'ét end (|ik' lu ])r('nru'r(' disposition ;i|)p;irli('iil aii\ llomaiiis, et hi seconde an\ Cirées (i ). .Innon est ordinairement l'eprésentee a\ee le sceptre; mais ([iielcpieiois on lationve, comme ici , a\('c la corne d ahondanee.
iMdin, la se|)ti('me lampe, celle dti milieii, (pii est dll\chne et (pii a tnie anse en lorme de croissant, oUrc pour onieineiit le J)iiste de Jupiter portant le sceptre et aNant dexant Ini laii^le arme de la fondre.
Tontes les lampes (pie renferme cette planche sont comprises par les anticpiaires sons la dénomination de lampes sacrc-es, parce (prelles olïrent des snjcts relii;ien\. Néanmoins la distinction (pie (piel([nes sa\ants ont établie entre tiois espèces de lampes, sacrées, doniesti- (pies et sépulcrales (9.), n'est j^oiiit appuyée sur des calactères assez. distincts; les mêmes imai^es, les mémesemhlemes. se retroiixcnt (pichpielois sur des laiiijx's trouvées dans les temples, dans les m, lisons et dans Icstombe.iux ('3).
PLAN Cl iK 43.
Les linil lamjx's de cette planclie représentent toutes des lii;ures d animaux , et les (jiiatre premières paraissent
(1) Med., pi'ii'l',, "^<>- {^)MimH\mcnn, /int.c'xpL, loin.
(2) t'assrri, Li(ccrn,ft(/iL, \, pr., V, part. Il, '2, i.
TUOISlf.ME SF.Rir,. 41
se rapporter en hk-iiic temps à des signes du zodiaque. (]e sont d'abord deux |)<)issons, avec les(|iiels on voit inK.'sèelie; puis un bélier, un lion, et enfin un scorpion.
Tl paraît ([ue les aneiens a\aient des lampes marcpiées de tons les silènes dn /odiaf[ne : les pins nondiiensesdece genre sont eelles (pii })ortent le signe dn Scorpion (i). Peut-être existait-il (pielqne rapport entre cet emblème et répoqne de la naissance dn possesseur de la lampe , ou le mois pendant lequel elle avait été faite : or on se livre à la fabrication de la poterie , de préférence , pendant les mois les plus chauds de l'année, et par conséquent sous le signe dn Scorpion.
Les quatre antres bas-reliefs offrent des animaux qui n'ont rien de comiiuni avec les signes célestes : un lapin ou un lièvre mangeant du raisin, une clièx re , un porc et nue chevrette.
Il se présente ici une observation qui est également .ipplical^le à chacun de ces huit sujets. Les figures d'animaux étaient souvent la marque d'une fabri([ue (u). Souvent aussi ces emblèmes peuvent contenir une allusion au nom d une personne. Ainsi, les Sauriis et les Batrachus avaient fiiit sculpter sur les piliers de leur demeure des lé/.ai'ds ('T'/Opo:) et des grenouilles (fia- Tça/oç) (3). On voit un veau (vifu/ffS) sur h^s médailles de
(1) Passpri, Lucern.J}cUI.,\).'il; retri , p. 1 ol 10; l'assfii, Gemm. tom. I, tab. 36 et 37 ; toni. II!, tab. astrif., tom. Ili. |>. ;2I0.
07 \Lvcern. astrif., tom. Il, p. 180. (3) Plin., XWVI. .•;.
(2) Buonarotti, Osserv. sopra i
S*" Série. — Bronzes. 6
\;i('Oni(is \ itoliis. ! iclcpliant se troiixc sm- celles de (V'sar, à cause, dit-on, du nom eai'thagiiiois de ee( animal (i).
Quant an liè\re, les anciens admettaient (jne cet animal nianj^cdn raisin; et on i immolait à lîaccinis comme détruisant les vji>ncs (*a).
PLANCIIK 41.
Cette lampe ti'ilyclnie de l)i()n/e est posée sur un pied plus élevé et plus élégant (|ne n'est la hase ordinaire des lampes portatives. Snile con\ercle, assez ample, de l'ouverture par oii l'on verse riniile, se tient debout une figure d'homme qui paraît danser, ou plutôt se mettre en (''([uilihr(* sui" un pied et tâcher de s'y maintenir immohile. ()ji pourrait hésitera ranger ce danseur, soit dans les funambules ou les ]:>étauristes, soit parmi ceux (pii exécutaient la l)ibasis ou l'éclactisme, en frappant leurs épaules de leurs talons; mais il nous send)le rpiil ne faut chercher dans cette figure (pie la re]:)i'ésentation d lui tour de force ou d adresse. Dans tous les cas, on se gardera bien d'imiter le saxant (\ov'\ ('>) , qui assigne à uiu' statuette à ))eu piès send)lable, dans cette posi-
(i) Cupew, (le Elcph. in numm., Ed., Ilf, 40. etc., \\. (3) Mus. Elr., toni. I, tab. 18.
{^)Anfhol., V[, 1, 7; Calpurn;
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A . ï H . 2 . V. 8 , P - 145 . et le ? .
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TI\()ISH:'\iK SI'IIIK. 4:^
tion iiidécentc et forcée , le nom (rime (li\iiiii('. le nom (le \ ertniinius.
Le bonnet [)hryi;ien ('tait pi-opre an\ (lien\ oi-i^innii-es (le r \sie Mificure, tels f|ne (ianNnu'dc. \l\s. (jîistor et Pollux; on le xoit snria tt'lc (rijH'c , d' Vne'iise et d'Aseai>iie (1) , et de tous les lro\ens (|ni lii;ni'ent dans la e('lèbre Table Iliaque (■>,). Otte eoil'tui-e t'tait éf>aleiiient propre à certains persoiniai^es set^niqueset aux danseurs. Notre statuette la porte, ainsi ([ue le siibllgar, r.izZs-yyj., « caleçon , » qui était en usai^e dans les bains des hommes, et mt^me dans ceu\ de lautre sexe (')) , et ([ue les comédiens revêtaient toujours ])our entrer en scène, quel que fut d'ailleurs leur costume (i) : bien entendu ([ue nous ne parlons pas des acteurs des lîirees on des satires, qui, bien loin de respecter ainsi la [)n(len!- pul)li(pie, prenaient au contraire les moNcns de I Ontrai^cr le plus ouvertement possible.
Cette petite fii;ure tient dans sa main ranîie.ni d'nne chaînette qui supporte un ])etit instriuiient de téi' à deux pointes, lune droite etaii^në, l'autre c()urI)(M'omme un hame(;on. (^^tte espèce d aii>nillon était bien propre à préparer la mèche axant de rallnmei'. à la tirer en avant lors([n'elle était consumée, ou à la faire rentrer si elle s'avançait ti'op : le crochet S('nd)le |)articu]ière-
(1) Bellori, part. lit. fi-. Ki. (;J) .Martial. III. KT, 3; Polliix ,
(i>)Fai)retti, Col. Traj. et lab. II., VII, li, 0.^. p. -2lo. (i)C'C., (IcOff., l.Xi.
44 BUONZKS.
ment destine à cMik'vcr de l'extrémitë de la meelie eette masse noirâtre ([ni s\ forme et (pii intereeptela flamme, alors (|irà la veillée on voit pétiller Thnile et de noirs fon-ns (leveloi)per lenrs exeroissanees nnpnres :
Sciiilillaiv oleuiu fl initins conciTscorc t'iin-os ( I ).
Telle etail é-aleinent la lorine de Tnstensile appelé rnnnis, dont les a-rienltenrs latins se servaient pour extirper les laeines et les hronssailles.
PInsienrs lampes anti([nes ont été tronvées mnnies de cet instrnment, cpii est déerit avee elles dans les reeneils
d'antiquités {'i).
On ne peut s'étoiuier assez de Fétian-e méprise du doeteMontfaueon (3) , qui pense (pie Tinstminent dont il s'a-il servait, eoinme une espèee de eroeliet, ponr snspendre la lampe. Cette opinion est déjà réfutée en général par le nondne de lampes dans lescjnelles la ehaînette portant le eroeliet est attaeliée en un point de la lampe tellement éloii^né du eentre de i^ravité que si Ton prétendait la suspendre par là, on la renverserait entièrement. iNIais le petit bronze (pie Ion a maintenant sous les yeux laisse eneore moins de doute à eet égard; ear leeoiiverele, snr leqnel est posé l(> danseur (pii tient en main 1a eliaîne, est entit'rement mobile, et ne se trouve en auenne manière iixe à la lampe : comment
(1) Vil-., Georg., 1, 3U-2. t:><>, i>aK- ^-i<>'-
(2) Licet., VI, 72 ; Moritfaucon . (3) Loc. cilat. tom.V,part.lI,i).212;Bellori,tav.
(loiic la lainpt' pourrait-elle être attachée par cet accessoire indépendant d'elle? Si Ton soiilèNc ce hoiiclioii , elle restera évidemment innno[)ile sur sou centre de <^vdvité, sitné au-dessus du pied.
Quant au petit danseur, il ne tient lui-même au couvercle (pie par nue simple cla\('tte ([ue 1 ou peut oter à volonté , de manière à employer la lampe au besoin sans cet ornement, et à l'y replacer ensuite. Il est évident que si Ton ponvait conserver la petite statuette, c'était uni(]uement qnand la lampe se trouvait posée sur son trépied on son candélabre. Dn moment (ju'on voulait la transporter d'un lien à nu antre, en la tenant par la poignée ponr s'éclairer dans le trajet, cet accessoire devenait gênant, et on devait le laisser de coté, pour le rattacher aussitôt ({non rapportait l'ustensile à sa place accoutumée.
Outre le bronze vu de face et de profil , cette planche renferme encore deux petites lampes de terre à un seul l)ec. La première n'a pas de poignée : elle offre sur le disque un jeune chasseur (]ui de son bras gauche, enveloppé d'une draperie, porte un javelot, tandis cpie de la main droite il lève une massue ponr en frapper un chien qui l'attaque. On pourrait appli([uer à cette lampe ce qui a été dit (î) d'une autre, prescpie seiid)lal)le, et y voir aussi un bacchaiit. Ici, à la \érit('', le pei'sounage porte \u\ jaNclot au lieu de thyrse; mais (pi est-ce
(1) Bellori. paît. II. tav. '2't ; Moiitfauron, tom. \\ tah. l-2i.
4G KI'v()>/.K.S.
<|ii(' le lli\isc, sinon iiii dard doiil le Ici- se caclic parmi ic pampre (j) ? Ktdans le désordre d une J)aeelianale le (euillaij,(' ne peiil-il pas s'èlre delaelie? (,)iiaiil à la massue, on sait (pie les ser\ ilenrs de lîaeeluis lurent armés (le hâtons ( [iax.Trç.iai; ;jA{ai:), jns(pi à ee ([ne les aeeidents (pii en ('taient iH'sultc'S \ firent snhstitner de U'i^itcs lei'iiles [;>.). Cvs motifs donnent heaneonp de \raisemhlanee à lOpinion dn (loet<^ Passer! (')) , (pii pense que cette lampe (Mail emplo\ee dans les m\st('res l)aelii([nes. l/antre petite lamj)e, pins ornée (jne la |)remière, offre à sa eireonIV'renee (jualre chiens (pii semhleut se ))onrsni\re. Les chiens de chasse, et en particulier ceux (pi On appelle le\i'jers, étaient cousaci es à Diane; ici ils pai'aisseiit d'une espèce tout à fait semhlahle à ceux (pie l'on tiouve avec Timai^e de cette (U';esse siu* uu i^raud noiid)re de médailles, et même sur cpichpies lampes (j).
PLANCHK 15.
heux des premiers monolychues de cette planche portent les têtes d'Apollou et de Diaue, ou du Soleil et de la Lune, que l'on voit quel([ue{'ois réunies sur une senle
(1) Macro])., Salurn., I, IVK (i) Moiilfaïu^on, tom. I, tal). 87 et
(2) Diod. Sic, B. //., 111. so(\([.;\\\<,sprï,Lticern./ictil.,{omA, (:5) Lvcern. Jictil., t. i, p." ad 17. pi. •.)(>.
BEOîîZES.
T-TIXC^
TROISIKME SKRIK. 47
lampe (i). fci Apollon est couronné de luiit rayons, bien (jn'on le ti'ouxe le pins son\ent iwcv dou/e i'a\ons, sxinl)()les (les (loii/.e mois: el Diane porte le eioissant snr le Iront.
Snr celle dn milieu de la prcmièic lii^nc se tronve, modèle pen distinctement , nn crabe : ce (pii se rapporte encore an\ silènes dn Zodiacjne dont nons parlions tont à riieni-e (>.). Pnis\ ientnn l^é^ase prenant son vol; pent-etre cet end)lème indi(pie-t-il qne la Inmière a éclairé les veilles (Tnn poëte. L ne autre a pour ornement nn ii^riffon, s\nibole assez eonnnnn snr cette espèce de moinniicnt, car il se rapportait à Phœbus cifliariste, ou an dien de la linuière, Apollon ^lithras, dans les mystères duquel les initiés prenaient le nom de Corbeaux ou de Griffons (')). Il existe une lampe antiqiic dont Femlilème est un griffon qui porte snr le front une croix, avec le monogranune dn Christ, considéré sans doute connne lautenr de tonte
lumière (|),
Enfin, les f[natre dernières se ressemblent ])eaucoup : seulement les baies et feuillages des deux extrêmes sont formés par une espèce de marqueterie, et les ornements desdenx antres sont en l'clief.
{ï)Begev.,Thrs.Br(md.Mli'r2[ (3) Dol ïorro, de Mithra,\,
Montfaucon, toni. V, part. II. tah. p. 201. ■162 et 10-i. (4) La Chausse, tab. 2; Bellori,
(2) Planche 43. p. III, ti-. 25.
48 BKOINZES.
PLANCIIR 10.
(^('tte |)l;m<'li(' offrcdahoi'cl le dessin d'iiiH' laiiipo d'ari^ilc (|iii csl triple; une i^raiido (H)([nill(' serl eoiiimc de hase ou de eaudélal)re à deux autres petites, ])laeées de elia(|ue coté à la ])arti(^ supei'ieiire de la première, et a\ant, eoiinue eelle-ei, eliaeinie son on\ertiire poui* reecNoii- I luiile et nneanire pour la nièelie. La forme des deux petites lampes, «pii ressemhlent assez, à (]v[\\ eolomhes, a fait |)enser (|ue cet ustensile était eonsaei'é au culte de \ eniis. (V cpi'il \ a de eei'tain, c'est rpie la S(''|)aration de la lampe en trois compart unents distii]cls, dont deux plus petits, la rendait propre , soit à doiuier (relle-mème une liunière tr'i|)le |)en(laut la pi'cmière pai'tie de la nuit, et nu éclat plus modéi'é dans la seconde, ce (pii dépendait de la dilTérente capacité des réservoii's; soit à se pi'ocui'cr successivement trois lumières (rintensit('' différente, eu allinnaut riuie lors([ue Fauti'e s'éteignait. Peut-être un pareil ustensile était-il de f[uel(nie usai^c poui' la mesui'c du temps. T^e dessin cpie nous en donnons est le meilleur coîumcntairc possible de ces deux premiers vers d'une epii;iamme de Paidus Silentiarins :
Aû^voî 'jt:ox),o(^£iv, r,y.a aapaivoasvo;.
« (',l(''()pli;uUi(l(^ tardo oneoro; ot drjà la ti'oisiriueliimièro, s'affaiblissant « pt'ii à pt'ii, inoiiacp de s'ctoiiidro. »
TKOISIlvMi: SKl'.IK. 49
]jd prciiiicrc des trois lampes de hion/c est dilycluie on (i/tnjwc : elle ti a de rcniaiMjiiabIc (pic la lormc du coiiveiTle et la tête harhiie (pi! tenniiie sa poii^iiee recourbée. Eu eoiisi(k'raiit les haiidelelles (pii , après avoir entouré le f'rout de ee masrpie. deseeudeul derrière les oreilles et foruieut p(jiir ainsi dire deseorues, cpichpies areliéolognes ont pensé (pie c'était nue tète de Jn))iler Amnioii ; car on l'cprésente ce dieu avec des cornes de bélier, de loui^nes oreilles de bouc, et des elie\en\ (pii s'enlacent autour de ses cornes (i). iMais l'expression de cette physionomie indique-t-elle bien le maître des dieux , fpielque attribut ([u'on lui prête d'ailleurs? \ou , sans doute : ce front contracté (2), ces soui'cils rudes et proéminents (3) , ce ne/, écrasé , cette barbe épaisse ( j) , ne convieiuienti^uère qu'à un Silène, Cette conjecture deviendra presque mie certitude si on compare ce mas([ueaux tètes de Silène reconnues poui" telles par les antiquaires (")).
FiC monolychne n'a rien de remarquable (\\\c la forme du bouclion, suspendu à une chaînette.
Quanta la dernière lanq:)e, ({ui est représentée en plan et de profil, et aussi par une coupe de sa base, on doit reconnaître d abord rex(juise éléi;ance des courbes qui déterminent la forme de ce dilychne. Sa poii^née est ornée d'arabesciues à jour, au soiniiict des([uelles une
{\)Thcs. Uran(l.,Unn.\l\,\).^2H). (.'l) Muiitfaircon, toiu. I, pari. II.
(2)Plaut., /^((/., II. -2, 11-2. lab. 17() ; Pass(^ri, Uiccrn. /ic/i/.,
(3) Varr. et Non. Marcel!. ioiii. I, îal). lîû.
(i) Apul., /-/omy., I.
3* Sério. — Bronzes. 7
50 in;()>/i:s.
chaiiNC-soiiris se lient les iiilcs clriHliics, ce (jtii loi'iiic lin ('ns('iiil)l(' i;ia('icM\, (|n()i(ni(' l)i/,arr('.
La chaiiNC-soiiris tii'(' son nom latin vcspcrtUio de Tcsncr, « soii' » : elle coin icnt donc coiiinic oiiiciiiciit aux. llaiiil)can\ (|ni éclairent les \eilles, ( )n sait dailleui-s (juc la i-e|)reseMtation de cet animal était considcrcc comme un amniette puissant contre \v /asci/uu/i ou mauvais o'il (i).
La f'ahie des (illes de Minée , chani^ccs en cliauvcs-soiiris par lîacclius (v.j, pourrait poiter à ci'oi rc (piécette lampe a été cm])Ioyéc dans les mystères iioetui'ncs du dieu du vin. Mais en outre les filles de ^liiiée peuvent être eoiisidéi'ées comme le modèle des ménaii,ères lal)orieuses ; la cliam ('-souris elle-même , le seul des êtres pourvus d'ailes (pii allaite ses petits, était clic/ les anciens le syndxjle des bonnes m('res (')) : d'oii Ton peut conjecturer (pie noli'c bronze a ete offert en cadeau à (piel([ue vénérable matrone, pendant les saturnales, à la nouvelle année, ou comme aj)0])li()rète (^|), à la suite (Tun festin où elle n'avait ])u assister (j), et peut-être après une de ces fêtes (pie Ton donnait ([uel([uefbis au\ entants (()).
(1) Plin., XXIX, 4. - (5) Buonarotti, Sopra i velri,
(2) Ovid., Me.L, IV, 0 et soqq. p. 213 «n seqq.
(3) Honis Apoll., H, ->(). (())Stuch.,/lw/.(-ort'://;.,l, 17; l-a-
(4) Martial., I^pt'jr., XIV. bric, lUbl. ant., p. 917.
TROISIf.ME SÉRIE. 51
De ces six lampes de terre enite, la première est ornée (l'une figni'e à mi-eorps , représentant un jeune lionniie cpii a des ailes, et ([ui est eoiffé d'ini bonnet i^pileus) assez remarquable; il porte de la main ganelie nn instrument formé d'nne hampe à laquelle tient horizontalement un fer recourbé et muni de dents sur sa partie tranchante. Ce personnage est sans doute le Génie de l'agriculture; car l'ustensile qu'il porte ne peut être autre chose qu'une espèce de pioche ou de houe dentelée, à la manière des anciens (i).
Le dilychne qui vient ensuite, et dont l'un des becs est rompu , offre deux personnages placés en regard l'un de l'autre : leur tunique est relevée par une double ceinture : ils portent d'une main un seau , et de l'autre ils soutiennent en l'air une coupe; leur attitude , sur leurs piédestaux, est celle de deux danseurs. On sait cpie des danses de divers caractères exigeaient des attributs différents; et l'on peut voir dans la série des peintures des danseurs qui portent des vases ou des rhytons.
Cette tète d'éléphant, si grossièrement modelée que l'on ne distingue ni les yeux ni les oreilles de l'animal, mais seulement la prol)oscide et une défense, ne serait-elle
(I) Columel., X, H8 et 89 ; l'iin., XVIII, W ot 50.
52 imOlV'ZKS.
pas une sorte (le l'cMiiiniscciicc (le I;i iiicdaillc du roi \nliocliiis, (|iii a \)(n\v revers im dépliant |)orlant une lampe a\ee sa tronij>e? on bien seiait-ee une allnsioii pins i^c'nc'i'ale à la eontnine (Texeicer des éléphants à porter des torches? On sait ([ne Jules (]ésar monta un soii- au (lapitole iVlaii'é de la soi'te par ([uaranle de ces animaux (i).
Sur la (piatrième lampe, qui est à deux hees, et ([ui a sa poii»née en loiine décroissant, on voit le hnste d'une femme à demi une, Diane on plutôt une de ses nymphes, tenant dexant elle (ui are détendu. Ses cheveux sont négligemment rattachés par nue espèce de draperie :
^'ilta coorcuorat iio^^octos alha cai)illos (2).
Cette figure d'honnne, le torse nn , le l'este tin corps couvert de draperies ou (rune de ces robes qn'on appelait tdlares , et tenant en main nn thyi se terminé par une pomme de pin, représente sans doute nn prêtre de Bacchns (3).
KuTni, la sixième lampe, c[ui est dilyehne, offre nn Amourailé et nu , tenantdela main gauche une pomme ou (pielque objet seml)lal)le, et nn antre objet de même nature, mais ])Ius gros que le premier, sous le l^ras droit. ^ a-t-il là (piehpie allusion à rinstoire de IViiis, d'Atalante on de Cvdippe? ou bien est-ce siiiq)lement l'image du jeu de la paume?
(i) Suoton., Cvxar, Tt. {3)Mus. 0(Jrsc.,Um\. Il, tav. 17.
(-2)0vi(l.. Hct., II.
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TROISIÈMK SRUIK.
Pl.ANCllI^: 48.
TiCs trois premières lampes de eette planelie , toutes trois sans anses et à peu près pareilles, représentent des «gladiateurs, ce qui marque évidennnent des lampes sépulcrales. En effet, les malheureux âges de barbarie ont transmis à ranii({uité païenne cette croyance atroce que l'effnsion du sang humain avait le pouvoir de satisfaire ou d'apaiser les dieux infernaux et les mânes ou les âmes des morts. C'est pounpioi, dans rori<>ine des sociétés, on immola sur le tond)eau des chefs leurs prisonniersde guerre (i), leurs esclaves ou des condamnés. On sait que les mots hostis , ennemi, liostia , victime, se confondent dans une même origine. Par la suite, la coutume s'introduisit de faire combattre entre eux ces hommes destinés à la mort. On attribue aux Toscans l'invention des combats de gladiateurs {;:>) ; et ces peuples poussèrent la passion pour ce cruel divertissement au point de faire paraître des combattants jnsqju' dans leurs festins (3) : peut-être, cependant, cette assertion ne doit-elle s'appliquer qu'à leurs festins funèbres. Quoi qu'il en soit, ils transmirent aux Romains l'usage de
(1) Homer., //.,?, 2G. (3) Strab., V, pag. 250; Tit.
(2)Nio. Damasc'ofi Ath^n., ÏV, Liv.. IX, 40; Sil. Ital., XI, VA. p. 154.
54 iu\o>/.i:s.
CCS s|)ccl;ic!cs iiilnmiiiiiis, et ia iiii'ciii' cii lut poiisscc <'lic/ cciiN.-cià (III point extraordinaire. (Constantin essaya (le snppriinci' les combats de i^ladiatcnrs; mais ce ne lut (pie sous Ilonorius (pi'ils cess('rcnt entic'rcmcnt (i). l^ienque ce farouche divertissement fùtolïeitau ])euple lomain dans une foule (Toccasions, non-seulement pai- les inai;istrats (pii entiaient en Ibnctions, et sui'tout j)ai' les l'diles, mais mi'me pai' de sim|)les particuliers, toujours est-il (|ue les combats de j^ladiateurs i>ard('rent leiu* empU^i spc'cial coiinne jeux fuiu'bi'cs, connue la partie intc^grante des cérémonies des funérailles (!^) : les jiarticuliers les ordoiniaient par testament, et fiiisaient nuune des dispositions pour (pi'ils fussent renouvelés à chaque anniveisaire de leur trépas (3).
Mais si l'on trouve en (piel([ue endi'oit des bas-reliefs, des vases, des lampes connue les n(kres, représentant des combats de i^ladiateurs, il ne fuit pas toujours en conclure cpie les jeux funebivs aient été réellement célébrés dans ce lieu. Ou ne doit pas jierdre de vue ce vers de Virgile (4) :
Sparspi'at ot laticos siinuhitos tbiitos Averni. « Il avait ivpaïKlii dos rouixs qui liguraiciit les oaux do l'Avorno. »
Il est utile surtout de se rappeler la remarque que
(l)Theodoret, Hist. eccL, V, 26 ; 20, ot Tiber., 37.
Gassiodorc, Hiat. trip., X, 2. (3) Horat., Snl., II, 3 ; Pers., VI,
(2) Senoc, de Ilrev. vil, 20, Va- i8.
lor. xMaxim., II, \, 7; Sueton., /?(/., (i) .^n., IV, .M2.
TROISIEME SÉIUE. 5)
et' passade su<>i>rr(' à Servi iis : « Dans les sacrifices, dit le conimeiitateur, tous les oljjets ([lie Ton ne pouvait avoirfii substance étaient représentés, et cette fiction tenait la j)lace de la réalité. » Ainsi nos lampes, sur les(pielles sont repiésentés des i^ladiateui's, ne prouvent qu'nne seule chose, c'est cpie partout où on les trouve il y avait un tondjeaii : toutes les lampes de cette espèce peuvent être appelées sépulcrales.
L'un de nos gladiateurs est blessé et mourant; il a laissé tondjer son bouclier et son épée. Habct ou Itoc habet ^ « 11 cji tient! » comme disaient les spectateurs attentifs àjUi»erles coups. Ij' épée (gladium.) était l'arme générique du gladiateur; on voit cependant les rétiaires armés d'un trident connue nous lesavonsdéjà montrés(i), et les bestiaires tl'un couteau i^cultrum) : c'est ce qui explique cette phrase de Sénèque sni* un hoiiunc ([ui hésite s'il se fera gladiateur ou bestiaire : Dubitnt iilrurn se ad gladiuni locct, an ad cultrum.
Le second est encore sur la défensive : il a mis lui genou enterre, probablement parce qu'il est déjà blessé, quoi([ue moins grièvement; et il appuie son bouclier sur l'autre genou. Ce gladiateur, connue celui d'une planche précédente (9>) , porte ini c;isque dont le cimier est orné d'un panache. Quoicpie Juvénal doiuie un cimier (cristas) à tous les gladiateurs, il parait néanmoins, d"a])rès l'autorité de Varron(3), ([ue les plumes ou le panache,
(1) Voy. pi. «2/). (3) De Limj. lai., IV, 34; Lips.,
{^) Voy. pi. 32. !Sat. II, H.
50 BRO-NZES.
/)inn.T , (listiii^iiaicnl plus parliculièrenuMit les Sanmitcs ou hoploniaques ; c'est pourcpioi les aiilirs j^ladiatciii s, (piaiid ils étaient opposés à eeii\-ei, étaient appelés y;///nirapi , ravisseurs de plumes (i).
Enfin, voiei deux eonihattauts, dont I un est reincrsé et sans doute blessé; lautic, debout, Tépéc^ à la main et le\ant son bouelier, semble observer l'état de son a(l\('rsaire et se préparei* à le Irapper de nou\eau s il se relève, ou si le peuj)le oi'donne de 1 achever. Ce meurtre de sani^-lroid se rendait par l'expression consacrée, JX'pctere {'à) : Fart d'égorger les hommes avait ses règles et sou vocabulaire.
liC plan de cette dernièie lampe est accompagné de sou profil.
Nous avons déjà vu un quatrième gladiateur, dans la première attitude du cond)at, qui se rapporte à cette série (3).
Vient ensuite nue lampe mouolvehue, d'un travail plus achevé, représentée de j)Ian et de profil, accoinpagnée de deux petits ornt^ments latéraux assez jolis, mais remanpiable sni'tout et vraiment précieuse à cause des paroles augiu'ales qui y sont insci'itcs et des présents du joui- de l'an (pii s'y trouvent ligures.
On saitcpielle importance les anciens attachaient aux circonstances fortuites, soit xisiblcs (^/ïionstra) , soit perceptibles par l'oreille (o//^//^r/), desqnelles ils tiraient
(1) Juven., m, -28. (3) Voy. pi. .>2.
{"l) Lactant. Firm., VI, -20.
des présages. Le pins grand de ees Jloinains impassibles au sénat, intrépides à la guerre, rentrait effrayé dans sa maison si en sortant il avait rencontré un mouton ou un singe, ou si son pied droit s'était heurté contre une pierre (i) : du moins il s'empressait de cracher, pour rejeter l'augure fatal. Les augures acquéraient une nouvelle importance au commencement d'une entreprise; mais ils en avaient surtout luie bien gi'ande le premier jour de l'année : ce jour-là chacun s'appliquait d'abord à quel- ([ue travail relatif à sa profession (2), par suite de la même idée qui fait dire à nos bonnes femmes : « Ce que l'on fait le premier jour de l'an, on le fait toute l'année. » Une partie de la journée était consacrée à des prières publiques et privées [cominania vota) (3) ; mais non pas aux prières spéciales pour les empereurs : celles-là étaient réservées pour le troisième jour, qu'on appelait à cause de cela vota (4). Quant au lendemain, comme il était néfaste, on le passait en festins et en divertissements dans l'intérieur de la maison (5). Les visites se faisaient le premier de janvier, et l'on s'offrait alors des souhaits mutuels de prospérité avec quelques petits présents, appelés j^r^^rE,(( étrennes », soit pour tcriiœ^ du nombre trois, qui était d'un bon augure (0), soit
(1) Lucian., Pseutlolog.^ 17 ; Vopisc, Tacit., 9.
Plin., XXVIII, .'J. (5) Julian, Miso/jo(/., p. .'JUi;
(2)0vid., l'asf., l, IGy. Liban., Destr. Calend., p. 178.
(3) Plin., XXVIII, 2. (6) Festus, sub verb. SIreua. (i) Plutarch., Cicer., p, {:>78;
3* Série. — Bronzes. S
plutôt à cause des branches anacliées au l)ois sacré de Strenua, déesse de la force, <[ui fureur offertes à Titus 'l'atius le premier jour de Tau (ij, alois le prenii<'r iiiai's; car jauvler et février ii'out été établis que par INuina (2). Ces préseuls sont distincts des xenia, que l'on offrait à ses hôtes (3) et des apophoretes, qui dans uu i-epas se distribuaient aux. convives (4). Les strcnœ comprenaient nécessairement tous les objets que Ton voit sur le di.scjue de notre lampe, et peut-être y joignait-ou (juel()ue(()is la lampe elle-même, comme on en mettait uue aussi parmi les apophorètes (5). Cependant quelques archéologues pensent que ces lampes de nouvelle année étaient uniquement destinées à être allumées, le .soir, devant les portes des maisons, que l'on illuminait ce jour-là (G).
Repreuoiis la description de notre lampe. On y voit une Victoiie, tenant de la main gauche une palme, et de la droite un médaillon qui porte cette inscription :
ANNV7?i NOVM FA^ STVM FELICEIM MIHJ,
c'est-à-dire : « Je me souhaite à moi-même une nouvelle année heureuse et prospère! » vœu assez original, et qui distingue ce moinuueut des autres du même
(1) Nonius; Synim., Epist., X, (i) Martial, ^y)/^'/-,, XIV, 1,0. 28; Liprn., Hist. stren., 3, ^ 14. (5) Martial, A><7r., XIV, 39et41.
(2) Ovid., Fast., I, 39 et 43. (G) Lipen., Hist. stren., 2, sec.
(3) Vilriiv., VI, 10. cL't.,§23.
genre, lampes, gemmes ou médailles, lesquels portent tous : tihi^ imperatori , principiy etc. (i^. Il paraît que le possesseur n'a pas voulu déroger à ru^ai^e que les anciens avouaient hautement, et que les modernes déguisent davantage, de commencer pai- soi-même les souhaits que Ton l'ait pour le bonheur univeisel; bien plus, il ne parle que de lui-même et sous-entend tout le reste. Il y a un vers de Plante (^.i) qui renferme la formule complète, sinon polie, du moins pas tout à fait exclusive :
Bene niihi, bene vobis, bene amicie mea?! « Bonheur à vous , à moi ! bonlicur à ma maîtresse ! »
C'est tout simplement la fameuse règle des rudiments : E^^o et tu valemus, « ^loi et vous (pour, \ous et moi), nous nous portons bien. »
Autour de la figure, on voit les divers présents d'usage. C'est d'abord une feuille de laurier : cet accessoire
rappelle les feuillages du bois de Strenua; il confirme l'étymologie déjà donnée, et s'accorde avec les glossaires, qui traduisent strena par OaT^Xoç, « rameau )>, ainsi qu'avec ce distique de Tibulle (3) :
Et suspensa sacris crepitet bene laurea flammis, Omine quo felix et sacer annus erit.
(l)Bellori,Z-»c.5P/?., part. III, tab. (^2)Plaut., Ver$., V, 1, 20.
5 ; Passeri, Zmc. /?c^,part. I, tab. 6 ; (3) Eleg., II, Ti, 8L
Meffei, Gem., part. I^, p. 113.
« Qao lo huii'ier suspondu sur les naiiinios sacrées y brûle en j)étillaiit, « présa^^e (l'une année heureuse et sainte ! »
De Fîiiitre coté, on voit un laiiican de palmier chargé de son rét;iin(' de dattes, eneoiM' dans son enveloppe ou spathe, selon la eontinne des anciens ([nand ils j)résentaient ce finit (i), à moins (pi'on ne le dorât, ce qni se faisait aussi (pielquefois pour les él rennes (^.).
Plus ])as est nu o])jet pen distinct, que des critiques ont pris poiu' un fondre, mais ([ni ne peut être qu'une masse, nu ])allot de iii^ues sèches. Kn effet, les figues de Ou'ie (caricœ) devaient être an nond)re des présents de nouvelle année (3), tandis (pie le foudre de Jupiter lia aucun rapport avec lesétrennes; et les figues sèches se vendaient à Rome dans des espèces de paniers ou de sacs de roseaux tordus, torta meta (4), qui devaient offrir à peu près la figure indi(piée.
Sous le médaillon se trouve un fruit qu'il n'est pas aisé de reconnaître; peut-être faut-il y voir une noix ou une ponune de pin confite, fruits que l'on met souvent parmi les présents distribués dans de pareilles occasions (")).
On aperç^oit encore sur le fond de notre bas-relief trois médailles ou pièces de monnaie ; c'est d'abord nn as trèsantique portant la double tête de Janus ; puis deux antres
(1) Stat., Sijlv., I, 20 ; Non., de (i) Martial., XIIl, 28.
Ik cib., \, 30. (.^) Martial., XIII,2o; V,3l ; VII,
(2) xMartial, XIII, 27, et YIII, 33. 00; XIV, 18;Eschin., £'i;.,V,p. 123.
(3) Ovid., Fa&t., I, 185.
TROISlf^ME SKRIE. ^ 01
pièces f{iii doivent être plus modernes et (Il me v;i leur plus élevée : car, dans la vieillesse de Jlonie, tout perdit sa simplicité primitive, et les piésents devinient de plus en plus iiiaL;[iifiques. Par les mains du prélét de la cité, le sénat offrait à l'empereur des patères pleines d'or (i); et Honorius réii,la la somme à inie livre de ce métal, faisant soixante-douze solides (:>>.) ; en retour, Femperenr distribuait aux magistrats des pièces de monnaie nouvellement frappées à son imai^e.
L'une des deux médailles offre deux mains enlacées, aA'CC deux serpents qui tiennent lieu du caducée; ordinairement celles qui portent cet endjlème ont pour exergue Fides^ ou Concordia^ ou Caritas mutnaÇVj. L'autre porte une ^ ictoire les ailes déployées; les médailles de cette espèce sont connues sous le nom de Nummi Victoriati.
C'est à ce genre de médailles que ressemble le disque de la dernière lampe de cette planche, (pii est dil} chne, ainsi que celui d'une lampe décrite précédennnent (4). Oji y voit une Victoire ailée, présentant de la main droite une couronne, et de la gauche une palme, et tejiant \\\\ pied en l'air, tandis que le second s'appuie sur un globe qui semble prêt à rouler. La ^ ictoire partage ce dernier eml)lème avec la Fortune ; et des deux cotés l'allégorie est également frappante de justesse.
(1) Symmacli., Ep., X, 28. 77/. /?/•., tom. H, p. 7-2-2 et 73i.
(2) Cod. Theod., de Obi. vot. (4) PI. 32. (3)Agostin., J/ef/.,p. 38; Bo^er.,
Ces ([iiatre lampes inoiiolyclines ofïrcnt (jnatrc sujets diftérents.
Dans la pieinicie, nu lioiuiiic im'mvci'so sui" le sol s'atta- (^lie (Tinie main à la eorne (l'iiii tanicaii ([iii est au-dessus (le lui, tandis ([lie pins loin nn elieval eonrt, la biidesur le eou. Sans doute ee i^roupe représente la tauromachie, ou plnt(')t la l((urucathapsiey i\\\\ (.'lisait quekpiefois partie des jeux publies à Rome. César et Tempereur Claude firent entrei- dans le eircpie des cavaliers tliessaliens qui, eu galopant (N\te à e(\te avec nn tauican, laneaientiuie courroie sur les coines de ranimai ; aloi'S, abandonnant leur coursier ils se laissaient aller sur le taureau, et le renversaient (i). Cette chasse ou ce condjat se trouve représenté sur plusieurs monuments (:>.), et même sur le célèbre marbr(^ d'Oxford où se lit ce mot Taupo/caÔocil/ia (3).
l^a deu\i('me lampe, ([ue l'on a dessinée au bas de la planche sous deux pointsde vue, rcj^résente un quadrige lancé dans la carrière. Les courses du cirque offrent un sujetcpieron rencontre assez fréquenunent sur les lampes anti([nes (j). Il n'y a point de raison, comme nous l'a-
(1) Sueton., Claiid., -2i; Pliii., tah. 18.
VIII, i-i; Rciske, Anih. Cep/i., 728 ; (3) Mar?i., 37, p. 485.
Heliod., .-Elhiop., p. i08. (ij Bellori, Luc. sep., p. 1, fig. 25
Liebe, Gol/i. numm., p. 27 cl<,cqq.;Pa&scv\, Luc. ftct. ioin.lll,
et 200; Passeri, Luc. fie'., io;u. \U, tab. 2G et>eqq.
TROISIÈME SÉRIK. 63
VOUS fait observer, pour qu'elles se rapportent à des jeux qui ont été réellement eélébrés, ou pour admettre qu'elles soientplutôt sépulerales que domestiques. Le eondueteur tient de la main droite le fouet avee lequel il excite ses chevaux., et de la «gauche les renés attachées à des bandelettes qui lui servent de ceinture. Ces bandelettes, décrites par Galien, ([ui les nomme âpy.aTr.AaTai (cochers), sont marquées plus distinctement dans d'autres monuments du même genre. Il arrivait souvent que les conducteurs de chars se faisaient une ceinture des rênes ellesmêmes, afin de retenir et de guider les chevaux à l'aide du poids de leur corps : c'est ce qui rendait leur perte presque inévitable, quand ils venaient à être précipités de leur char, et telle est la principale cause de bien des morts tragiques pareilles à celle d'Hippolyte, si souvent décrite par les poètes (i).
Un coq avec une palme, sur la troisième lampe, rappelle les combats de coq, que les Dardaniens gravaient sur leurs monnaies (2) , et ceux cpii furent établis à Athènes par Thémistocle (3). Les cond)ats de coqs et de cailles furent aussi en usage à Piome : Auguste et Antoine, pour charmer l'oisiveté des camps, engageaient des défis de cette espèce, dans lesquels les champions du futur empereur furent toujours victorieux: (|) ; ]ari>a-
(l)Sophocl.,£'/cc/r.,7.i7;Eurip., (-2) Pollux, IX, Si.
HippoL, i236et I2ii; Ovid., iUlet,, (3)Lucian.//e(i?/?«n,,3T;Ari5tot.,
XY, 5'2't; Senec, HippoL, 1072; ///.';^««/w.,IX,8;Columell.,VIII, 2,
Stat., Theb., YI, 504. (i) Plutaicli., Anton., 030.
64 BRONZtS.
litt'dc (^aracalla et de Géta éclata d'abord dans des occasions pareilles (i). Les oiseaux donnèrent ainsi de véritahles aMi;iires.
Ta quati ièiiic hiiiipe représente un Amour on un Oénie ailé([iii, dessiné peu nettement, paraît tenir d'une main nu ])oiss()n, et de Tautre un rouleau de filet. S'il y avait une Vénus marine, on connaissait aussi un Amour marin; et les jxx'tes, dans un lani:;ai;e allégorique, ([ui paraîtrait un j)eu suiainié maintenant, représentaient ce dieu taut(')t connue chasseui' et tantôt conime pécheur. l\'ut-cti"e, d ailleurs, neliuit-il voir ici tojit simplement (pic le Génie de la pcclie.
Cette planche otïre une hunpe dil\chne, dont la poignée estnn aigle posé sui- un ii;lobe, et dont le disque repi'ésente un buste d'honune, tien ièie lec[uel est un croissant. Ces deux synd)oles, l'aigle et le croissant, sont consacrés à .Inpiter, le dciiiicr coiinnc evpiimant l'éternité. On les trouNC réunis sur plusieurs lampes anti((nes (9.), et dans ([uelques autres moinnnents. Il en est un ([ui ])eut lever tous les doutes : c'est une colonnette sur la([U('lleon voit limage de Jupiter, a\ant la tondre sous ses pieds et le
(1) ilerudiau., ili, 10. f'auc, tum. V, part. II, tab. ITi-i et
(2)Bellori, par*. H, tai). 'i; Mont- loo; Tasseri, tom. I, tab. 20., 31.
croissant sur la tête, avec cette inscription : lOVI. SE- RE\0. SACR.
Les six lampes (pii viennent après celles-là sont monolychnes, et représentent si\ différents sujets :
Un dauphin enlacé autour d'un trident, attributs de Neptune; '
Un dragon, deux dauphins et un petit temple qui est vu comme dans le lointain : cette allégorie se rapporte peutêtre à l'expédition des Argonautes et au dragon qui garde la toison d'or, dans le temple d'/Ea, ville de la péninsule de Colchos (i) ; car dans la numismatique le dauphin désigne ordinairement une cité maritime (2) ;
Un buste de femme, dont les traits expriment le courroux, dont la coiffure est bizarre, et qui est supporté par deux dauphins : si cette figure n'est point un pur caprice de l'artiste, on peut y voir une de ces sirènes qui, furieuses de n'avoir pu attii^er Ulysse dans leurs pièges, se précipitèrent dans les flots (3) ; ou peut-être, et plus vraisemblablement selon nous, une Scylla ;
Un buste d'homme avec un croissant, emblème qui, comme nous l'avons dit, indique un objet -consacré à Jupiter; à moins qu'on n'aime mieux voir ici, d'après un marbre de Palmyre (4) , Malachbel , la lune des Syriens : on pourrait encore y chercher une apothéose, comme dans cette médaille de Faustine qui
(1) Strab., I. Claud., v. 3o-4 et seqq.
(2) Burnian., Numism. SicîL (i) Spon., MhcelL ernd. anti- DorvilL, 329 et 430. quit., sect. I, art. I.
(3) Hygin., Fab., 12.3 et lil;
3* Série. — Bronzes. • 9
porte, avec une ii^iire sur un croissant , la légende, Sideribus recepta^ « admise parmi les astres (i); » et en effet c'est dans la lune ([ue Ton a souvent placé le séjonr des bienheureux (•>>) ;
Un oiseau tenant nn rameau d'arbre, et peut-être nn corbeau tenant un rameau d'olivier : dans ce cas, la lampe sciait consacrée à Phœbus; cai' ces deux symboles se trouvent sur le revers d'une médaille de Domitien représenté en Apollon (3);
Deux dauphins, enti-e les(|uels est un objet assez difficile à distinguer, mais cpii pouriait bien être l'acrostolion ou la galerie de proue d'un vaisseau : en ce cas , hi lampe serait consacrée à JNeptune, comme celles du même genre (4).
Un peu au-dessus des deux dernièiTs Lampes on voit le profil et la coupe perpendiculaire d'un petit ustensile de terre cuite formé de deux cylindres creuK et concentri([ues : le cylindre extérieur a sur les côtés deux petites éminences propres à servir d'anses, et l'intérieur s'élève un peu au-dessus du niveau du premier; il comnuniicpu' avec celui-ci par luie ouverture latérale que l'on voit dans la coupe. La partie supérieure du plus petit cylindre paraissant encore noircie par la fumée, il est évident ([u'il contenait une mèche, et que la capacité (|ui l'entoure était le réservoir d'huile. En décrivant les
(1) Buonarrotti, Med., Aï. (3) .Vus. Famés.
(2) Bie, A'ww. aur., tab. -i3 ; (i) Passori, tom. I, tab. 45; Fa- Dante, Parad., IV. brett., Col. Tra].;\ p. 3-i7.
/y Rooox. '1/ 'i-f,'
V 1 V ZOV -&. 10 9
lanternes, nous rencontrerons de petites lampes d'une construction sendjlable, dont la matière est métallique : nous en concluons que celle-ci était appliquée à un pareil usage ; mais elle se trouvait sans doute dans une lanterne de bois, qui aura été détruite.
Les deux premières lampes de cette planche, toute deux de terre cuite et monoh cimes , se rapportent au cultede Jupiter : elles représentent, Tune le dieu lui-même avec l'aigle et le foudre; et l'autre l'oiseau seul. Peut-être y a-t-il un certain rapport entre ces deux antiques et les lampes qui, selon Pline (i), constituaient un instrument magique avec lequel on pouvait faire descendre du ciel (elicere) le maître du tonnerre ; ou , ce qui signifie la même chose, attirer à volonté ou conjurer la foudre. (3n sait qne cet art fut connn des Etrusques : c'est par lui que s'illustra Prométhée, ce Franklin des premiers jonrs.
Les quatre autres figures de la même planche font connaître, sous tous les aspects et dans tous ses détails, une lampe de bronze d'un travail exquis. Le profil montre les légères arabesques qui s'arrondissent sur ses flancs, la courbiu^e gracieuse de l'anse, et le groupe naïf formé par un enfant ailé qui, jouant avec une oie, emploie toutes ses forces à retenir entre ses petits bras le volatile, qui
{i)Hist.nat.,X\m.S,elXXX,<2.
se(lél)aten criant. Ce groupe, (jiii est posé sur le l)ouchon (le la lampe, et ({ui tient à la poignée de celle-ci au moyen d'une chaînette attachée aux pieds de l'oiseau, est représenté une seconde fois, vu par le dos de l'enfant. Des deux plans, l'un montre le dessus de la lampe, et la manière dont les deux becs, ainsi que la palmette de la poignée, se rattachent au disque ; l'autre fait voir lespalmettes qui décorent le dessous des deux becs, et l'attache des deux tiges de l'anse sous la coupe convexe.
On a prétendu reconnaître dans l'oie un cygne, et dans le groupe, par conséquent, une allusion ;i la fable de Léda, ou Jupiter vaincu par l'Amour : ce qui formerait un pendant à (juelque autre groupe où se trouverait un enfant jouant avec un paon, c'est-àdire, l'Amour vainqueur de .Tunon (i). Tout cela peut être fort joli ; mais une pareille combinaison n'est ni simple ni naïve : elle appartient au siècle de Louis W , et non pas au siècle d'Ausfuste,
Hcs huit lampes que contient cette planche, il y en a deux, le Jupiter et l'aigle, à propos desquelles nous ne pourrions cpie répéter C3 que nous avons dit en décrivant la planche précédente.
(1) Gronov., Thcs. ai, t., tom. XI, p. 71, n. ii.
3™« Série.
A d'H . V iî ir. .x 1
TROISIEME Sf.RIE. 69
Trois autres ne sont reiiiarcjnahles ([ne par le travail et le gont des ornements ([ni entourent le disque.
La sixième et la dernière de celles qui n'ont qu'une mèche représente Cybèle, ou la Mère des dieux : cette figure, grossièrement modelée et détruite en partie, est assise entre deux lions : elle tient sur ses genoux une espèce de tambour; à sa droite paraît être une figure d'Atvs , et à gauche un arbre, un pin sans doute (puisque Atys fut changé en pin) auquel sont suspendues des cymbales.
Cette lampe fut trouvée à Herculanum, cité c[ui [possédait un temple de Cybèle, comme le démontre une inscription que les fouilles ont mise au jour, et de laquelle il résulte que Vespasien rétablit le tem[:)le de la Alère des dieux, détruit par un tremblement de terre.
Ce n'est point ici le lieu de nous étendre sur les divers noms de la ^lère des dieux, parmi lesquels on remarque celui de Cybél)é (Ku/iw,) ; sur ce qu'elle a deconnnunavec la déesse syrienne ou la \ énus des Phrygiens, avec Diane ou Bendide de Thrace, et avec Vesta même, étant vierge quoique mère ; sur ses mystères nocturnes , et l'expiation tiuirobolique , sur ses amours avec At}s, sa jahjirsie et ses fureurs; sur le fiuiatisme, les convulsions et leshiu^lements mysti(pies des Galles et des Corvbantes, et sur l'affinité de ces prêtres avec les Bacchants et les 31énades. Il serait également impossible de résumer ici les longues discussions qui se sont établies entre les savants sur cette question : Atys et Attis sont-ils deux personnages différents, comme l'a voulu établir Sauniaise? ou
bien n'en fornient-ils (ju'uii seul? ^<(iiis ne pouvons que renvoyer nos lecteurs curieux, de ces éclaircissements aux poètes et aux mythograplies anciens, ainsi qu'à leurs commentateujs (i).
Enfin cette planche donne deux lampes dilychnes. L'une-est remarquable comme devant être nécessairement suspendue ou portée par le milieu ; car les deux mèches se trouvaient aux deux extrémités. L'autre, dont la poignée est brisée, se distingue parla bi/aireric de sa forme et de ses ornements.
planchp: 53.
Parmi ces huit terres cuites, quelques-unes offrent des particularités curieuses.
Au milieu d'un cercle, orné de feuilles détachées, on voit une croix couverte elle-même de petits cercles et de boutons, et dont les quatre branches vont en s'élargissant vers leur extrémité. Comme plusieurs autres qui ont été décrites par les archéologues (2), cette lampe
(l) Fulgent., mytii., III, Ti; (li- 103; Homsterliuys, in Lucian.,
raid., Synt. D., IV, Hesych. in Dial deor., XII, Ori; Silbarg., in
KuS/jêv; ; Diodor. , III, riS ; Strab., X, Pausan., VU, 17 ; Sa!mas., Exerc.
718 ; Ovid., Fast., IV, 181 ; Serv., PL, p. 37 ; Casaiihon, in Pers., I,
ad Jin., III, 113 ; Isidor., VIII, 11 ; •)3; J/j^, ceph. 171.
Apul., Mc(., VIII, 078; Gronov., (:2) Aringli., Bom. Sotierranea,
Thés, ant., VII, 425; Voss., /f/o/., III, 2"2 ; De laCliaiisse, Mus, Rom.,
I, 20 ; II, 2 et 52; Ovid., Met., X, V, tab. 1 et seqq.
peut être comptée parmi les plus anciens monuments de la religion chrétienne; et en effet, si l'on admet que l'apotre saint Pierre arriva en Italie, comme Eusèbe l'affirme, la troisième année du règne de Claude, c'est-à-dire la quarante-troisième de notre ère, Pompéi n'ayant été enseveli sous les cendres du Vésuve que trente-sept ans après , il serait possihie que la foi nouvelle se* fut assez répandue dans cet intervalle parmi les hal)itants de cette malheureuse ville pour y avoir laissé des monuments durables de ses progrès. Il ne faut pas se dissimuler néanmoins que l'on a rencontré des figures semblables à des croix sur des monuments antérieurs à l'ère chrétienne, et notamment sur deux vases étrusques (i). Il se trouve aussi des croix parmi les hiéroglyphes (pii couvrent les édifices religieux des Egvptiens (i) ; mais là ce symbole, qui est le fameux tau des mystères, a une tout autre valeur.
Sur la lampe qui suit se montre, dans tuî cercle entouré de deux palmes, le buste d'une jeune femme : c'est du moins ce qid est indiqué par sa coiffure appelée Diitella, et par les deux bandes d'étoffe qui lui forment une espèce de collerette (3).
Plus loin, au milieu d'un cercle orné de feuilles en cœur ([ui forment une espèce de chapelet, s'offre Fimage d'ini dauphin, près de la queue duquel on voit encore une
(1) Passer!, Piltur. elrusc, tom.I, men., YII, 15 ; Nicephor., XII , 2G ; tav. 53 et 87. Suid., IX, 2!), et Rufin, II, 29.
(2)Socr., Hist. eccL, V, 17 ; Sozo- (3) Scrv., ad .En., I.
72 nilONZES.
i(Milll(' en ionnc de trc'ilr. Ia' (lauj)hiii était, coiniiu; nous ravons (Icjii j'épété, le symbole de iNeptiiiie et des cités maritimes (j).
\ icniiciit alois deux laiiijx'S doFit le has-rciielna point de sujet précis : inné a jxmi" ornement une palmette eorreeleiiieiil mais nu peu lourdement dessinée; l'antre est ehari^ée de petits l)onlons et de traits en zigzag d'un gont assez é(pii\ ()([ne.
tine lam|)e Ix'aneonp pins jurande représente ensuite nn na\ii(' dn i;('nre de een\ (pi'on appelait /;/\5"^/7.X' (2), e'est-à-dire imitant la (orme dn monstre marin ([ue larlistea pent-ètre Noidn indiqner an-dessous. L'ampleur delaviron de celte l)ai(pie suggère nue remarque assez cnricnse : e est ([ne j)lns les monuments représentant des vaisseaux sont anciejis, plus larges sont les rames (pii s\ tioincnt représentées; ainsi la rame du vaisseau d'Ulysse aurait ])n être prise, dans les pays qui ne connaissaient ]^oint l'art nautique, pour \u\ van à nettoyer le l)lé (àOr,G7,Vj-Yo;) (>). On en peut conclure (pie le modèle de cette lampe est des plus anciens.
Les deux laiiq^es (jui terminent la planche sont remai(jual)les |)ar l'ornement assez gracieux de leur contour, et ])ar Tespèce de canal extérieur (pii, comme dans les trois premières, met rcxtrémité du bec en communication avec le trou par où l'on verse l'huile. L'une
(1) Spanli., de V. et P. ^umism. [3)Homei\, Odijss.,l, iTiOetseqq.
(2)Virg.,.^n.,V; ïit.Liv., \,l.
IJliUiM/'-K s
a pour ornement un lion assis dans une attitude toute pacifique; Tautre, deux colombes l)ecquetantenseml)le je ne sais (juel iruit, et posées sur les deux anses d'un de ces A'ases, appelés <://«?« (à deux oreilles) : touchant symbole (Tamoiu' et de concorde , (jui pouvait lionoier la tombe tle deux époux.
On a réuni dans cette planche et dans la suivante toutes les lampes d'argile qui portent une inscription sous leur pied ; inscription qui paraît indiquer, sinon toujours, au moins le plus fréquemment, le prénom, le nom ou le surnom (cognomen) de l'artiste ou du fabricant. Comme deux d'entre les dernières sont vues à la fois de dessous et de dessus, ces quinze figures ne donnent que treize lampes et treize inscriptions que nous allons examiner successivement.
Dans un creux qui figure l'empreinte d un pied humain sont les trois lettres CVC : on peut en former les noms, Cucciini6\ Cucutus, Ciicius^Ciicinnn; ou, en séparant la dernière lettre des deux autres, Cudiiis Cerdo, Cupellius Chariton ^ Cuti us Cclsus ^ noms que l'on trouve tous dans des inscriptions (i).
(1) Murât., 1928, 10; 1805, 11; 8; 900, G, et 1033, 10. 2085, 4, et 105-2, 7 ; Gruter., 809,
3« Série. — Bronzes. - 10
Dans deux empreintes seinl)lal)les à la première, on tronve P. VF, sans doute poni- PiihUus Ufctius ^ \{\ ^ens Ufetia v\,\\\\ connue par les inscriptions (i).
PVLCIER, le même nom (jne Piilcher^ surnom de la famille Lutatia et de la famille Clodia (^x).
H peut sif>nifier /^<?/v//c.v, IJ chenus^ ou bien, en faisant un ! du second jandjage, qui est ])lus i^rand que l'autre, Hild.riis. (]es trois noms se trouvent sur des monuments fii^ulins (.')).
N. A. veut dire l\hinicrius yhitcros , yégatliohulus , yiprdis^ Absautns ou Alcxandcr (j).
CMEVFO en ponctuant C. MEV. FO fait Caliis Melius Fortis (")).
Z. V. X. serait fort difficile à interpréter; mais en îoiunant la hunpe dans l'autre sens, X. A. Z. peut sii;iiitier Dcciinus Anrelias Zosimus (()).
VETILI, nom de famille l)ien connu, mis sans doute au génitif, connue on a tronvé Cassi, Icci, Oj?pi{j).
ATIMETI, nom cpii se trouve déjà ainsi au génitif sur une lanqoe où des archéologues ont lu mal à propos Atunltl (<S) ; on le rencontre dans les inscriptions (q).
(1) Murât., 5^27,7. ((i)" Murator., lili; FabrcU.,
(2) Gruter., 2il, i.'i^; Tii, 820, Imcr., 121, 358.
iOil ; Cicer., pro Mil. (7) Gori, I/iscr., 222, 13; Passer!,
(3) Fabrett., Inscr., 502, 91; tom. T, tah. iO; tom. Il, tab. 9 et 510, 237; 520, 522. 92; tom. UI, tab. i et 39.
(4) Fabrett., //Ksrr., 500, 509, (8) Licot., YI, 90.
512, et soqq. (D) Fal)rett. , Inscr. , 502, 90; Mu-
(5) Murator., 503, 7; Fabrett., rator., fnscr., 398, 13 ; Ficoron., Insci'., 510, 232; Passer!, Luc. fict.; (]emm., tab. 1,21. 11.52;l]crlulli, Ant.(UAqui'.,\) 207.
MYRO, t'st h' nom (11111 stiituairc célèbre dont parlent Pline, Ovide, Ausone et une foule d'épigranimes de l'Antlîoloi^ie; mais, à part le nom, cet artiste ne paraît avoir rien de commun avec celui qui a modelé notre lampe. Les inscriptions ne donnent d'ailleurs aucune lumière sur ce nom, d'orii^ine grecque; sur une seule lampe, on a lu Miro (i).
KEACEI, nom latin écrit en caractères grecs, pour 6'(?/.9//car El renq:)lace, I tant pour le génitif singulier que pour le nominatif pluriel. On trouve cependant CEACI sur une lampe antique du musée Farnèse. Il n'est pas rare de rencontrer des mots latins écrits en caractères helléniques {p) : les gloses de Basilicus et de Théophile en sont pleines, et l'on trouve dans une église de Nocera une inscription qui commence ainsi : AE AONIC AE! pour De do/lis Dei, <( Des dons de Dieu. » On voit ici un individu désigné par son seul surnom (^cog/wme/i) , sans son prénom ni son nom de famille, usage qui s'introduisit dans les derniers temps de la république, tandis que jusque-là chaque citoyen avait été désigné par son prénom (3).
M. H. O, Mardis Hostilius ou Herennius Obsequens ; à moins qu'on ne liseM. HO, J/«/T/^f llostillus ^ ou M NO, Marciis N ornent anus ; ou, ce qui est encore moins
(1) JMurator., ïascr., .loa, 6. (3)P. Sirnioiid, rffZ^/zwo^., lib. I,
(•2) Baonarrotti, Osserv. su velri, c. i, de Prop. nom. med. œtat., in
p. 180; Gori,, tom. I, p. 433; Ma- prcef. ad Sidon.
rini, Inscr. Alb., 128.
76 BROr^ZES.
prol)al)U', Cil supprimant le point intcrnu'diairc, MILO TITIN sans doute Tiliniiius ^ nom (Tune famille bien connue. Cette lanijx', (|iii est dessinée sous deux aspects, off'i'e une pai'tieulaiilé reniar([ual)le : sur l'un des cotés se trouv.iit une espèce d'anse, aujourd'Inii rompue, dans laquelle ou mettait sans doute le petit aii>uillon destiné à relever la mèche. O't aeecssoii-c a ctc observé dans plusieurs lampes aiili(jues (i).
il existe encore une seizième lampe à inscription, cpie nous iTaNous point donnée poui- éviter un double emploi. Ou \ voit deux pieds (riiomme, sur le j)i{'mier desquels sont ces trois lettres PVI taudis (jue l'autre porte celles-ci PVROn peut en Jormcr les noms Puhlius Vibi us (ovi Fibulliiis) Pur pur eus ou Puruladus (^i). Peutêtre néanmoins, les lettres étant mal formées, faut-il lire deux fois PVFcomm<' à la deuxième lanqie, pour Puhlius Ufetius. Il est à observer toutefois que la marque du pied était commune à un i^rand nond)re de fabriques, et qu'elle se trouve sur beaucoup d'antiques non-seulement d'argile mais encore de métal : on possède même des anneaux ou cachets (pii portent cette marque, ce qui ne paraîtra ])oiut étonnant si l'on se rappelle que l'anneau était le symbole de l'autorité, et le pied celui de la possession territoiiale (')).
(1) Passer!, Luceni. fut.,\on\. I, (3) Everard. Olh.,Jiirispr. Sym-
tav. prelim., n. 3, boL exerc, n. 17.
("2) Tiori, fuser. ~Ck