‹ Herculanum et Pompéi (volume 5)Chapitre 15 sur 28 · C-rco .v <S "'■ 5'-lV · texte numérisé non relu

C-rco .v <S "'■ 5'-lV

W- a^Vo uua ^5^ , Ce! ttu>- .rv'j? k i/ (D m» e^c c^e r>i - '-v

i-x.csj? c\' ^ <r> f|i t tôt

U/y ■ dan o Je. çU o^Vjh

PEINTURES

DEUXIÈME SÉRIE

Nous devons cette fresque à l’usage, adopté par les habitants des villes de la Campanie, d’orner de peintures diverses les murs extérieurs de leurs habitations : de nos jours, en Italie, on y représente encore les figures des saints. Ainsi les maisons, et surtout les boutiques de Pompéi, ont offert des Mercure, des I sis , des Mars, et même les douze grands dieux réunis. Un mar- 1 chand de vin, établi dans la rue ou se trouve l’entrée du Panthéon, avait fait peindre d’un côté de sa boutique Mercure, pour que ce dieu protégeât son petit commerce, et de l’autre, l’inventeur du vin, son patron, le Bacchus que nous publions ici.

La couronne de lierre , le thyrse, la chlamyde bleue, les sandales, voilà son costume et ses attributs. Les jambes croisées, il s’appuie d’un bras sur une espèce d’autel, et presse dans un cratère placé plus bas le jus d’une grappe de raisin. Une panthère semble japper devant lui comme le chien familier qui réclame sa part d’un festin. L’attitude de cette figure est heureusement trouvée, et l’exécution médiocre. Ce n’est point dans nos rues pourtant que nous trouverons quelque chose a comparera cette enseigne de cabaret.

Dans la vignette, encore des vases et des palmes; toujours des prix athlétiques : exécution plus que capricieuse ; formes de vases variées à l’infini !

PEINTURES

Cette belle composition ornait le portique intérieur d’un grand édifice du forum de Pompéi : elle faisait partie d’un ensemble de compartiments renfermant des arabesques gracieuses et variées, genre d’ornement que les anciens appelaient rhapographie, c’est-à-dire peintures cousues les unes avec les autres.

L’art de la comédie est né à la suite d’une orgie. C’est ce qu’indique cette jeune Bacchante, appuyée sur le dossier du siège de Thalie et attentive aux paroles que déclame la Muse, ainsi qu’à l’expression de ses traits : revêtue d’un pallium bleu turquin qui, dérangé par ses danses, ne lui couvre que la moitié du sein, elle a déposé son tympanum aux pieds delà déesse, et suspendu pour l’entendre le bruit joyeux de la danse bachique. Remarquons en passant cet instrument de percussion, qui a tout à fait la forme d’un tambour moderne, et qui, comme celui-ci, est attaché à un baudrier.

Thalie, de son côté, est tout entière au dieu qui l’inspire, et dans le temple duquel se passe cette scène; son visage en feu, ses yeux étincelants, rappellent que parfois la comédie prend un ton élevé :

Interdum tamen et vocem comœdia tollit (i).

(i) Uor., de Art. poct.

PEINTURES

■üm&EflSH æf^SKE ®^.©©5SÆblÿT5S.

// /u/ t s ' $œcja4sz ///i#/ .

Vs.xt4lv a

J~f. JioT^ay tzcrzc-’ .

S éne .

CkA'i'a à&PP' •

vT. i x v//^

\Jj<Â ^> > f $ C PP, 1^4/3

QuMc 7L ~Lolv X/ii j P‘ 73

DEUXIÈME SÉRIE

La Muse est coiffée d’une espèce de mitre dorée, et vêtue d’une longue tunique jaune, peut-être du genre de celles que Pollux range au nombre des costumes comiques, et qu’il appelle symmetria (i). En outre, un manteau de couleur bleuâtre descend de son épaule jusque sur ses pieds, que supporte un scabellum. Sur ses genoux, elle soutient avec une branche de laurier un masque comique, dans lequel on reconnaît tous les traits signalés par le lexicographe grec (2). Ce bâton recourbé, qu elle tient delà main droite , est le pediim des Latins, le lagobole des Grecs : cet attribut pastoral convient parfaitement à. Thalle , dont le nom veut dire fleurie ou verdoyante , et qui n’a point rougi, dit Virgile, d’habiter les forêts :

Nostra nec erubuit silvas habitare Thalia (3).

Le mot comédie même ne veut pas dire autre chose que chant villageois (jtwgviç ofl/Ç); la Muse joyeuse est née au temps des vendanges, à la suite d’une orgie de paysans. Voilà pourquoi, dans un si grand nombre de monuments, elle réunit les attributs bachiques aux attributs pastoraux.

Ce que l’on remarque dans cette peinture, c’est la facilité d’un pinceau à qui la pensée donnait des ailes :

(i) Onomast., IV, segm. 120.

(2.) Poil., IV, segm. i/|4 etsecjcj.

(3) Ecl, VI, 2,

PEINTURES

là se trouve un degré d’inspiration qu’il est bien rare d’atteindre. En deçà est l’effort impuissant; au delà, le dévergondage; à ce point juste, la perfection.

Cette peinture est encore tirée du Panthéon, où on la trouvait à droite quand on entrait par la porte du forum. Dans une espèce de portique, capricieusement décoré, et peut-être sous le prostyle d’un temple, un triomphateur, dans une attitude pleine de fierté, mais avec une physionomie rêveuse qui indique que déjà il médite des exploits nouveaux, est assis sur un monceau d’armes , dépouilles opimes de l’ennemi qu’il a vaincu. Son costume se compose d’une tunique bleue qui est retenue par une ceinture d’or, et sur laquelle est jeté un manteau de pourpre : ses cothurnes rouges sont bordés d’or et garnis de fourrure. Il tient de la main gauche le parazonium, et de la droite une branche d’arbre noueuse, à l’extrémité de laquelle est attaché un trophée d’armes. La coutume d’étaler de pareils trophées dans les triomphes remonte à Romulus, qui, la robe relevée par une ceinture, et la tête couronnée de laurier, alla porter au temple de Jupiter Férétrien le tronc d’un chêne, auquel il avait suspendu les dépouilles d’Acron, roi des Céninates. Selon Virgile, l’usage remon-

î 4 UA jf*

GaaO > t* TU l*.

"SU » ']■> y /i<^ <42

Iia C » VnA

MV Ç 4o

£5> UK?/*

Mfê T3T ,)at

ot fiVr^lyO) TXpj'0»éS‘ MowxIa Ta u TT .

(jujx'Wllo^ 104^

làüfcAfiA ,

îtXjL^VW

î^io ’ 3.W

jV. Route

(R <v. / .'/y/Àts/f//

PEINTURES

terait encore plus haut (i); mais le poëte latin n’est point, à cet égard, une autorité irrécusable. Ce cpii attirera sur cette figure l’attention des antiquaires, c’est la coiffure du jeune guerrier : au-dessus d’un diadème d’or se dressent trois palmettes de feuillages, jointes entre elles par des bandelettes rouges. Cet ornement paraît être ce que les anciens appelaient diadème lemniscate : les bandelettes de laine rouge qui font ici quatre replis ou tores avaient le nom de lemnisques (2). On peut présumer que le triomphateur portait une pareille coiffure jusqu’au moment où on le décorait de la véritable couronne triomphale, de la couronne de chêne , qu’ici la Victoire tient encore suspendue sur la tête du guerrier.

Cette Victoire elle-même est vêtue d’une tunicpie sans manches, de pourpre violette : un manteau vert, rassemblé en plis pittoresques autour de sa ceinture, projette une des extrémit s de la draperie par-dessus son épaule gauche : cette figure est chaussée de cothurnes blancs; enfin elle tient de la main gauche une palme, placée entre ses doigts d’une manière qui indique beaucoup de naturel et d’abandon.

Le mérite de ces deux figures ne peut être compris tout entier d’après la seule vue de la gravure; il dépend beaucoup de la vigueur du coloris, de la force

(i)Æn.j XI, 83. 583 ; Cic., de Or., 21.

(2} Serv., in Æn V, 262, et X,

a fi

PEINTURES

des ombres, qui ressortent hardiment sur un fordelair, et enfin d’une franchise d’exécution qui répond à la netteté des idées de l’artiste. La fresque, considérée en elle-même, a été classée parmi les plus belles du. Musée napolitain.

Pour cette Vénus Piscatrix , nous ne répéterons point ce que nous avons dit plus haut d’un sujet semblable (i) : nous ne ferons remarquer que les différences.

TT mu Y Celle-ci nous vient de la Maison d’Homère. IciCupi-

don est debout, et tient une ligne, ainsi que sa mère : idée un peu moins ingénieuse que celle de l’autre peinture. On voit les poissons se prendre à l’hameçor : circonstance que lé premier peintre a négligée , peut-être avec raison. En somme, il n’est point étonnant qu’un pareil sujet ait été multiplié à Pompéi , ville maiitime, cjui devait tirer beaucoup de profit de la pêche et qui aimait nécessairement cette industrie lucrative.

Au bas de la planche se trouve la reproduction du lambris de l’exhèdre d’une autre maison de Panpéi. Il représente un tigre à queue de poisson , qui semble poursuivre au sein des eaux un cheval, un monstre, dont le corps se termine de la même manière. Nous

i) Vov. pl. i io.

- !j j $?. ^ ' J&hn. j , me

;y/ ' Va . H. W'

kl . oj ^ i , J-ll , z > )cxf • )<r

<(f«JLL. /ù<vf>, (o;sly) V/, 4>. |fo^

nEE 3TÏ ( 0-xmû. 2S,:\8 25)

?o * c^h ^ ai i . »n^ ki >2 -4

' PEINTURES

2 e Série 121

VüOaU J 'î«n^ • j

Wuot

\ tlLU :42. P. >o4

^^ cx^lcUL^ ?

iko6o Jl^jLcOxA.

Jajl6. /o&z

ftp . 3^y/3

ÇoU-( io ?) 3* 3

çrU Jf^ ^ (0g- •^'L

V /9, M^éca

Po uces

U-^-t ot /jCÏiA/totüL

fîgiâif

rou-v» ,

Ct. ^ t. ifcl !

ti«A 341 fcf b»/»

y>u\^'LLjù~

[Ar)

2iz

/M. rJ . a.

sj^<JLd!> . -3 £>wwT 3 i” / %P. 6,/iT

\j-'lO~n^ /pw- < /V/*^ / £/ 1 / JC ^

nrto . ! ncU'vi

CcW<a- dx.

'EINTURES

P P >°fz l'Ké,

X& ’tu* T WÏ $ t / y

ihcsi . k JKXA./Oil

i^ciU^û (uf) <j$

k • (fr)*.pXXJK.

('ÎSS) 7=. i*y f&.x

i'Ucttoa

hjgù

K fàk v^'î T , 2.S"

Le. crpo^r>° ■ ■— -i

Scxÿ ,

Sek-JL»£®^ C^' ?>) t

H ■ K > ;lw. -VN0 ^ 8^ O (çfcu.'fax,) , ^ByjU, LV"

ftfc — -

vf . /? »? tcc/t^és SCS, CS/ -/tenues c

ieK v ylj«„

^ £.6 5;^IS Uûac.

2d)AMT J\=H o

C C /tet Cs '’.

DEUXIÈME SÉRIE

avons déjà fait remarquer en plusieurs occasions la

rable surtout, c’est l’habileté avec laquelle ils saisissent la transition du réel au possible, et l’espèce d’harmonie qu’ils conservent dans cette oeuvre complexe» La queue pisciforme du tigre est souple et onduleuse comme le corps de cet animal; celle du cheval est frémissante et bosselée comme la croupe d’un généreux coursier : cette seule convenance, observée avec finesse, a suffi pour porter la réalité dans le merveilleux et en faire disparaître l’absurde.

nion d’Hygin (i), qui rapporte qu’Acrisius, averti qu’il périrait de la main de son petit-fils, avait renfermé sa fille, non pas dans une tour d’airain, gardée par des geôliers sévères et de redoutables molosses, mais dans une enceinte de murailles où se trouvaient des ombrages et de l’eau, consolations de la pauvre captive. Jupiter, épris de la fille d’Acrisius, qu’il a pu contempler du haut des airs, s’étend et s’abaisse comme une sombre nuée sur les bosquets qui cachent son amante ; et le germe

fécondité de l’imagination des artistes anciens dans ces sortes de créations chimériques : ce qu’ils ont d’admi-

PLANGHE 122.

Le peintre de cette Danaé paraît avoir adopté l’opi-

(i) Fob. 83.

2° Série — Peintures.

fl

d/.fl

Page 1