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PEINTURES
divin, qui doit enfanter Persée, tombe sous l’apparence d’une pluie d’or, d’un or pluvial, comme dit le poëte ;
Pluvio Danaë conceperat auro(i).
Au sein de ce paysage, l’idée de l’influence corruptrice de l’or semble tout à fait écartée : le dieu n’a voulu acheter ni les gardiens, ni son amante elle-même; il a pris seulement l’apparence la plus noble et la plus brillante. On doit savoir gré au peintre de ne pas avoir suivi la tradition vulgaire, qui est d’une vérité trop affligeante.
Cette peinture et la nymphe que nous avons vue tout à l’heure (2) ont été trouvées dans un appartement de la maison de Pansa.
La petite fresque de la vignette, représentant le combat d’une panthère et d’un tigre, a été trouvée, il y a plus de quatre-vingts ans, dans une maison d’Herculanum avec plusieurs autres sujets également bachiques. Ces fresques n’étaient point peintes sur l’enduit même de la muraille, mais elles y étaient fixées par de petits crampons : elles avaient donc été détachées d’un autre mur, sans doute au moyen de la scie, et par un procédé semblable à celui qu’emploient les modernes. Cette circonstance indique le cas que les Pompéiens ont fait de ces petites peintures, dans lesquelles on remarque, en effet, beaucoup d’expression et de naturel.
(1) Ovid., Met., IV, 61 1.
(a) PI. 1 17.
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DEUXIÈME SÉRIE
Il est facile de reconnaître des acteurs comiques dans les deux principales figures de ce tableau. Examinons d’abord ce personnage, si roide dans son attitude, et dont le masque grimaçant voudrait bien être terrible. Cette espèce de géant s’appuie sur une pique; il est coiffé d’une toque blanche, posée sur le front à la manière des tapageurs ; son costume se compose, en outre, d’une tuniqueblanche, ceinte très-haut (s uccincta), d’une espèce de pantalon collant et à pieds., fait pour dessiner ses formes, dont il est certainement très-fier, et d’un petit manteau violet jeté sur l’épaule gauche. Voilà sans aucun doute le soldat fanfaron des comiques anciens, caractère qui a été transmis jusqu’à nous par le matamore de la comédie espagnole et le capitan de Cyrano de Bergerac. Quant à l’autre acteur, entièrement vêtu de blanc, qui paraît prendre la parole, et que le premier écoute avec une attention assez hautaine ; à l’attitude penchée de son corps, à l’écartement de ses jambes et de ses bras, à l’expression railleuse et friponne de son masque, décrit parPollux, enfin à sa courte tunique et au petit manteau, dans lequel il se drape en gesticulant, ori reconnaît le père de cette nombreuse et intrigante lignée des Crispins, des Pasquins et des Mascarilles, l’esclave favori, le famulus glux de la comédie antique. Un troi-
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sièrne personnage sans masque, avec une tunique rouge et un manteau blanc, se tient près du soldat, et paraît jouer dans cette scène un rôle moins important; deux antres enfin sont derrière le second interlocuteur, et l’un d’eux a une tunique rouge : ce sont, sans doute, des personnages muets.
Il n’est point aussi aisé de déterminer positivement à quelle pièce de Plaute ou de Térence, ou de quelque autre comique grec ou latin, peut appartenir la scène (pie le peintre a voulu représenter. Le Soldat fanfaron de Plaute offre une situation où Pyrgopolinice, le preneur de villes et de tours, l’adroit valet Palestrion et le jeune Pleuside, doivent se trouver en présence les uns des autres, à peu près comme sont ici les trois personnages principaux. D’un autre côté, au dénouaient de Y Eunuque de Térence, Thrason, le soldat, se trouve dès l’avant-dernière scène avec le parasite Gnathon, auquel conviendraient bien l’attitude et la figure du second personnage, lorsque l’arrivée de Chéréas, de Phædria et de Parménon, fait connaître au fanfaron qu’il est joué : le moment choisi par le peintre serait celui où Phædria déclare à Thrason qu’il le tuera s’il le rencontre encore à cette place, menace qui est bien d’accord avec le geste du jeune homme qu’on voit à gauche dans le tableau; cependant Gnathon, à la prière du soldat, entreprend de faire accepter encore celui-ci comme un rival riche et stupide, aux dépens duquel la courtisane et son amant pourront se divertir de plusieurs manières.
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