Matt. Capell., II; Nonn., Dionys
(3) Id., ibid., X, 634, et II, 59o. XXXVIII, 3o3.
(4) Ovid., Epist. Phœdr.ad Hipp.,
PEINTURES
DEUXIÈME SÉRIE
tion. Ou sait que Calisto, fille de Lycaon, nymphe de la suite de Diane, devint mère d’Arcas, ayant été séduite par Jupiter, sous la figure de Diane, selon la plupart des mythographes (i) ; sous la figure d’Apollon, suivant une autre opinion rapportée par Apollodore (2). Bien plus, quelques-uns pensent qu’Arcas était le fils non pas du maître des dieux , mais d’Apollon luimême (3). En supposant que l’artiste ait admis l’une ou l’autre de ees dernières traditions, le tableau représente le moment où Diane demande compte à la nymphe du changement qui se fait remarquer en elle, et la force à se dépouiller de ses vêtements et à se justifier. Sans doute, Calisto étonnée répond à la déesse qu’elle-même, Diane, est la seule près de qui elle se soit reposée dans les bois Nonacriens ou sur les pentes du Ménale. A cette réponse, l’amante d’Endymion, moins ignorante que Calisto, se détourne avec un sourire dédaigneux. Cependant Apollon se montre près de la nymphe; visible à ses yeux seuls peut-être , il semble l’encourager. Du haut des rochers voisins, un vieillard, couronné de chêne, ceint d’un manteau grossier et portant le bâton pastoral, semble contempler cette scène : c’est le mont Ménale personnifié; et clairement indiqué soit par la stature gigantesque que l’artiste lui a donnée, soit par l’incertitude calculée du dessin, qui le
(1) Hygin., Astron. poet., II, i ; (2) Lib. III, cap. 8, § 2.
Id., Fab., 167 ; Ovid., Met., II, /109 (3) T/etz., od Lycophron., 480.
et seqq.
PEINTURES
confond , pour ainsi dire, avec les rocs sur lesquels il s’appuie. Comme beaucoup de divinités champêtres, les Monts portaient la couronne de chêne (i); et le chêne couvrait toutes les hauteurs de l’Arcadie (2).
N’oublions pas de remarquer que la nymphe est couronnée de laurier, ce qui est encore un indice de sa liaison avec Apollon. '
D’autres explications ont été proposées, les unes incomplètes, les autres trop recherchées : on a vu dans ce tableau l’aventure de Tirésias et celle d’Actéon, le jugement de Pâris, les trois Grâces ; on y a découvert enfin les trois Gorgones, dont deux seulement étaient immortelles (3), et le vieil Atlas, qui, ayant contemplé Méduse au moment ou elle dévoile tous ses charmes, est changé en montagne (4)> Cette dernière explication s’appuie, comme l’avant-dernière, sur la ressemblance des trois physionomies. Nous nous en tenons à celle que nous avons proposée, et qui nous paraît plus simple et plus claire.
Hercule, n’ayant pour tout vêtement, sur ses membres bronzés par le soleil, que la peau du lion de Némée,
(1) Ovid., Met. XI, i58 ; Apoll., p. 214 ; Pascal., VII, 12.
Argon ., 1214. (3) Hesiod., Tkeog., 'X'jh-
(2) Lycophr., 480; Plat., Coriol., (4) Ovid., Met., IV, 656.
DEUXIEME SÉRIE
et portant un carquois au côté, perce de ses flèches les oiseaux redoutables du Stymphale. Ces oiseaux sont blancs, particularité remarquable dans notre fresque, car aucune peinture, aucune description n’avait encore fait connaître leur couleur. Selon Pausanias, ils étaient de la taille des grues, mais plus semblables aux ibis, quoiqu’ils eussent le bec plus fort et nullement recourbé (i). En effet, les Stymphalides ont ici le bec droit, comme dans la plupart des monuments; et Winkelmann (2) a fort mal compris le sens du passage de Pausanias, quand il a prétendu le faire concorder avec les documents opposés à celui-ci. Les médailles, les autorités (3) et nos propres peintures (4), tout prouve également que l’ibis avait le bec recourbé. Du reste, l’ibis des anciens était presque entièrement blanc dans tous les pays, les environs de Pél use exceptés (5).
Les autres circonstances fabuleuses qui concernent ces oiseaux n’ont point été exprimées par l’artiste: 011 ne voit nullement que leurs plumes pussent blesser comme des flèches (6), ce qui les fit appeler les élèves de Mars (7); on ne voit pas non plus ici qu’Hercule ait employé le bruit de l’airain pour les chasser de leurs sombres retraites (8).
(1) Pausan., VIII, 22.
(2) Mon. nnt t. II, p. 85.
(3) Pliil., cle Anim. Prop., 16; Plin., VIII, 27.
(4) Voyez pl. 1 17.
(5) Plin., X, 3o.
2e Série. — Peintures.
(6) Etj ni. in Xt «ror' ; Scliol. A poil., II, 384.
(7) Serv., Æn ., VIII, 3oo.
(8.) Apollon. ,11, io54;Strab., VIII, p. 569; Apollod., II, ]). 63.
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PEINTURES
On aperçoit à quelque distance le fleuve Stymphale, assis au bord du lac, la peau bronzée comme celle d’Hercule, le corps enveloppé à demi dans une draperie bleuâtre, et la tête couronnée de plan res aquatiques. Il tourne la tête vers le héros , et semble lui demander grâce pour les habitants de ses bords.
La vignette représente d’abord une espèce de chasse dirigée par deux Génies, dont l’un a saisi un chevreuil par les pieds; puis, d’un côté, une panthère, de l’autre, la femelle d’un daim ou d’un chevreuil.
Contre un socle s’appuie une lance excessivement longue, emblème de Pallas; carClaudien, dans son exagération habituelle, dit que la lance de Minerve s’élève au-dessus des nuages (i) :
. llastat] ne terribili smgens per nnbiln gyro.
Cette déesse porte une longue lance, ajoute Fulgence, (jaod sapientia Longe verbo percuticit (2), « parce que les paroles de la Sagesse ont une longue portée. »
Sur ce même socle est placé un écusson ou un bou-
(1) De Raptu Proxerpinœ , II, 2 4 •
(2) Mytholog II, 2; viil. et Pausan., I,
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DEUXIÈME SÉRIE
clier ovale, de couleur d’or, supporté par un petit Génie à la chlamyde verte, et représentant, en un bas-relief, Pallas qui immole soit le géant Pallante, de qui elle prit son nom (i), soit, d’après quelques auteurs (2), un autre Pallante, le propre père de la déesse, qui fut obligée de le tuer pour defendie sa pudeur , contrainte au parricide, pour échapper à l’inceste ! Ce bouclier est sans doute celui de Minerve : c était, dit Pline, une coutume bien propre à exciter la vertu que de représenter sur les boucliers des héros limage des actions qui les avaient illustrés (3).
Devant le piédestal est un autel rond où brûle une flamme, et sur lequel une Victoire stephanophore, ailée, et ceinte d’une draperie blanche, fait avec une petite patère quelque libation; cette figure tient de la main gauche un casque d’or, surmonté d’un panache rouge. La Victoire, quand on 11e la confond pas avec Minerve (4)i est considérée comme la compagne de cette déesse : elles furent élevées ensemble et entrèrent ensemble dans l’Olympe (5) ; ensemble elles combattirent contre les géants (6). Il est naturel que la Victoire fasse une offrande à sa protectrice.
Un Génie, ceint d'une petite draperie violette,
(1) Etymol. in llaXÀaç; Ser
I, 43; Tzetz. ad Lycophr., 355.
(2) Cic. de N. D., III; Arnob, III; Élément. Alex., Coh., p. 24.
(3) Hist. mit., XXXXV, 3.
(4) Ein ip. Ion, i52(j.
(5) Dion., Halic.,2/. R., I, 3.
(6) Phornut., 20; vid. et Pausan., I, 24, ci V, 26,
7 fi
PEINTURES
amène devant l’autel un agneau, et apporte en même temps une petite corbeille de feuillages. Au fond du tableau s’élève un édifice, entouré d’oliviers, qui doit être le temple de la Minerve-Victoire, Nêoi À0r,v», ou la demeure de ses prêtres.
Le fragment de fresque a rapport à la même déesse : on la voit avec le casque et l’égide, tant controversée, mais bien nettement figurée ici. D’un côté on aperçoit en outre une main, l’index étendu ; de l’autre, le buste d’une femme nue. Peut-être le tableau entier représentait-il le jugement de Paris, pour lequel Vénus, selon le récit de Lucien (i), força Minerve à ôter son casque, qui aurait pu, dit-elle, effrayer le juge : elle lui fit ôter aussi sans doute, et à plus forte raison, sa redoutable égide. Cet index tourné vers Minerve serait donc le doigt d’une de ses rivales.
La Muse Uranie, vêtue d’une tunique verte, sur la-
semble indiquer, avec une baguette qu’elle tient de la main droite, les signes du zodiaque gravés sur un globe bleuâtre que soutient un piédestal de marbre rose entouré d’arbustes. Les six emblèmes visibles sur cette
(i) Dial. Deor XX, io.
quelle est jetée une draperie d’un rouge changeant,
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DEUXIÈME SÉRIE
sphère sontdans l’ordre suivant : le Bélier, leTaureau,les Gémeaux, le Cancer, le Lion et la Vierge. Ce monument prouve donc invinciblement un fait trop longtemps contesté (i), à savoir, qu’avant Aben Esra, astronome du XIIe siècle, et avant même le temps des Antonins, on a construit des globes célestes sur lesquels les signes du zodiaque étaient mis à leur place. Cette particularité éclaircit en même temps une foule de passages d’auteurs anciens, que, sans doute, on n’avait point étudiés assez attentivement quand on a engagé et soutenu une pareille discussion (2).
Uranie paraît converser avec Minerve et l’entretenir de la science à laquelle toutes deux président à des degrés divers (3). Minerve est vêtue de violet, avec une draperie rouge clair par dessus : l’égide couvre sa poitrine ; son casque d’acier est surmonté d’une crinière rouge; elle tient de la main droite une lance, et sa gauche s’appuie sur un bouclier d’airain; enfin, elle est assise sur un siège sculpté, et peint d’une couleur jaune.
(1) Heilbronn., Hist. math., p. 45o. (3) Marlian. Capell., VIII; Empe-*
(2) Alhen., II, 18, p. 40; Petron., doçl., de Sphœr ., 77.
45; Anthoi.y IV, 3a, io.
PEINTURES
Silène, assis sur un massif de maçonnerie, le bras droit appuyé sur la ciste mystique, et tenant un sceptre formé de la plante appelée férule, présente de la main gauche, à une nymphe debout devant lui, une diota ou coupe à deux anses. La nymphe, qui est peut-être une des nourrices de Bacchus, remplit, à l’aide d’une outre, la coupe du demi-dieu. Les draperies des deux figures sont vertes, ce que plusieurs critiques ont considéré comme une allusion au feuillage de la vigne. Les jambes des deux personnages, les pierres sur lesquelles Silène est assis, et les fabriques qui se trouvent derrière lui, ont été détruites en partie par le temps; mais les deux physionomies sont bien conservées, et ont une expression assez vive.
La vignette offre deux andro-sphinx en regard : le sphinx, non-seulement mâle, c’est-à-dire ayant le corps d’un lion mâle, mais encore à tête d’homme, est fort rare dans les monuments les plus anciens : le caprice des poètes (i) et des artistes en créa quelques-uns dans les temps moyens, et nous en avons ici un exemple.
La panthère etlecadre du milieu de la vignette proviennent d’un autre fragment.
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DEUXIÈM E SÉRIE.
Le premier de ces deux fragments est trop mal con-
homme, dont les cheveux châtains sont couronnés de laurier, et dont la peau brune est à peine couverte d’un léger duvet, tenait sans doute en main un objet dont l’image est détruite : ces troncs d’arbres, ces rochers, qui sont derrière lui et sur lesquels pose son coude, avec sa draperie couleur de laque, étaient placés là dans quelque but; cette seconde figure vêtue de rouge avait peut-être d’autres compagnes. Les ravages du temps sur cette fresque ont été tels, qu’ils y ont produit l’apparence de fautes de dessin impossibles, comme un œil de face sur une figure de profil. En pareil cas, la critique ne peut que proclamer son impuissance.
Dans le second fragment, un Génie a saisi un cerf par les cornes, et le terrasse en appuyant le genou sur sa croupe. Le mouvement de l’enfant et celui de l’animal sont bien rendus.
Dans un appartement, dont les murs sont peints d’une couleur bleuâtre avec une corniche rouge, et qui
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servé pour qu’il soit possible d’en déterminer le sujet. Cet
PEINTURES
est orné d une colonne de marbre blanc; sur un siège et des gradins du même marbre, est assis un homme déjà âgé, à la peau brune, aux cheveux courts, à la barbe rare et blanche. Il contemple un masque tragique qu’un jeune homme presque nu, avec une simple draperie blanche, vient de poser sur une espèce de chevalet : ce jeune homme paraît s’entretenir avec un troisième personnage, qui remplissait la partie du tableau détruite par le temps. Quant à la figure principale, on ne peut y voir qu’un poète, ou mieux encore un acteur tragique méditant, avant ou après la représentation, sur un rôle joué avec ce masque. Il fait songer à ces acteurs dont parle Lucien (i), qui venaient d’être de grands rois, de riches satrapes, des Priam, des Agamemnon, avec le diadème d’or et la robe de pourpre, et qui se retrouvaient dans leur froide cellule, pauvres et deminus comme auparavant. Il rappelle encore cet histrion nommé M. Ofdius Hilarus (2), qui, après avoir remporté une victoire dans les jeux scéniques, plaça devant lui le masque dont il s’était servi, ôta sa couronne, la posa sur la tête du masque, se mit à rire... et tomba mort.
La vignette représente deux tessères théâtrales, c’està-dire deux jetons servant de cartes d’entrée, sur lesquels sont marquées les places assignées aux porteurs.
Rappelons-nous que ces cachets d’ivoire ne pouvaient être gravés qu’à la main, qu’il en fallait un pour
(1) ZV ecy ornant. ) 16.
(î)Plin., Hist. mil.
DEUXIÈME SÉRIE
SI
chaque spectateur, et que c’était là encore une des moindres profusions qui accompagnaient les représentations théâtrales des anciens. Nous arriverons ainsi à concevoir approximativement ce luxe gigantesque, dont rien, dans les temps modernes, ne saurait donner directement l’idée. La première tessère offre d’un côté l'image en relief d’un amphithéâtre avec ses vomitoires grossièrement indiqués, et an mdieu, le pegma, espèce de tour qu’on élevait à l’aide de machines, et sur laquelle on plaçait des combattants : tel était, sans doute, le spectacle du jour. Le revers porte cette inscription : XI HMIKYKAI A IA. Ce qui veut dire, sans doute, que la place assignée au porteur du cachet était au onzième hémicycle ou gradin : IA est le chiffre onze en lettres grecques.
Nous ne concevons pas comment les auteurs de 1 Encyclopédie méthodique ont pu lire HMËP. ... jour, sur ce premier cachet, et AI2KYAOT (par un K) sur le second. Seraient-ce des fautes d’impression? elles fourmillent, en effet, dans ce grand dictionnaire.
La deuxième tessère est plus difficile à expliquer : les objets qu’elle représente sont confus; nous y distinguons cependant une petite porte, à laquelle on parvient par un escalier étroit, et des barrières à croisées : ces objets nous paraissent indiquer la galerie de bois, ou le portique qui s’élevait sur le sommet des murs de l’amphithéâtre ou du théâtre, et que l’on peut comparer au 2e Série. — Peintures. 1 1
PEINTURES
paradis de nos salles de spectacle (i). Dans 1 inscription du revers, XII AICX* YAOV I B, le mot principal a été lu AwpXou, d’Eschyle : il a été interprété en supposant, ce qui est très-vraisemblable d’ailleurs, que l’on représentait encore dans les villes de la Campanie les pièces du plus ancien des grands tragiques grecs. Néanmoins cette interprétation de la seconde tessère ne cadre ni avec l’explication de la première, ni avec les objets sculptés à l’avers de celle-ci. Là, on voit des hémicycles, et le revers indique en chiffres grecs et latins l’hémicycle particulièrement assigné; ici, on verrait les galeries de bois, et le revers parlerait d’Eschyle ! Cependant, lorsque tant de savants archéologues ont paru se •contenter de l’explication ancienne, c’est avec une extrême défiance de nous-même que nous en indiquerons une nouvelle : on la prendra pour une simple hypothèse, bonne seulement pour frayer la route à des recherches nouvelles. Et d’abord, nous remarquons que la ligne du milieu de la tessère renferme deux mots séparés par un point, AICX. ÏAOT, ce qui ne faitnullement le nom d’Eschyle. Dans la seconde partie, uXou, ne peut-on pas voir une forme peu correcte pour üXvjç ou de bois? e t ici il est bon d’observer que
£jXo v se disait particulièrement d’une banquette de bois dans les théâtres. La première partie AICX. serait une
(i) L. Barré, 4e vol. <les Antiquités de Pompéi, contin. de l’ouvrage de Ma /ois.
DEUXIÈME SÉRIE
abréviation de céoypoO ou atG^Vrou , et désignerait la dernière et la plus mauvaise place, la plus éloignée des places d’honneur, et celle qui fut toujours occupée par les courtisanes, le bas peuple et les esclaves. On nous opposera, sans doute, qu’il est peu vraisemblable que les éditeurs des jeux aient attaché une qualification injurieuse à une place pour laquelle ils distribuaient des cachets : l’objection est grave; mais le sens peu honorable ne disparaît-il pas souvent dans des expressions depuis longtemps consacrées? et n’y a-t-il pas bien des expressions consacréeschez les anciens qui nous sont inconnues, parce que les lexicographes ont négligé de nous les transmettre, et qu elles ne se trouvent pas dans les auteurs arrivés jusqu’à nous? Cela n’est-il pas vrai surtout pour ce qui concerne les théâtres, dont nous n’avons aucune description complète? Enfin, ce que nous savons sur ce point de l’antiquité ne se compose-t-il pas de choses devinées plutôt que transmises? Nous soupçonnons que l’expression aiV/icr-rov çuXov , le dernier banc , pourrait bien être rangée dans cette catégorie.
Le temps n’a respecté que la moindre partie de cette fresque; et pourtant il en reste assez pour que l’on puisse apprécier le talent de l’artiste et deviner le sujet.
PEINTURES
veux et à la barbe grise , assis sur un fragment de rocher que recouvre une étoffe blanchâtre, et sur lequel s’appuie son lagobole, est évidemment le faune Marsyas jouant de la double flûte. Ces deux jambes, d’une carnation délicate et presque féminine, mais dont le genou est celui d’un adolescent, ne peuvent appartenir qu’à la figure d’Olympe, disciple de Marsyas. Le peintre, en donnant à Marsyas une forme entièrement humaine, pour le représenter en Faune, Pan, Tityre ou Silène, et non pas en Satyre, a suivi la tradition qui déjà avait été préférée par le sculpteur Héliodore (i).
Les couleurs des bandes du cadre , en commençant par l’intérieur, sont le vert, le rouge, le blanc et le noir.
Les trois fragments de la vignette ont un fond rouge. On y voit trois Génies : le premier tient des deux mains une baguette qu’il s’efforce de briser, ou un arc qu’il veut tendre en l’appuyant contre sa cuisse; le second porte de la main droite un cerceau , et de la gauche peut-être l’instrument avec lequel on frappe le cercle pour en tirer un son; le dernier porte une palme.
Une jeune femme blonde, cjiaussée de brodequins rouges, et portant un manteau blanc sur une tunique
(i) Pline, XXXVI, 5.
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DEUXIÈME SÉRIE
également blanche, bordée de violet en bas et autour des manches, vient déposer une offrande de fleurs et de fruits sur un autel de marbre blanc, devant la statue dune divinité qui doit être Bacchus. Gette statue, supportée par un piédestal de marbre rouge, paraît être de bronze. La tête du dieu porte une couronne de feuillage dont les bandelettes tombent sur ses épaules; ses traits sont doux et riants, et ses vêtements bien drapés ont cet arrangement presque féminin que l’on remarque toujours dans le costume de Bacchus : de la main droite, il tient un vase renversé, le cantharus% et de la gauche , le thyrse. Derrière la statue s’élève un pilastre cannelé , du même marbre que le piédestal sur lequel il semble s’appuyer. Plus loin est un édifice dont le mur paraît percé de deuxlucarnes rondes avec leurs bords en relief: cette particularité réfute l’opinion de quelques critiques qui ont prétendu que les: ouvertures des temples étaient toujours carrées (i). Cet édifice , couvert de tuiles , avec des acrotères , ne peut être qu’un temple rustique et irrégulier, les degrés par lesquels on y monte étant en nombre pair : le toit a cette saillie exagérée que les anciens donnaient fréquemment aux édifices dépourvus de prostyle (2). Derrière cette fabrique , on aperçoit quelques arbres. La fermeté de pinceau et la
(1) Dissert, de Templ., p. 104 ; vid. (2) Vitruv., IV, 6 ; VI, 3, et ibi et. Minuit, de Domib., scct. II, 2, Comment, ap.. Salengr., 1. 1, p. 92.
PEINTURES
vivacité de coloris que l’on remarque encore dans quelques parties de cette peinture font regretter la perte et la dégradation du reste.
Un jeune homme nu, armé d’une lance ou d’un épieu , se repose sur un banc de rocher, à l’ombre d’un arbuste et près d’un piédestal ou d’un autel qui supporte un vase de couleur rougeâtre. Peut-être les parties de cette peinture qui sont détruites renfermaient-elles des accessoires à l’aide desquels on aurait pu en déterminer le sujet. Dans l’état où se trouve le fragment, on ne peut décider si ce jeune chasseur est Endymion, Adonis, ou Céphale (i).
Les deux fragments de la vignette représentent , sur un fond noir, Lis etOsiris. Dans le premier, Osiris , ayant la tête d’épervier (2), qui figure le Soleil , et couronné d’un lotus (3), tient à la main un bâton ou plutôt une tige de roseau. Cette plante, que l’on voit encore dans la main des deux personnages de l’autre fragment, et qui croît en Égypte à une grande hauteur (4), était l’attribut ordinaire de Bacchus-Osiris et de tous les dieux que les Égyptiens considéraient comme bienfaisants (5).
(1) Ovid., Met., VII, 795 et seqq. (4) Plin.,XIII, 22.
(2) Ælian., Flist. anit/i., X, 14 et 24. (5) La Chausse, tond. I, sect. 2,
(i) Prosp. Alpin.* Spanheim. lab. 33 5 et sect. II, tab. 40 et 42.
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