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PEINTURES
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DEUXIÈME SÉRIE
efforts, par deux malicieux Génies, contre l’importunité desquels elle essaye en vain de se défendre.
C’est toujours la charmante scène du Dépit amoureux ,
ment sera éternellement le même.
On remarque le diadème de la mère des Amours, son collier d’étoiles, emblème de Vénus-Uranie, et les bracelets en forme de serpents qu’elle porte aux poignets. Cette belle composition ornait la salle d’entrée d’une maison de Pompéi , située près de l’édifice vulgairement appelé Panthéon,
La vignette offre, en deux bandes terminées en rinceaux , un aigle aux aigles éployées, sur un globe entouré de feuillages. On sait qu’un des attributs de Jupiter tonnant ( Zeùç Ppovraîoç ) était une boule d’airain , symbole d’un bruit retentissant (1).
Ovide met dans la bouche même d’Ulysse le récit de la ruse que celui-ci a employée pour découvrir Achille parmi les jeunes filles de Scyros : le poète fait parler ainsi le roi d’Ithaque (2) :
le Donec gratus eram du poète : scène dont le dénoû-
(1) Montfauc., Ant. expi., tom. I, (*) 162.
T Série. — Peintures. | 2
PEINTURES
Præscia vêtit uri genitrix Nereïa lethi Dissimulât cultu nutum : et deceperat omnes»
In quibusÀjàcem, sumptæ fallacia vestis.
Arma ego femineis animum motura virilem Mercibus inserui, neque adhuc projecerat héros Virgineos habitus, cum parmam hastamque tenenti, « Nate dea, dixi, tibi se peritura reservant Pergama : quiddubitas ingentem evertere Trojam ? » Injecique manum, fortemque ad fortia misi.
« La Néréide, mère d’Achille, prévoyant la mort qui menace son fils, le déguise sous les vêtements de l’autre sexe; cette ruse trompe tout le monde, et Ajax lui-même. Mais moi, parmi des objets propres à la toilette des femmes, je cache des armes dont l’aspect doit émouvoir un cœur viril : en effet, le jeune héros s’empare d’un bouclier et dam javelot, il va se dépouiller du costume efféminé qui le couvre : « Fils d’une déesse, lui dis-je, « Pergame est réservée à périr sous tes coups ; qu’hésites-tu encore à briser « la puissance troyenne? » Aussitôt je m’empare de lui, et je conduis le guerrier à ces guerres qui l’attendent. »
Il faut ajouter, d’après Hygin (i), que l’endroit où Achille fut caché par sa mère était le palais de Lycomède , roi de File de Scyros. Stace (2) suppose que Déidamie, fille de ce prince, devint l’amante et l’épouse du fils de Pélée : et il donne pour compagnon à Ulysse Diomède, tandis que le commentateur de l’Iliade (3) nomme Phénix et Nestor.
(il Fab., <j6.
(a) Achill., II.
(3) Eustath.
DEUXIÈME SÉRIE
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Ce que nous venons de rappeler indique suffisamment le sujet et les personnages de la peinture murale trouvée dans le tablinum de la maison du Questeur. La scène se passe dans le vestibule du palais de Lycomède, qu’on voit lui-même sur le second plan. Ulysse et Achille sont pris dansl’action même qu’Ovide a décrite : un autreGrec, Diomède, ou Phénix, ou Nestor, saisit en même temps le jeune héros et commence à le dépouiller de ses vêtements de femme; à moins qu’on n’aime mieux voir dans ce personnage un confident des projets de 1 hetis, qui cherche à empêcher le fils de cette déesse de se trahir en saisissant les armes. Enfin, sur le second plan , paraît un personnage dont l’attitude , plus difficile à expliquer, a donné lieu à quelques méprises: c’est selon nous, Déidamie, qui, occupée à essayer pour son propre compte les parures féminines sous lesquelles Ulysse avait caché les armes, est effrayée tout à coup par la scène qui se passe entre Achille et le roi d Ithaque. Si son état de nudité ne paraît point encore assez bien expliqué, il faut se rappeler que les artistes anciens, comme certains modernes, ne demandaient qu’un prétexte pour mettre dans leurs tableaux quelque chose de plus séduisant que des chairs d’homme et des draperies.
On remarquera que le bouclier offert au fils de Pélée est orné d’un sujet bien séduisant pour ce jeune héros, et bien fréquemment répété dans l’antiquité , ainsi que plusieurs exemples nous l’ont déjà prouve : ce sujet est l’éducation d’Achille lui-même par le centaure Chiron.
PEINTURES
Le casque et la patère que l’on voit sur le sol sont d’argent : le petit vase est d’or, et l’écu de cuivre rouge.
Le vêtement d’Ulysse , fort bien drapé, se compose d’une tunique violette à bordure verte et d’un manteau rouge doublé de blanc. Achille porte un pallium violet doublé de bleu de ciel; Déidamie est sur le point de s’envelopper d’une draperie bleue, et le manteau du roi Lycomède est d’une pourpre foncée.
Gérés,, la déesse nourricière, est assise majestueusement sur une espèce de corbeille qui forme un de ses emblèmes, le mystérieux calatlius : sa tête est ceinte d’une couronne de feuillage retenue par un diadème ; de la main droite, elle supporte le flambeau à double calice; de la gauche elle tient une extrémité du manteau blanc qui descend du sommet de sa tête sur sa tunique violette , et elle l’étend devant elle afin que Mercure y dépose une bourse pleine qu’il lui présente. Ce dieu des marchands se tient debout devant Gérés avec ses attributs habituels, la chia-myde bleue jetée sur ses épaules, le caducée à la main, et les talonnières ailées. Le coloris de cette peinture est facile et harmonieux, la composition simple et élégante : mais son principal mérite consiste dans l’exposition vive et claire d’un des préceptes les plus utiles pour le gouvernement des États. Tout ce qu’a dit
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Socrate sur les richesses naturelles, soutien de la vie humaine, de la liberté et de la religion (i); tout ce
de la guerre, et pour exalter les bienfaits de cette mère des humains qui se charge si généreusement de nourrir tous ses fils; tout ce que Xénophon et Cicéron après lui (3) nous rapportent des goûts et des talents du jeune Çyrus; toutes les recommandations enfin que ce meme Xénophon adresse aux Athéniens sur le parti à tirer de la fertilité de leur territoire et de leur position maritime : toute cette éloquence classirpie réunie ne serait ni aussi puissante, ni aussi persuasive que la peinture. H y a d’ailleurs ici quelque chose de plus que l’idée d’une protection commune accordée à l’agriculture et au commerce : on peut y voir une maxime d’économie publique beaucoup plus avancée, à savoir l’avantage que le commerce peut retirer des capitaux confiés à l’agriculture. Dans la pratique, les nations modernes en santà peine là.
La fille de Cassiopée, délivrée par Persée, brûlait de contempler cette terrible tête de la Gorgone, dont l’aspect avait pétrifié Atlas, et Phinée avec ses compagnons.
qu’ajoute Aristote (2) pour élever l’agriculture au-dessus
(1 ) XtMioph., OEcoa., V.
( i ) Al'ist., OEçon.y I, 2.
(3) Cic., de Sençct., yj.
et Je roi de Sériphos, et le monstre marin lui-même, qui, sans l’intervention du héros, aurait dévoré la malheureuse Andromède. Persée savait trop bien que, s’il contentait ce désir de son épouse en lui montrant directement le talisman fatal, il la perdrait infailliblement : il n’avait qu’un moyen de la satisfaire sans danger, c’était de lui faire voir l’image de Méduse réfléchie dans une eau limpide. Le peintre a représenté les deux époux , au moment où Persée emploie cet expédient. Les deux corps du héros etde la jeune femme, resplendissants de beauté, et leurs têtes gracieuses, que surmonte l’horrible ligure de la Gorgone, forment un groupe très-heureux : ou remarque particulièrement la pose naïve d’Andromède et ses traits où le sentiment de la curiosité satisfaite se mêle à une certaine terreur. Les plis de la draperie jaunâtre de la jeune femme, comme ceux de la chlamyde rouge de son époux, sont parfaitement bien entendus. On s’étonnera peut-être de ne pas voir au côté de Persée son glaive recourbé, sa terrible harpé, mais seulement une épée droite : en cela le peintre a fait preuve d’une profonde connaissance des mythes anciens; car, selon les meilleures autorités, Persée, après avoir épousé Andromède et avoir mis Dictys sur le trône de l’avare Polydecte, rendit à Mercure ses talonnières, à Pluton son casque, à Minerve son bouclier, et à Vulcain le glaive appelé harpé.
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