‹ Herculanum et Pompéi (volume 5)Chapitre 6 sur 28 · O II S · texte numérisé non relu

O II S

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DEUXIÈME SÉRIE

brisure du poignet droit de eelie-ci, et dans l'exiguïté de ce monstre qui ravagea toute la -contrée et tint tête à une armée de chasseurs, de héros. On a trouvé cette fresque

de Mercure, vers les murailles de Pompéi; mais cette peinture y formait, avec son pendant qui représente

assez mesquine. C’était donc un ouvrage de rebut; et nous n’avons pas été fâché de trouver l’occasion de faire connaître ce genre de peinture des anciens, afin qu’on le compare à ce que sont aujourd’hui les travaux du même ordre. En pareil cas, on n’a point chez nous d’incorrections spéciales à blâmer : toutes les fautes de détails se perdent dans cet épouvantable chaos qu’on appelle l’ensemble.

Nous ne passerons point en revue les différents traits si controversés de la vie de Médée. Vertueuse ou coupable, tous les mythographes et les historiens la présentent du moins comme le type de la volonté humaine la plus persévérante et la plus intense. Notre peintre admet que cette volonté puissante fut criminelle : il n’est point de ceux qui prétendent que, les Corinthiens ayant tué les enfants de Médée devant l’autel de Junon acréenne, les descendants des meurtriers corrompirent Euripide,

2* Série. — Peintures. 4

dans une fort belle maison située à l’extrémité de la rue

Mercure et la Fortune, la décoration d’une salle d’entrée

PEINTURES

afin qu’il les lavât de cette tache, et qu’il mît sur le théâtre Mermérus et Phérès, égorgés parleur mère.

C’est une idée fort touchante, un contraste heureux qui distrait à propos de l’atrocité du sujet, c’est enfin un adoucissement de l’horreur par la pitié, que d’avoir représenté les deux enfants occupés à jouer aux osselets sous les yeux de leur pédagogue, pendant que leur mère furieuse, insensée, se prépare à verser ce sang qui a passé par son cœur, à éteindre ce souffle de vie qui fut le sien. Cette idée est d’un grand tragique ou d’un grand peintre.

Remarquez encore que les enfants, tout entiers à leurs jeux, ne lèvent point les yeux vers leur mère. Un regard, un sourire, désarmerait Médée même.

Différentes conjectures ont été émises sur le sujet de cette fresque trouvée en 1829 dans l’édifice appelé Maison de Méléagre.

A la première vue, on a cru y reconnaître les trois parties du monde, et cette hypothèse, la plus simple, est peut-être aussi la plus raisonnable. Sur un trône d’ivoire, qui est couvert d’une draperie bleu céleste, et dont les pieds sont ornés de sphinx grecs, on voit une femme aux traits majestueux et délicats, vêtue d’une

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