‹ Herculanum et Pompéi (volume 5)Chapitre 8 sur 28 · I :? lf>Al*' ill · texte numérisé non relu

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DEUXIÈME SÉRIE

• Les amours de Vénus et d’ Adonis, la mort de ce jeune homme sous les coups d’un sanglier furieux, la douleur de la déesse, sont des faits mythologiques trop connus pour nous arrêter un instant. L’art et la religion avaient souvent consacré ce deuil divin : dans le temple de Venus Architide, sur le mont Liban, on adorait une statue de la déesse affligée, des yeux de laquelle on croyait voir couler des larmes (i).

Le peintre de Pompéi a représente Adonis mourant, étendu en partie sur un banc de rochers, en partie sur les genoux de son amante, qui s’est dépouillée de ses vêtements pour faire une espèce de lit au blessé, et pour bander la cruelle plaie dont rien n’a pu arrêter le sang. Le visage de la déesse, altéré par la douleur, est entouré du nimbus, marque de sa divinité (2) : ce symbole, inventé par la superstitieuse Égypte, passa de là aux Grecs, et de ceux-ci aux Romains, qui l’appliquèrent à leurs Césars divinisés; enfin l’Église catholique se l’appropria, pour en décorer les images des saints.

Les autres personnagesdecette composition sont deux Génies, dont l’un, debout derrière Vénus, essuyant ses larmes avec la main, paraît être le Génie de la déesse, puisqu’il exprime la vie en tenant son flambeau droit; l’autre, assis sur le devant, et tenant un flambeau à demi renversé, est sans doute le Génie d’Adonis. Le blessé lui-même tient un flambeau pareil à ceux des Génies et

•1) Serv. in Æn ., II, 57, et 111, 55.

(i) Ma cro b., Saturn . , 1 , 21,

composé, comme ou le voit dans un grand nombre de monuments, de deux tiges réunies par une extrémité et formant à l’autre bout une pince propre à retenir quelque matière enflammée : ce flambeau renversé, qu’ Adon is tient à peine d’une main défaillante, exprime que la vie est sur le point de le quitter : et c’est bien à tort qu’on a pris cet attribut pour deux javelots. Enfin, le chien du jeune chasseur est représenté sur le devant du tableau dans une attitude inquiète.

On peut reprocher à l’artiste d’avoir entièrement caché les mains de Vénus : peut-être a-t-il voulu exprimer ainsi l’abandon et l’abattement de la douleur; mais il y a dans ces deux bras tronqués quelque chose de disgracieux que ce motif excuse à peine.

La vignette représente un char d’Apollon traîné par deux griffons, animaux consacrés au Soleil (i), et portant une lyre, un trépied et une draperie de pourpre qui est la palla des citharèdes (2).

Encore un tableau tiré de la Maison d’Homère. Il représente le sujet si connu d’Ariane abandonnée par Thésée sur le rivage deNaxos.

(1) BuonatroUi, Med., p. 1 38 et (a) OviiK, Fast.,\\, io5 ; Met,, XI,

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DEUXIÈME SÉRIE

Dans une attitude qui est celle de l’attention et du souvenir, les doigts de sa main gauche portés à son menton, Ariane semble repasser dans sa mémoire tous ses bonheurs perdus, toutes ses douleurs présentes; et l’Amour, ou son propre Génie, l’aide dans cette triste énumération, en lui montrant du doigt la nef parjure qui fuit à l’horizon.

Le dessin de ces deux figures est fort bien agencé : on y remarque un contraste de lignes presque parallèles, sans atteindre toutefois le degré où cette disposition serait un défaut. Le torse de la fille de Minos est d’une grande beauté. Une draperie violette la garantit des aspérités du rivage où elle est assise et dont les cailloux ont dû blesser ses beaux pieds nus. On remarque, outre son collier d’or et ses pendants d’oreilles, deux bandelettes qu'elle porte en sautoir, et qui se croisent sur sa poitrine.

La vignette représente quelques poissons dans l’eau ou à la surface d’un étang : la petite corniche du bas est remarquable par les croissants inclinés et les tau mys* tiques en forme de croix dont elle est ornée.

Un bas-relief est placé ici au milieu des peintures : nous allons dire pourquoi.

C’est encore l’histoire de Persée et d’Andromède, mais

PEINTURES

prise au moment où le héros, vainqueur du monstre, fait descendre la fille de Cassiopée des rocs où elle était exposée. Les artistes anciens ne se lassaient jamais de reproduire, les amateurs ne se lassaient jamais d’admettre dans la décoration de leurs galeries, ces sujets héroïques, dans lesquels les Grecs et les Latins voyaient encore avec intérêt l’histoire de leurs ancêtres, alors même qu’ils se sentaient incapables d’y chercher des modèles. Aussi, avec quel scrupule l’art ne s’attachait-il pas, dans de pareils sujets, à reproduire certains types donnés et certains accessoires symboliques ! On peut s’en assurer en comparant ce bas-relief aux peintures dont il se trouve rapproché à dessein. Le monstre changé en pierre; la tête de Méduse calme et belle, et non hideuse comme se la figurent les modernes, qui grimacent quand ils veulent être terribles; cette tête cachée à dessein par Persée, qui craint de perdre celle qu’il vient de sauver; enfin les talonnières et la redoutable harpé que Persée possédait encore dans cette dernière expédition : voilà les emblèmes qui disent le sujet du bas relief aussi clairement que si l’on avait écrit au bas : Persée et Andromède. Malheureusement tous les sujets n’offrent pas un pareil avantage, et les artistes modernes devraient le savoir.

Quant au dessin, il a ce calme et cette simplicité qui distinguent la sculpture antique. Quand nous n’aurions pas dit un mot à ce sujet, tout le monde aurait bien vu que notre planche n’est point la copie d’une peinture, et surtout d’une fresque.

PEINTURES

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