‹ Herculanum et PompéiChapitre 16 sur 30 · PLA\C1IE · texte numérisé non relu

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Sur un portique d'ordre ionique, dont on aj)ereoit seulement les ehapiteaux, la eornielie et la frise ornée de dauphins, de tritons et d'autres monstres marins est une eonstruetion en bois, à demi ouvei'te, à demi fermée.

Le chapiteau ({u'elle surmonte se rapproche du coiùnthien. La corniche, le fronton et le toit sont gracieux et ne îuanqueîit pas d'originalité. Sur un des côtés se détache lui morceau de construction dans le même goût, c[ui consiste en deux pilastres de ])ois. Ils descendent plus l)as que le porti(|ue et portent une amphore. Siu' lautre coté on aperçoit une autre édifice et une colonne très-longue surmontée d'un vaiie. Les arbres qui étendent leurs branches dans Tédifice supérieur peuvent faire soupçonner que la construction représentée ici appartient à une villa.

La vignette estime frise sur fond noir fermée par des bandes et des ornements de diverses couleurs. La colonne et le pilastre sont ornés d'arabesques. Le premier oi- Beali a un plumage de couleur (*haiigeante du jaune au Vel't; l'autre ressemble à un merle. Le papillon, les figues et les arbouses sont peints au naturel ; les plantes sont vertes, et les petites fleurs, blanches.

PLANCHE i23.

Nous le disons ici, sans crainte d'être taxés d'exagération, la peinture (|ui fait le sujet de cette planche ne serait pas indigne, par son goût, son fini et sa délicatesse, de figurer à coté des arabesffues de Raphaël.

Au milieu, et sur un fond blanc, est une espèce de candélabre dont la partie inférieure est rouge et cannelée, et supporte un vase jaune orné tout autour de feuillages. Sur les bords du vase sont posés deux perroquets , peints au naturel, et du milieu s'élève une guirlande de feuillages verts, de fleurs blanches et rouges, et de fruits, (|ni se termine par un pavillon de couleur jaune. Cepa- \illon porte deux^ figures : l'une d'elles représente un jeune honune avec une draperie rouge sur le bras, et une verge à la main droite; l'autre représente une jeune fennne, vêtue d'une draperie jaune bordée de rouge; elle tient un rameau dans sa main gauche. Ces deux figures, qui peuvent être Mercure et la Paix, ou Bacchus et Gérés, ou, plus généralement encore, deux Bacchantes, ont un pied en l'air et se retiennent, par une de leurs mains, à deux l)ranches qui sortent des deux côtés du pavillon et se croisent dans le milieu d'un autre fût de candélabre, rouge comme celui de la partie inférieure, pour aller se réunir encore sous une fleur d'un rouge moins foncé. Delà ils sortent chacun de leur côté, se recourbent

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première:série. 33

ici en dehors, et se terminent par deux fleurs jaunes. Sur leurs eouri)nres sont deux petits oiseaux. Du milieu de la fleurs'élèveune autre j^uirlande, semljlableà la première, qui se termine aussi par un petit pavillon jaune; après le pavillon, le fût du eandélabre eontiiuie encore et se termine en une fleur rouge toujouis moins foncée que le candélabre. Il est encore traversé dans le milieu paideux branches semblables à celles de dessous.

De dessous le premier pavillon sortent deux guirlandes vertes qui joignent deux constructions tout à tait semblables. Elles se composent de deux colonnes rouges, ceintes en trois endroits par des anneaux ou des nœuds jaunes. Elles supportent un soffite rouge qui s'appuie par derrière sur un pilastre vert orné de deux bandes, l'une blanche et l'autre rouge. Sur la corniche rouge, aussi en dedans, est posé un sphinx. Le fragment de la colonne supérieure est rouge encore et orné de trois nœuds ou anneaux jaunes. La partie extérieure de la corniche est décorée de feuillages rouges et d'un petit sphinx. Sur le derrière, entre la colonne intérieure et le pilastre, est une petite construction avec des pilastres et une corniche qui supporte un vase de couleur noire.

A droite est une guirlande de feuilles entourée par un lierre sur les branches duquel sont peints de petits oiseaux et des insectes.

1'* Série. — Peintures.

34 PEIISTURES.

Cette peinture est une vue intérieure d'un temple. Sur un fond noir, et au milieu d'une architecture de couleur naturelle , est une jeune f'enuue coiffée d'une draperie blanche. Son cou est orné d'un collier de perles; on ne distini^ue pas bien la couleur des draperies dont elle est revêtue; cependant il semble qu'elles tirent sur le jaune. La coupe qu'elle tient dans sa main gauche et le vase posé sur la galerie sont peints de couleur d'or.

La manière dont est disposée la draperie qui enveloppe la tête de cette jeune femme se rapporte beaucoup à l'arrangement de la coiffure des prêtresses de Cérès (i), qui se voilaient de blanc :

Albenti velata; tenipora vittâ ('2).

Mais Cérès exigeait dans ses suivantes plus de décence et de chasteté que n'en montre notre ligure. Les femmes qui composaient son cortège étaient citées par opposition aux courtisanes (3).

Il est plus prudent de croire que la jeune femme peinte dans cette décoration architecturale, et qui semble tenir de sa main droite le manche d'un petit vase plongé dans

(1) T. VÏI, p. 61 , A. G. (3) Lucien , t. III, p. 298 ; Diat.

(2) Ovide, Métam., V, i 10 ; et les Merc, VII. commentateurs.

1":' Série.

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A.dH .V. 4..P, 299

6 Pouces

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1^' Série

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It* grand, est une siinpuvlatrlx. Le siinpiwium ou sinipii- Iwn était un petit vase qui servait à puiser, j^ai- de petites quantités, le vindeslil)ations; quo sumebant iniiiutatim , a sumeiido simpulam, nomiiiavere (i). Cet usage existait déjà du temps d'Hoinère :

iLt^M S' iy. xpr,Trîpo; àcpuaaojv

O'tvo/ooç cpopériai xat £Y"/,^'T1 ^sTraEaatv (2). *

Ou appelait sunpiwlatrlx la femme chargée de cette fonction (3).

On doit voir ici l'entrée d'un temple, auquel on monte par trois gradins. La porte et ses ornements sont couleur d'or. C'est aussi la couleur de la grande base sur la- ([uelle est posée la colonne entortillée, dont le fond est vert et dont le feuillage est doré, de la corniche, de la frise 'et des autres ornements de cette peinture, et enfin de la corbeille qui contient des vases et d'autres objets sacrés. Les guirlandes sont rouges.

Deux piédestaux semblal)les, et de couleur d'or, supportent deux vases pour les lustrations, deux périr rhantères, rèpippscvr/ipta, qui imitent le cuivre. Les Latins avaient

(l)Varron, IV, de L. L., p. 31. (3)JuvénaI,5a;. VI,342, etlesco-

(2) Odyss., I, V. 9. liaste ; Musée de Rome , t. II, pi. IL

donné à ces vases, que l'on plaçait à Tentrée des temples, le nom de aquiminaria^ ou aquimanariaii). L'eau lustrale qu'ils contenaient, que les prêtres consacraient en éteignant dedans un tison pris à l'autel, et dont les fidèles présents au sacrifice se servaient pour se laver et purifier, avait été appelée par les Grecs yépviJ; (2) :

oî [AiSç T6 •/^épviêoi;

Bo)[/.où; Trepip^aivovTEç , waTrep ç^yï^^^''; (3)-

Par extension, le nom de yépv^ fut donné aussi au vase qui contenait l'eau lustrale. On l'appelait cependant de préférence yepviêiov et yspviêov (4).

Les deux vers d'Aristophane que nous venons de citer plus haut, et dont le sens est celui-ci : Ils aspergent les autels avec la même eau lustrale, comme s ils étaient de la même race y nous amènent à dire que l'usage en commun des mêmes objets sacrés était le signe d'une liaison intime (5). Les lustrations étaient une coutume religieuse fort répandue non-seulement chez les Egyptiens, les Grecs et les Etrusques (6), mais encore chez les Hébreux (7).

(l)L.21rfe/4. eti. JLe<7.,*Vossius, (b) Le scoliastc d'Aristophane ^

Etym . in Agua. Lysistr. ,1131.

(2)Athénée, IX, 18; Aristophane, (6) Lomeier, de Lustrât., cà\}. 18;

Av. 851 ; Pac. 055 ; Lys. 1 131 ; Eu- Broukhusius ad TibulL, II, El., \\ ;

ripide, Herc. fur., 929; Iphig, in Rycquius, de Capit., cap. 37 ; Lo-

^w/., 1569. renz, Var. sac. gent.,csc^. 14, t.

(3) Aristophane, Lysistr,, 1 132. VII, A. G.; T. Liv., lib. LV.

(4) Homère, IL, il, 304; Odyss., (7) Josèphe, III, 5. A, 136; r, 440.

t^Cl^ez^t

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