‹ Herculanum et PompéiChapitre 17 sur 30 · série · texte numérisé non relu

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Nous donnerons à lu peinture architectoni(|ue qui fait le sujet de cette planche le nom de tholus. Ce nom s'appliquait à la fois à un toit sans murailles, porté par des colonnes, tectunï sine panetibus subnixuni colamnis ; et à la partie du sof'Hte où étaient suspendus les ex-voto : Tholus proprie estveluti scutiim brève, quod in niedio tecto est , ad quod dona suspendi consueverunt (i).

Le tholus que l'on voit ici est rouge clair sur un fond blanc. Il s'appuie par devant sur une construction dont la partie extérieure est jaune, et la petite bande intérieure rouge foncé; et par derrière sur deux colonnes qui, avec rarchitrave, sont peintes à l'imitation du stuc. Un sphinx ailé, à tète et à poitrine de femme, est placé sur le milieu de la corniche. Il est d'une teinte marbrée, mais ses cheveux sont jaunes ; il porte sur sa tête une vasque couleur de marbre. Au soffite est suspendue une corne couleur d'or, attachée avec un ruban rouge. Dans le bas de la peinture est un petit tableau entouré d'une bande noire, où l'on voit la mer avec des rochers et des poissons.

A l'exception du paysage dont les bateaux sont rouges (1) Servius, Mn., IX, 408.

et les lii^iiirs, les édifices, les arbres et la mer, peints de couleurs naturelles, cette composition est tout entière d'une teinte jaunâtre. Dajis le milieu est lui satyre qui tient (Ttuie main un objet qu'il est difficile de déterminer, et de l'ii^utre une corbeille remplie de fruits. Ce n'est pas chose nouvelle que de voir ici un satv re portant les produits de la terre. Dans plusieurs recueils d'antiquités (i), ces divinités secondaires sont ainsi représentées. On leur attribuait la fertilité des vi*^iies, des champs et des arbes :

Dant fauiii quod quisque valet, de vite racemos , De canipo culinos, oniiiique ex arbore fmgcs (:2).

D'ailleurs les satyres faisaient partie du cortège de Bacchus , qui comptait parmi ses attributs les fruits de la terre ; et le satyre de cette planche a le droit, en sa qualité de suivant de Bacchus , de porter une corbeille de fruits.

Au caprice et à la bizarrerie de la composition que nous retrouvons ici, comme dans beaucoup d'autres planches de la même série, se joignent une grâce parfaite et un goiit exquis. Il y a dans l'irrégularité de cette déco-

\\)Mus.Kirch.;Thesaur.Brandeh. (2) Nemesian., Ed., I, Ofî.

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ration une espère d'ordre et d'harmonie. Non s arrêterons notre attention sur l'éléphant qui entoure et soulève avec sa trompe nn autre élépliant heancoupphis petit. Cesanimanx, introduits en Italie par Pyrrhus, furent d'abord nn snjet de terreur pour les armées de la répuhlicpie, et plus tard nn ohjetde curiosité pour les cito} ens paisil)les à qni on les montrait dans les spectacles. On les faisait combattre avec des hommes et des bêtes féroces(i), et on les dressait aussi à des jeu\ qui amusaient les spectateurs. Ils dansaient sur la corde on jouaient avec de petits animaux inoffensifs, et recevaient avec le bout de leur trompe les pièces de monnaie destinées à récompenser et à encourager leur intelligence {-à). On pourrait supposer alors que l'architecture de cette planche est une partie d'un théâtre. Si l'on aime mieux penser qu'on a figuré ici une vue d'un temple, on devra dire que l'éléphant appartenait à Bacchus, et que dans la pompe bachique on \ oyait la statue de ce dieu sur un de ces animaux (3). Une particularité que nous ne devons pas passer sous silence, c'est la. couverture à carreaux, ou l'espèce de filet, dont est revêtu le plus grand des deux animaux. Plusieurs médailles antiques représentent des éléphants ainsi habillés, et Spanheim (4) suppose que cette espèce de vêtement leur était donnée en guise de cuirasse pour les préserver

(1) Pline, YIÏI, 9 et 7; Sénèque, de Theat., I, 3a.

de Brev. vitœ, cap. XIII. (3) Athénée, V. 7.

(2) Cuper, Ex., II, 7; Boulenger, (4) De V. et P. N., diss. III.

des coups et des blessures qu'ils auraient pu recevoir à la guerre. Cette interprétation, qui sein l)letrès-hasardée, est appuyée sur l'autorité de plusieurs auteurs anciens qui représentent ces animaux couverts de fer pour leur défense, et quelquefois de cuirasses d'or qui leur étaient données comme vêtement de luxe. Enfin ces carreaux tracés sur la peau des éléphants dans les médailles antiques et dans la plaïu'he qui fait le sujet de cette dissertation peuvent figurer les rides qui sillonnent leurs peaux (i).

On voit ici une espèce de vestibule (p.) avec une grande et belle corniche soutenue par quatre colonnes. A la corniche est suspendu un petit écusson dans lequel on distingue une tête à peine ébauchée. Cet ornement se rapporte à l'usage où étaient les anciens, d'orner leurs palais de petits boucliers représentant les images de leurs ancêtres (3). L'invention de ce genre de décoration est attribuée par Pline à Appius Claudius, qui orna des portraits de ses ancêtres le temple de Bellone : Suorum vero efypeos in sacro vel puhlico , dcI pr'watinidicare primus instituit^ ut reperio, Ap, Claudius y qui consul fuit cum Serçilio, anno CCLIX. Posuit eniminBellonœ œde majo-

{\) Pline, VIÏI, 10; Rodigino, V, XLII, n. 2 et i. U, etCuper, Exercitatio , II, 9. (3) Anlicliità di Ercolano, t. 11,

(2) Antichitàdi Ercolano, t. î,tav. tav. XXXVI , n. .'{.

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