XXXV
I" Série. — Peintures. 6
. ainsi léuni ces deux objets (rorii^iiie et d'iisai>e si différents. Il n'y a pas (Texpliratioii si extraordinaire, si inattendue, si recherchée, qui n'ait été avancée (i). La Ivre est lattrihut d'Apollon; le bouclier que l'on aperçoit dans cette plaïu-lie convient à Mars. Donc Apollon ou le Soleil ne forme avec Mars qu'une seule et nièine divinité (2). Alors on a conq^jris, il est vrai, pourquoi les Mégariens dédièrent à A})ollon luie statue tenant une lance, Xôy/viv â'/ovTa (3); mais on s'est trouvé au milieu d'une foule d'invraisemblances qui ont dépouillé cette opinion de toute apparence de vérité. On a nonniié ensuite Mercure inventeur de la lyre (4), et Bacchus, que l'on voit quelquefois aussi avec cet instrument (5). La lyre unie aux armes pourra indiquer que ce noble instrument enfantait l'immortalité des héros (6). La lyre appartiendra encore à Vénus, et les armes au dieu Mars (7). On sait que des amours de ces deux divinités na([uit l'Harmonie (8), qui rèene dans l'ordre d'une bataille, comme elle doit se
(1) Antichità di Ercolano, t. V, tav. LXXIII.
(2) Julien. Oral, IV; Macrobe, Sat. I, 17 et 19; Cupor, Harp.
(3) Plutarque, de Pyih. orac. , p. 40-2.
(4) Ératosthène, Catast., 24 ; Horace, I, Od. , X, 6.
(0) Callistrate , Sa/. VIII.
(6) Homère, //., I, 109; Virgile,
^n., IX, 777; Horace, Art. P. 00.
(7) Homère, Odyss., 0, 266; Ovide, J/e/., IV, 189, ci Art. H, mi.
(8) Hésiode, 6, 97.*); Hyginus,/''rt6.
0; l'ausanias, IX, o; Nonnus, Dion., III, 370; Lactance, I, 17; Le scoliasle d'tlésiode, loc. cit.; Plutarque, de /.s. et O.S., pag. 370 ; de An. Procr. et Tim., p. 1026; Artémidore, I, 58.
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trouver aussi dans les sentiments des snjets de V('iiiis; enlîn, la réiniion de deii\ attributs si distiiiets et si opposés indifjuera le seeonrs (jiic la Ivre prêtait aux armes, et 1 haiiiionie au e<jui'a<^(' des *;uei-riers,
"Kp-si yàp à'vTa tw (jioâûoj to xa^io^ xiOapt'^eiv (1).
et on se i^ippellera que les Cretois eombattaient au son de la cithare (2); ou plutôt, lorscju'on aura examiné, avee ([uehpie attention, chaeinie de ees explieations, on trouvera qu'elles sont aussi peu vraisemblables les unes que les autres, et l'on ne verra, avec nous, dans cette peinture que. ce que nous sommes forcé d'y voir, c'est-à-dire un fond blanc, des colonnes, des corniches, et des ornements rouges. Le fond sur lequel se dessine la colonne à feuillages , la bande du coté opposé et tous les autres fonds des ornements sont verts. C'est aussi la couleur des guirlandes de myrte attachées au soffîte avec la lyre et le bouclier. La porte est couleur de bois, les quatre rosaces, jaunes, les deux vases et le bassin, couleur de bronze. Un des deux vases et le bassin contiennent des fruits. Ils sont portés par un vieillard couronné de myrte , vêtu d'un liahit de dessous rouge et d'un manteau verl (|ui lui couvre la tête.
(l)Plutarque,rf^^/fj:./o/-/.,Orat. (2) Plutarque, de Mus., p. 1 liO;
T, p. 335. Marlianus Capella, lib. IX.
44 PEIÎSTURES.
La composition d'architertiire de cette planche est la même que celle de la planche précédente pour le dessin et pour les couleurs; seidcment dans celle-ci nous avons de plus un masque rouge sur la colomie (i), et un paysage avec des figures, des constructions, des pins, des cyprès et de l'eau, peints au naturel. Ces deux objets se trouvaient sans doute dans la peinture de la planche 3o , à l'endroit où l'enduit a été enlevé. Au soffite sont attachés un écusson, une épée avec un ceinturon rouge et un bouclier ou un miroir. La jeune femme est vêtue d'une draperie verte et couronnée de myrte. C'est aussi un rameau de myrte qu'elle tient de la main gauche.
Le fond de cette peinture est rouge. Les ornements
sont jaunes dans les parties claires , et rouges dans les
parties ombrées. Les bandes de l'architecture sont
vertes , avec des fdets blancs. Le fût de la colonne
entouré de feuillages, et la corbeille avec les vases
(1) Mus. Élr., t. III, p. 210.
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l" Série
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qu'elle contient sont verts aussi. Les bandelettes qui sortent de la corbeille, et celles qui attachent les deux patères au soffîte supérieur, sont blanches. La guirlande attachée au tholus est jaune. Le griffon et le géant aux pieds de serpent sont rouges , l;i colombe est blanche.
L'idée du géant combattant un griffon est assez bizarre. Les grifl'ons étaient préposés à la gai'de des temples, et devaient veiller sur l'or et les richesses des dieux; les géants étaient les ennemis déclarés des habitants de l'Olympe et la personnification sans doute des impies du paganisme. L'artiste a donc représenté ici la lutte de la croyance et de l'incrédulité. Ovide avait donné aux géants des pieds en forme de serpent (i) ou des serpents en place de pieds; et quoiqu'on les conçût assiégeant l'Olympe avec des montagnes, Virgile les avait imaginés se servant de l'épée et du bouclier :
Toi paribus streperet clypeis, tôt stringeret enses (2).
A Briarée, l'un d'eux, Ovide donne une hache de diamant :
Immolât hanc Briareus facta ex adamante socuri (3).
Notre géant se défend avec un bouclier en forme de croissant, qu'on appelait pelta.
(1) Ovide, Trist. IV ; El. VII, 1 7 ; (2) Aineid., X, o7t .
Apollodore,I,p.9;Macrobe,I,.Sû^ (3) fo.s7., lïl, 80o.
20 ; Pausanias, VIII, 29.
PLxANGHE 33.
L'architecture de cette planche seml)le appartenir à un temple. Tout le fond de la partie qui est en premier plan est rouge; le long pilastre qui traverse toute la peinture et porte un chapiteau et un cadre barlong au-dessus est tout blanc, ainsi que la bande ou la corniche ({ui s'appuie sur ce pihistre et traverse en largeur toute la partie supérieure; l'autre pilastre, tenant au premier par une guirlande verte, est de couleur jaune. La corniche intérieure et la frise sont rouges. L'hippogriffe posé sur la corniche est vert. Tout le reste de l'architecture, les corniches, les frises, les soffites, les colonnes, et les murs intérieurs, comme aussi les ornements du vase, l'écusson, la draperie qui y est attachée, l'amulette ou petite divinité ailée, avec une fleur de lotus sur la tète , et la colonne ornée d'anneaux, sont jaunes. La balustrade ou la corniche au bas de la figure est blanche, le fond au-dessous est vert, le vide, bordé par un lilct blanc, est rouge. La jeune femme dont les veux sont fixés sur un volume ouvert a des cheveux blonds foncés, noués sur la tête, sans aucun ornement; sa tunique est verte, et son manteau d'un rose pâle. Cette jeune femme est sans doute une JSditiia ou une autre fonctionnaire du temple, occupée à lire les hymnes sacrés, ou les prières. Les prières publiques avaient
1^1 5 ene .
l'.' Série
t^=1rj'^cÀf ù-c^ncilc/y ey' /'fA^y errun-o^ .
PREIMIÊRE PARTIE. 47
ordiiiaireiiient trois o])jets : le salut de l'àiiu', la saiiîî' (lu eorps, et les événements étrangers à eeiiv (jiil priaient : IIpcÔTiTTy.'. O-àp t-^ç 'i-jy?,; GWTr.pia;, r^suTEpai û-èo t?,; twv cwaocTwv eù/coacria;, Tctrai àà ûrèo twv ï/.tÔ' iTTiv.svj'jv.cvai ( I j. Les stoïeiens renfermaient leurs v(eu\ dans des bornes plus étroites, et ne priaient jamais que poui* eu\ : Rog(t boiiani iiicntcin, bonain vdletudlncni aniiiu , dcutde coi - /joris. Quidiii tu ista vota sœpe faciasP Aadactcr Doniiniun roga, nil llliim de al'ieno rogaturus {-i). Enfin, lloraee était eneore moins exigeant; il ne pi-iait (pie pour son corps, et s'inquiétait peu de son esprit :
Sed satis est orare Joverii qui donat et aufert ;
Uet vitam; det opes; œquum mi aninmiii ip>e paraho (.']).
Cette peinture est sur fond rouge, et seml)lal)le pour la disposition des couleurs à la planche 3ii. La guirlande est verte; les bandelettes ([ui la terminent sont blanches; les instruments posés à l'extrémité du balustre du milieu sont verts et couverts en partie par luie draperie rouge. Le griffon est rouge et le corbeau noir; les ornements de Tarchitecture sont jaunes dans les clairs et rouges dans les ombres; les bandes sont vertes, et
(1) Proclus, lib. II, in Tim.,\). 64. (3) Horace, Epist. 18.
(2) Sénèque, Epist. 10.
leurs filets blancs. Les fûts des colonnes sont verts aussi, et les patères ont une couleur de métal.
Cette planche comprend deux fragments. Dans celui de droite, la bande inférieure est verte; celle qui suit est d'un blanc sale; celle qui vient immédiatement après, et qui est ornée de petits boucliers, est jaune. Le piédestal, les feuillages et le vase sont rouges. La colonne qui sort du vase est d'une teinte entre le bleu et le vert; la branche qui s'entortille autour est rouge. Le rouge est aussi la couleur du chapiteau, de la corniche, à l'exception du fond et de l'ornement, qui sont de la couleur même de la colonne; mais les triglyphes et les métopes sont rouges. La grande l)ande perpendiculaire ou le pilastre est vert. L'autre colonne qui s'élève sur la corniche est jaune, ainsi que tous ses ornements, les feuilles et les anneaux. Le cadre du petit tableau est rouge. La marine, avec les constructions, les galères, et les figures, est peinte de couleurs naturelles. Sur ce petit cadre est posé' un Ijâton ou une colonnette qui soutient un van ou un vase d'argent, dans lequel est posée l'extrémité d'une guirlande verte tressée avec des bandelettes rouges. Sur le second plan est une espèce de parapet avec une ouverture au milieu et une corniche jaune. Ti'oiseau qui s'y repose est d'un blanc tirant sur
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