‹ Herculanum et PompéiChapitre 22 sur 30 · H=«HH · texte numérisé non relu

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PREMIÈRE SÉRIE. sr>

hlaient dignes créxorccr leurs pinceaux. Il n'est pins permis xle douter de ee lait, car on a trouvé une mosaicpie d'une délicatesse e\f[nise. f[ui poi'tait le nom de son auteur, et Ton a déeonxerl aussi une |)eintnre (jui n'était autre chose ([ne la copie de cet excellent orii^inal.

Les ornements de cette peinture sont pareils, pour le dessin et les couleurs, à ceux de la décoration ([ni fait le sujet de la planche précédente. Ils complétaient avec ceux des trois planches suivantes la décoration d une muraille, dégradée aujourd hui en plusieurs endroits, et l'on a réuni en ([uatre planches les cadres qui se sont trouvés les mieux conservés.

Dans le premier cadre est une nymphe à demi vêtue dune draperie roui^e. Elle tient à deux mains une espèce de corbeille. La n\mphe du deuxième rang tient de la main gauche une large feuille, et de la main dioiteune corne (rabondance d'oii sortent de petites léuilles. Les trois petits (jénies ont des draperies ^ertes; 1 nu d'eux porte une espèce de massue, un autre na discpie, et le dernier enfin, une lyre sous son l)ras gauche. La nymphe du troisième rang est vêtue de ronge comme les deux autres; elle élève avec luie de ses mains au-dessus de son épaule droite le manteau ([ui la couvre à demi; sur les doigts de sa main gauche est posé un oiseau, «pii peut

(Hre une ooloml)e. La colonilie était l'oiseau de Vénus et un attril)ut assez caractéristique de cette divinité j30ur qu'Aspasie lui fît ériger une statue d'or sans autre distinction qu'une colombe (i). Il ne serait donc pas impossible que cette figure soit luie Vénus , ou bien encore unedéesseSuada,àqui l'on donnait pour attribut l'oiseau connu chez les Grecs sous le nom d'ïuy;, et chez nous sous celui de torcol (2).

PLA^^CHE 52 bis.

La première nymphe porte une boite entr'ouverte, que les Grecs appelaient /.léwriov ou >vapavaxiov , et les Latins capsula, capsella. Nous ne saurions guère déterminer l'usage de la petite cassette que porte notre figure. Il est assez vraisemblable cependant qu'elle contient des vases sacrés ou des objets de toilette à l'usage des femmes (3). Les Latins avaient donné le nom de capsarii aux esclaves chargés du soin des habits pour le bain, et à ceux qui portaient les livres des enfants lorsqu'ils se rendaient à l'école (4).

Les trois petits Génies de cette planche ont des draperies vertes. Le premier porte un sceptre ou un objet de ce genre qui ressemble aussi à une torche et à un candé-

( 1) -Elian., F. //,, XII, i. p. 59 ; Olearius sur Philostrate, Ap.

(2) Pindare, A'. Od. , IV, 56 et son Tyan., I, 25. scoliaste ; le scoliaste de Théocrite. (3) .-Elian., loc. cit.

Id., II, 17; Tzetzès sur Lycophron, {■ï)Wïsiùiïmi,deV.S,\nCapsarius.

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PRKMIÈRE SÉRIE. 87

labre. Le second tient une patère, et Je troisième et dernier, un ornement semhlahle à celui ([ui distiui^iie le Génie du premier raiii». I.a secojide nymphe porte à deuv mains une lance ou un sceptre de couleur rouge. Sa draperie est jaune avec une bordure rouj^c. La troisième et dernière est vêtue de la même manière; elle tient d'une main une boite et de l'autre un petit vase.

Les deuxnympliesdesdeux rangs supérieurs sont vêtues de draperies vertes. L'une d'elles tient une cymbale dans ses deux mains ; ses cheveux sont noués sur sa tête de manière à imiter le tutulus des Toscans (i ). l^es jeunes filles grecfpies, appelées par Homère sÙTrloxaj/ot, bien coiffées (2), avaient peut-être adopté ce genre de coiffure ; ce qui fiiisait dire qu'elles nouaient leurs tresses sui* leurs têtes, àva7:le)ts(76ai t«; sv Tip x.s'paV?, Tpi'yaç (3). L'autre tient de la main gauche un objet dont on ne distingue pas bien la forme, et de la main droite le bord de sa draperie. La troisième et dernière est drapée de jaune clair; elle porte un petit seau et un bâton pastoral. Des trois Oénies, le premier porte une boîte ou un plat carré ( j) et un bâton pas-

(i) Pignorius, de Sery., p. 394. Prudence, Psychomach.f les corn-

(2) Od.M. V, 132. mentateurs de Pétrone, cap. 410.

(3) Pausanias, X, 25 ; Ovide, Art. (i) Les commentateurs d'Horace, III, 135 et suiv.; Manilius, lib. V ; 1, Ep. 17, v. W; PoUux, X, 83, Tertullien, de Cultu fem., cap. 7, 1 ; IV, 103.

toral; le second, un vase ou une corbeille; le troisième et dernier, une boite entr'onverte.

PLANCHE 53 bis.

La première nymphe est coiffée d'une manière si extraordinaire et si peu naturelle, fpril fant snpposer peutêtre que sa coiffure est un galeruni (i) , et se compose d une chevelure empruntée. Le galcrum aurait été ainsi nommé à cause de la ressemblance de sa forme avec le casrpie, galca. Du reste, le mot galea lui-même était employé pour désigner un certain arrangement des cheveux (a), connu aussi chez les Grecs, et qui portait un nom différent, suivant qu'il était adopté par les honunes, les femmes et les enfants ; ■Kliy^.v. xpiycov eiç à^h <xT:olrr{ov, 6

Itixo (3). Il y avait une certaine chevelure postiche à l'usage des hommes et des femmes , que l'on appelait xpogu>.oç, crohylus {f{). \]ïiQ explication, qui ne manquerait pas d'originalité, consiste à dire (jue cette nymphe doit être considérée, tant pour son attitude que pour ses attributs, connue une chari'e gracieuse de Pallas. En effet sa coiffure imite le cimier; le mouvement de son bras, qui tient le bout d'une draperie verte , est le même que celui

(1) Pignorius, de Sêrv., p. 392 ; (3) Eustathe. scoiiastedeJuvénal, VI, 120. (-4) Gonzalès sur Pétrone, cap.

(2) Pignorius, loc. cit. 1 10 ; Pollux, II, 30.

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de Minerve supportant la fameuse égide; enliii, son bras droit est armé, en guise de lauee, d'un sceptre ou d'un tliyrse. Les deux autres nymphes sont vêtues de draperies pourpi'es avec des bordures bleues. T^a première tient de la main gauche des plantes dont l'espèce est dif'licile à recoiniaitrc et cet instrument «pii distingue la j)lupart de nos ligures, et cpie nous avons a})})clé nu ihyrse, un candélabre ou un sceptre. La dernière appuie sur son épaule un objet de même forme et de couleur jaune. Des trois Génies, le premier porte un objet -carré, assez semblable à une cassette; il est vêtu d'une draperie jaune clair. Des deux autres, Fun porte un objet qu'on Jie distingue pas, et il est vétii d'une draperie rose; l'autre, vêtu de vert, a sous son bras gauche une corne d'abondance.

La décoratio]! de cette ]:)lanche est sur fond rouge. A gauche on voit une colonne jaune avec une base carrée de la même couleur; la partie du piédestal ornée d'arabesques est verte. Les griffons, les mas([ues et les arabesques sont jaunes ; le pégase , d'un blanc adouci, et le tout sur un fond noir. Le champ de la frise inférieure est noir aussi. On y voit une \ énus dont le front est orné

d'une couromie de perles. Cet ornement, fabricjné par 1''^ Série. — Peintures. 12

Vulcaiii (i), était donné aussi à Tliétisetà Ampliitrite (si) ; mais la présence des deux yVnionrs tenant en ])ride deux dauphins qu'ils excitent avec un fouet nous décide en faveur de Vénus. Elle est portée par un monstre marin que conduit un triton.

Le fragment supérieur de cette planche est sur champ violet. Les piédestaux latéraux sont rouges. D'un vase transparent de couleur verte , orné d'arabesques vertes aussi, sortent des tiges de la même couleur qui portent des fleurs blanches. Sur une tige verticale est posé un sphinx de couleur jaune. Au-dessous du vase est une corniche blanche qui termine un fond noir. Entre ce fond noir et sur une arabesque est posée une fleur verte, d'oii sortent deux rameaux verts qui portent des fleurs blanches, et deux petits oiseaux .rouges. Ce compartiment est séparé du fragment inférieur par une bande rouge bordée de filets blancs. Une niche jaune, dont le soffite est vert, a pour ornements deux dauphins et des arabesques jaunes, à l'exception des feuilles et des guirlandes, qui sont vertes, et des petites fleuis, qui sont blanches. Dans

(1) Ératosthène, Calas t., .').

(2) Hyginus, Aslr. poeL^ II, 5; et Pausanias, I, |7

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la niche on voit une Flore, dont les eheveux blonds sont conronnés de flenrs. Sa tnnic(iie rose estaj>rafee sur Vépanle ganelie, de manière à laissera découvert le sein droit et ses deux bras, dont Tun porte luie corlx^lle. de fleurs et les plis de son manteau bleu, tandis que l'autre élève une i>uii'lan(le au-dessus de la tète. Son dos est orné de (juatre ailes rouges (jui , })ar leur l'orme et leurs petits \eu\ , ressemblent à celles des papillons. Les ailes de papillons étaient l'attribut qui distinguait Psyché, ^'uyr;, rame, et cette fiction a peut-être inspiré ces vers si connus de Dante Alighieri :

Non v'accorgete voi che noi siam vernii Nati a formar l'angelica far'falla , Che vola alla giustizia senza schermi ?

« Ne vous apercevez -vous pas que nous sommes des vers nés pour for- « mer le papillon angélique qui vole sans défense vers la justice? »

Cependant il ne faut pas croire que Psyché et les âmes ne pussent être représentées sans ailes de papillon. Ainsi , par exemple, l ame de Protésilas (i), les ombres transportées dans la barque de Caron (2), sont tout à fait dépourvues d'un attribut de ce genre, et, dans le Cabinet deStosch (3), nous voyons une âme avec des ailes, il est vrai, mais avec des ailes d'oiseau. Comme aussi les ailes

(i) Winckelmann, Mon. ined., n. 1:23, p. 16i.

(2) Visconti, M, P. C, t. IV, tav. XXX.

de paj)illoii iictaieiit pas données k Psyché exclusivement. Les Saisons qui traînent le char d'Ariane et de Bacchus (i), celles qui sont ii,ravées sur un camée de Zannetti (2), celles qui ornent le bas-relief de Townley, publié par Millin (3), plusieurs fii>ures de fennne trouvées à Herculanum, et qui seront publiées dans cet ouvrage, enfin Morphée et leSonnneil (4), ont reçu ce gracieux attribut. On voit donc (|u'il peut orner, sans aucun inconvénient, la figure de Flore. L'emploi fréquent des ailes de papillon dans les sujets antiques est expliqué par l'intention des artistes, c[ui éprouvaient le besoin de donner une couleur légère, vaporeuse, éthérée, s'il est permis de s'exprimer ainsi, à certains êtres mythologiques d'une nature que la réalité pouvait difficilement atteindre , et qui volaient au milieu des nuages de l'imagination. On donnera encore une explication plus positive et moins poétique de cette forme consacrée par l'art classique, en disant que les ailes d'oiseau auraient eu certainement moins d'éclat et moins de grâce que les ailes de papillon si richement nuancées, simples ou doubles, selon le caprice de l'artiste. On comprend encore que les divinités et les Génies du paganisme qui cheminaient, ou plutôt qui volaient en silence pour arriver inattendus et à l'ini-

(1) Musée de Florence, 1. 1, tav. (3) Galeriemijthol.,\.. I, pi. XLVj XLIII, II ; Bracci, Memoriedeglian- n. 190.

tichi incisori, t. I, tav. XXII, n, 3. {iJW'mckelmann. Mon. ined.,l 00;

(2) Dadyl. Zanettiana, tav. LXI, Visconti, M. P. CL, IV, 150. p* 123.

PREMIÈRE SKRIK. 93

proviste, ne pouvaient guère avoir recours aux ailes bruyantes des oiseaux :

Yolat nulles strepitus facientibus alis (i).

Revenons à notre peintiii'e et à Flore cpii piete tons ses charmes à cette décoration (Tun i^oùt si exqnis. La belle épouse de Zéphyre coinuien(;a à iccevoir les honneurs divins, lorsque Titus '^Patius eut fait voir aux lloniains combien était grande la puissance de cette déesse ; mais les jeux Floraux ne furent institués que l'an 5 1 3 de Rome, sous les consulats de Gains Claudius Cento et de Marcus Sempronius Tuditanus, (|ni consacrèrent aux fêtes de Flore les amendes imposées à ceux qui avaient occnpé le territoire du peuple romain. Cet argent ayant reçu dans la suite une autre destination, les fêtes furent interrompues, et les campagnes se ressentirent bientôt du courroux de la déesse. Les vignes et des moissons furent brnlées, et les oliviers stériles. Enfin , cent soixante ans après, on prit le parti d'instituer des jeux annuels en l'honneur de Flore. Alors, depuis le 28 avril jusqu'aux calendes de mai , le peuple se couronnait de fleurs, il jonchait les chemins de roses, chantait des hynnies de joie, et se livrait aux plaisirs de la bonne chère. Lorsque la nuit était venue, on allumait des torches, et on se portait en foule dans le cirque de Flore, où des courtisanes charmaient par leurs chants et par leur danse las-

(1) Ovide, ^^^., XI, 60O.

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cive la nmltitiide des spectateurs. On les voyait ensuite donner la chasse à des lièvres ou à des biches, et déployer dans ce jeu la licence la plus effrénée. Les deux lances qui font partie des ornements de cette peinture se rapportent peut-être à lâchasse des jeux Floraux.

Le fragment qui occupe la partie supérieure formait la décoration d'une muraille. Jl est peint sur ce stuc extrêmement poli que Ton retrouve sous toutes les peintures de Pompéi, et qui a conservé d'une manière vraiment merveilleuse la vivacité et la lucidité des couleurs. Le fond est rouge, l'architecture jaune. La chèvre et les raisins ont leurs couleurs naturelles.

Ce fragment, retrouvé dans une maison qui ne peut avoir été habitée que par un Pompéien d'une fortune moins que médiocre, nous amène à établir une comparaison désolante entre les classes pauvres de l'antiquité et celles des temps modernes, sous le rapport du bien-être matériel. Un misérable bourgeois, lUi ouvrier d'une petite ville de province, avait la faculté de faire orner de pareilles arabesques les murailles de son habitation; aujourd'hui combien y en a-t-il qui puissent faire badigeonner les réduits oii ils passent leur vie !

Le fragment inférieur de cette planche est slir fond

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