‹ Herculanum et PompéiChapitre 23 sur 30 · I IF · texte numérisé non relu

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x'oiige. Dans le compartiment du milieu on a peint l'enlèvement d'Europe. La frise, sur fond blane, représente le combat des Amazones. Cette peinture décorait une salle de la Maison d' Homère. C'est le nom qu'on a donné à un palais de Pompéi dont les décorations ont été inspirées par plusieurs faits de l'Iliade,

Cette décoration appartient au même édifice que le fragment inférieur de la planche précédente. Elle est sur fond jaune. Dans le compartiment du milieu on voit Hellé et Phryxus; dans les deux compartiments latéraux de petits (xénies. La frise sur fond blanc représente, comme celle de la planche 56, des scènes de la guerre des Amazones. Oji voit ces femmes belliqueuses, sur des chars, à cheval, à pied, combattant avec des armes diverses leurs redoutables adversaires.

Les compartiments de cette peinture sont rouges et jaunes.

Un cadre blanc avec une bande intérieure noire enferme le sujet sur fond bleu de ciel que nous donnons dans cette planche. Près d'un arbre, qui paraît être un

chêne, on voit nn petit temple tirant snr le cendré. Il est formé par un arc auquel on a attaché avec des draperies jaunes une cymbale de couleur rouge. Deux autres cymbales delà couleur de l'édifice, autour desquelles on a disposé des grelots, sont posées aux deux extrémités de l'arc, l'nne sur une petite colonne, l'autre sur le mur qui forme le derrière du temple. Sur le devant est un grand socle. Au-dessus du socle est une base sur laquelle est posée une figure de femme de couleur jaune, qui devait être voilée. Elle tient une lance de la main gauche et s'appuie sur une cymbale ornée de grelots, et de la même couleur que toute l'architecture de cette planche. La base ou le piédestal qui porte cette cymbale retient un objet barlong de couleur noire avec deux anneaux. Au milieu, et sur une colonnette portée par un pilastre décoré de bandelettes jaunes, on voit une autre figure de femme toute blanche , à l'exception de ses cheveux qui sont châtains. La couleur blanche a été donnée aussi au sphinx ailé à tête d'homme barbu, qui est posé sur une grande base ornée d'une draperie jaune dont l'un des bouts tient au tronc de l'arbre. Le sphinx a le dos couvert d'une étoffe blanche et la tête surmontée d'un * boisseau blanc aussi . De l'arbre on voit partir encore une draperie qui entoure le bras et couvre en travers le sein de la jeune femme posée debout sur la colonnette. Sur le premier plan on voit nn honune à l)arbe blanche, et à la carnation Ijronzée. Il est à demi vêtu d'une étoffé blanche, porte en main une cymbale avec des grelots, et

tient sur sa tète, couronnée de pampre, une corbeille de couleur verdâtre.

L'explication de ce tableau, que nous venons de décrire avecla pins niinntiense exactitude, demandera quelques développements. 11 règne en effet, dans sa composition et dans tous ses détads, je ne sais qnelle coidenr religieuse; tout y respire un profond mysticisme; et lorsqu'on le regarde avec attention , on se plaît à s'égarer par le souvenir dans les labyrinthes les plus obscurs de la religion grecque et des croyances égyptiennes.

Divinités, prêtres, emblèmes, offrent ici ce double caractère ([ni se montra dans le culte des villes grecques de l'Italie à l'époque oii elles essayèrent de rajeunir le poh théisme romano-helléniqne en le retrempant dans sa source native. Alors, les mystères isiaques vinrent se confondre avec les rites éleusiniens; et, dans trois divinités auparavant distinctes, on apprit à voir le même personnage, adoré sous trois noms divers, aux bords du Nil, du Til)re et de l'Ilissus.

Selon l'usage grec (i), d'après lequel les tenqiles euxmêmes fiu-ent appelés Tea.eV/i et aXovi, champs et bois (:2) , ce petit édifice est entouré d'un bois sacré ; peut-être même ne se tromperait-on pas en affirmant c[ue, dans l'intention du peintre, il est construit, non pas an sein d'une ville, mais en pleine campagne. Telle était, en effet.

(l)Strab., IX, p. G32 et 4i2; Pindare, 0/., III, ;31. Eustalh., //., p, 23; scoliaste de (2) PoUux, t, 6, 10.

f" Série. — Peintures. 13

PEIjNTURES.

la coiitnine des temps primitifs (i), eoutiime que les Tdnai^réens eouservèrent toujours, « estimant, dit Pausanias (.*2), f[ii'il n'était point convenable de confondre les lia])itationsdes dieux parmi celles des hommes. » C'est an milieu des scènes de la nature que l'on célë])rait la plupart des fêtes religieuses (3) ; c'est là qu'on élevait l'autel des dieux champêtres (j) dont les écHcules étaient ombragés par un J)ouquet d'arbres (5). Parjiii ces arbres même, on choisissait les plus grands et les plus ])eanx. pour les dédier spécialement à la divinité du lieu (G). Lhi reflet de sainteté se répandait sur les arbres sacrés , et leur attirait une espèce de culte : c'est pourquoi on les ornait de bandelettes (7). On ne s'étonnera point de trouver, dans une composition empreinte du génie oriental, des traces de cette sorte d'idolâtrie ou de fétichisme à l'égard de la nature végétale, si l'on se rappelle que les Chaldéens y étaient particulièrement adonnés (8) et qu'il a fallu l'interdire aux Hébreux (9). Cette continue était si profondément enracinée dans les mœurs, qu'elle dura longtemps après l'établissement du christianisme, quoi-

(1) Servius, ALneid., VII, 8:2, et YIII, 271; Liban., Orai . de Templ.

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