‹ Hercule et Cacus; étude de mythologie comparéeChapitre 11 sur 19 · VI · texte numérisé non relu

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(2) Benfey und Stern, dielPersischen Monatsnamen, p. 201.

sont d’un sens très-vague; mais il n'en fallait pas ‘lavantage pour familiariser les Juifs avec l’idée d’un tentateur où d’un démon, et pour les disposer à accueillir les légendes étrangères conçues dans le même esprit (4).

Le récit contenu dans le troisième chapitre de la Genèse offre avec les croyances mazdéennes un rapport trop frappant, pour que nous puissions nous refuser à y voir une infiltration des idées iraniennes. Non-seulement le serpent rappelle 4hriman par sa forme et par son rôle, mais le paradis, Parbre de vie, l'arbre de la science, sont des représentations qui reviennent souvent dans les livres zends, tandis qu’elles se trouvent isolées et comme égarées dans le Pentateuque. Le reste de la Bible (nous ne parlons pas des livres les plus récents) n’y fait aucune allusion; bien plus, le caractère de la narration juive semble indiquer une provenance étrangère. Le mythe est naïvement défiguré, et certaines circonstances fabuleuses sont rapportées par l’historien sans qu’il en comprenne le sens. Ainsi, le serpent, tout en jouant le rôle d’Æhriman, est simplement présenté comme /e plus rusé des animaux que l'Éternel Dieu avait faits. Ces paroles de Dieu : « Je mettrai inimilié entre tot et la femme, et entre ta semence et la semence de la femme; cette semence te brisera la

téte et tu lui mordras le talon, » sont comme une rémi-

(1) Michel Nicolas, Doctrines religieuses des Juifs, p. 241.

niscence vague de la guerre éternelle qu’.4Ariman fait au genre humain. La narration biblique porte le caractère d’un récit reçu de seconde ou de troisième main et altéré par la circulation. C’est le tableau de l'invasion d’AAriman dans le monde, interprété par le peuple hébreu dans le sens du monothéisme, et arrangé en apologue.

Au reste, quand les Juifs se trouvèrent plus tard mêlés aux Perses et pénétrés en tous sens par leurs croyances, ils nes’y trompèrent pas, et d’instinct ils reconnurent Satan dans le serpent, et un paradis dans le jardin d’Éden. Dans les derniers livres de la Bible, la ressemblance devient beaucoup plus directe; dans Zacharie (1) et dans le premier livre des Chroniques (2), Satan s’approprie le caractère d’Ahriman, et apparaît comme l’auteur du mal. Plus tard encore, nous voyons que Satan est devenu le prince des démons (3), la source des mauvaises pensées (4), l’ennemi de la parole de Dieu (5). Il tente le fils de Dieu; c’est lui qui, pour le perdre, est entré dans Judas. L’Apocalypse nous montre Satan revêtu des attributs physiques d’4/4ruman : il est appelé le dragon, le serpent ancien (6): il livre des combats à Dieu et à ses anges. Le mvthe

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